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Au défilé Chanel, l’art de l’élégance en toute circonstance
Au défilé Chanel automne-hiver 2026-2027, Matthieu Blazy nous enseigne l’art de l’élégance en toute circonstance, hérité de Gabrielle Chanel.
par Léa Zetlaoui.
Frénésie Chanel à la Fashion Week
Avant même que Matthieu Blazy ne dévoile son défilé Chanel automne-hiver 2026-2027, ce lundi 9 mars 2026 au Grand Palais, la maison était sur toutes les lèvres durant cette Fashion Week automne-hiver 2026-2027. Sur Instagram comme sur TikTok, une frénésie nouvelle s’est rapidement propagée, parallèle à celle que suscitent habituellement les défilés. Pour en comprendre l’origine, il suffit de se rendre rue Cambon.
À l’adresse historique de la maison Chanel, une foule — composée de journalistes, stylistes, créateurs de contenus et top models — se presse pour célébrer l’arrivée en boutique de la toute première collection signée Matthieu Blazy pour la maison.
Nommé directeur artistique de la maison en 2024, le créateur franco-belge présentait son premier défilé en septembre dernier. Encensé par le public comme par la critique, celui-ci fut suivi par un défilé Métiers d’art dévoilé dans le métro new-yorkais en novembre, puis par une première collection haute couture, révélée en janvier 2026. À chaque fois le constat est unanime, Matthieu Blazy insuffle légèreté et modernité aux codes de la maison.


L’art de l’élégance, un principe fondateur
Hier soir, sa seconde collection de prêt-à-porter était donc attendue avec une curiosité fébrile. Sur le podium, le créateur a poursuivi son dialogue avec l’héritage de Chanel, jouant avec les codes signatures de la maison. Tailleur en tweed, camélia, chaînes dorées sont réinterprétés avec une désinvolture savamment maîtrisée.


Théorie de la chenille et du papillon
Point de départ de la collection, cette citation de Gabrielle Chanel : “La mode est à la fois chenille et papillon. Soyez chenille le jour et papillon le soir. Il n’y a rien de plus confortable qu’une chenille et il n’y a rien de plus fait pour l’amour qu’un papillon. Il faut des robes qui rampent et des robes qui volent. Le papillon ne va pas au marché, et la chenille ne va pas au bal.”
Puisant dans le vestiaire masculin comme dans celui de celles et ceux qui, comme elle, travaillent et se déplacent librement, elle amorce une véritable révolution fonctionnelle du vêtement féminin. Ainsi, en introduisant la notion de praticité dans l’univers du luxe, la créatrice a profondément bouleversé ses codes. Désormais, le vêtement doit accompagner la vie réelle, sans pour autant renoncer à son pouvoir de rêve.

Éloge de la métamorphose
Pionnière de la garde-robe moderne, elle reprend à son compte cette règle issue de l’étiquette européenne — aujourd’hui désuète — et la transforme en principe fondateur de sa propre grammaire stylistique. Déjà à son époque, ses vêtements s’adaptent à chaque moment de la journée, guidés par l’usage et la liberté de mouvement.

Au cœur de l’héritage de la maison, cette dualité entre simplicité fonctionnelle et pouvoir de transformation irrigue désormais la vision de Matthieu Blazy. Avec cette collection, le créateur célèbre ces deux dimensions fondatrices que sont la rigueur du quotidien et l’élan de la métamorphose.
Une quatrième collection qui poursuit un dialogue sensible avec Gabrielle Chanel, entamé depuis son premier show. Ettandis que la chenille et le papillon continuent de coexister, il rappelle que la mode est à la fois un art de vivre et un art de se transformer.

Matthieu Blazy, Chanel d’hier et d’aujourd’hui
En soixante-dix neuf silhouettes, à la fois décontractées ou insouciantes, la collection se déploie comme un voyage à travers le temps. Navigant entre des années 1920 aux années 1960, jusqu’à aujourd’hui, les silhouettes se superposent avec une nonchalance étudiée. Au cœur de cette narration, le tailleur Chanel s’impose comme le véritable fil conducteur.

Le tailleur Chanel réinventé
Devenu terrain d’expérimentation, Matthieu Blazy en revisite la structure et la matière, faisant dialoguer tweeds traditionnels, mailles côtelées et textiles hybrides mêlant fibres techniques, lurex ou gaze légère. Certaines pièces révèlent un travail d’atelier particulièrement poussé. À l’image de tailleurs en maille tissée de perles, dont la construction souple offre une liberté de mouvement inédite.
On remarque également que le style s’éloigne de sa composition classique. Ainsi, la veste classique cède parfois la place à une surchemise en tweed bouclé ou à un blouson d’inspiration masculine, qui introduisent une nouvelle décontraction dans le vocabulaire de la maison.
À mesure que la collection progresse, une mue s’opère. Comme si la nuit s’installait peu à peu, les matières captent la lumière, les étoffes deviennent plus fluides. Robes et manteaux aux lignes épurées ou richement ornés accompagnent ce basculement, tout comme les accessoires qui prolongent ce jeu entre réalité et illusion.
À Matthieu Blazy de conclure : “Chanel, c’est la liberté absolue de choisir entre la chenille et le papillon. Je veux que mes vêtements soient des toiles permettant aux femmes d’être qui elles sont vraiment et qui elles désirent être, sans concessions.”