27 jan 2026

Chez Chanel, Matthieu Blazy fait rêver la haute couture

Ce mardi 27 janvier 2026, Matthieu Blazy dévoilait sa première collection haute couture pour la maison Chanel. Dans un décor de forêt de saules et de champignons, baignée par les lueurs de l’aube, le défilé printemps-été 2026, à la fois poétique et évanescent, nous entraîne dans un état de rêve éveillé.

  • par Léa Zetlaoui.

  • Publié le 27 janvier 2026. Modifié le 10 février 2026.

    Le défilé Chanel haute couture printemps-été 2026.

    Le rêve haute couture de Matthieu Blazy

    Matthieu Blazy est-il en train de vivre un rêve éveillé ? C’est en tout cas l’impression laissée par son premier défilé haute couture pour Chanel, présenté ce mardi 27 janvier 2026 sous la nef du Grand Palais.

    Après la nuit galactique de son premier défilé de prêt-à-porter en septembre dernier, le créateur franco-belge fait basculer la scénographie vers les lueurs de l’aube. Sous le dôme monumental de verre et d’acier, une forêt de saules et de champignons aux teintes rosées et enveloppantes prend forme. Jouant du contraste entre la main humaine et la nature, ce décor évoque immédiatement l’univers onirique du réalisateur japonais Hayao Miyazaki.

    Mais faire rêver reste aussi l’essence même de la couture. Dans une époque industrialisée et dématérialisée, les rares maisons qui la perpétuent demeurent les gardiennes exclusives de ce savoir-faire. Parmi elles, Chanel.

    Chanel, l’essence de la couture

    “La haute couture est l’essence même de Chanel – elle en est le fondement et lui offre sa pleine expression. Un vêtement en dit autant sur son créateur que sur celle qui le porte. C’est en étant porté que s’écrit véritablement son histoire ; il trouve une identité propre, une résonance émotionnelle, et devient ainsi une page blanche sur laquelle chaque femme écrit son histoire”, raconte Matthieu Blazy dans ses notes d’intention.

    Devenue célèbre pour ses chapeaux, Gabrielle Chanel, modiste du Tout-Paris, réalise sa première collection de haute couture en 1915. Rappelons qu’à l’époque le prêt-à-porter n’existait pas encore. Son style sobre et épuré, va libérer les femmes du corset et autres artifices, et réduire la silhouette au minimum. À tel point que l’écrivain Paul Morand (1988-1976) écrivit, qu’avec sa petite robe noire, elle “allait inventer la pauvreté pour milliardaire”. Finalement, l’avenir donnera raison à la mode selon Gabrielle Chanel.

    Cent-onze plus tard, Matthieu Blazy perpétue cette quête de légèreté à travers cinquante-quatre silhouettes haute couture évanescentes. “Le vêtement accompagne l’élan de celle qui le porte ; tout en légèreté, il révèle sa personnalité et la célèbre”, peut-on lire dans les notes. À l’instar du premier passage, un tailleur tout en transparence, qui joue des superpositions de mousseline de soie aux couleurs tendres. Apparu bien plus tard, en 1954, le tailleur incarne une nouvelle facette de la vie de la créatrice de mode.

    L’envol de Matthieu Blazy

    Lors de son premier défilé, Matthieu Blazy convoquait la femme derrière la créatrice. Préférant se référer au style de Gabrielle Chanel, plutôt qu’aux codes perpétués par la maison, il offrait alors une relecture complète de ce qui compose l’héritage de la marque. Cependant, au sein ce défilé haute couture printemps-été 2026, il réconcilie le tout et insuffle également sa propre grammaire stylistique.

    Les symboles iconiques se retrouvent dans une lettre d’amour, dans un flacon de N°5, dans un rouge à lèvres rouge, disséminés çà et là au gré de la collection. Ils sont par exemple “cachés dans une poche, brodés dans la doublure, glissés sur l’emblématique chaîne ou dans une version vaporeuse du sac iconique”.

    Puis survient la métamorphose de ces femmes qui se muent en oiseaux, mais aussi du style de la maison, désormais entre ses mains. Portées par le souffle des ateliers flou et tailleur et des Maisons d’art du 19M, elles se parent de plumages complexes, nés sous les doigts des brodeurs, tisseurs et plisseurs, du noir corbeau aux éclats chatoyants, du simple pigeon au cacatoès extravagant. C’est dans cette fantasmagorie artisanale que l’on devine la patte du directeur artistique nommé en 2025.

    Finalement, on sait déjà ce que l’on retiendra de cette Fashion Week haute couture printemps-été 2026. D’abord l’éclosion de Jonathan Anderson chez Dior, puis l’envol de Matthieu Blazy chez Chanel.

    Tous les looks du défilé Chanel haute couture printemps-été 2026