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Valentino Garavani : ce que la mode doit au grand couturier italien
Hommage à Valentino Garavani, grand couturier italien, fondateur de la maison de luxe, disparu ce lundi 19 janvier 2026.
par La rédaction.

Valentino Garavani, empereur de la couture italienne
Quand Valentino Garavani a mis pour la première fois le pied dans les grands salons de couture parisienne, personne ne se doutait qu’il reviendrait à Rome pour y écrire une des plus belles pages de l’histoire de la mode. Né en 1932 à Voghera en Italie, formé à la Chambre Syndicale de Paris, puis aux côtés de maîtres comme Jean Dessès et Guy Laroche, il a appris la discipline de la haute couture.
Mais romain jusqu’au bout des ongles, il rentre chez lui et fonde sa maison homonyme en 1959. C’est alors qu’il impose, presque à contre-courant, une vision souveraine de la couture italienne. Là où Milan s’industrialisera, Valentino choisira Rome, ses palais, sa lenteur et sa théâtralité. À travers lui, l’Italie cesse d’être seulement artisanale, elle devient impériale. D’ailleurs, Valentino Garavani sera surnommé le dernier empereur de la mode italienne.

Le rouge, une couleur signature
Parmi toutes les histoires de couleur, peu en ont une aussi mythique que celle du rouge Valentino. Inspirée par une femme en robe rouge à l’opéra de Barcelone, cette teinte ne laisse rien au hasard. Présente dès la première collection de Valentino Garavani en 1969, elle incarne l’élégance, la passion et l’énergie.
Baptisée Rosso Valentino, cette couleur devient une signature si forte qu’elle fut un jour codifiée par Pantone, spécialiste mondial de la couleur. Par la suite, peu de créateurs auront transformé une teinte en emblème universel, reconnaissable sans logo, ni mots.
Il faudra attendre Pierpaolo Piccioli, son successeur, pour que l’histoire se répète. À l’occasion de son défilé Valentino automne-hiver 2022-2023, le créateur également romain, présente une collection intégralement rose. Une nuance hommage au Valentino Rosso, développée avec Pantone, qu’il nommera Pink PP.

Le couturier de la jet set
Valentino n’a pas seulement fait des robes, il a habillé des vies. De Jackie Kennedy choisissant une robe Valentino blanche pour son mariage avec Aristote Onassis en 1968, aux actrices Elizabeth Taylor et Audrey Hepburn, sans oublier la Princesse Diana, ses créations ont ponctué les moments les plus iconiques du XXᵉ siècle.
Dans ses ateliers, la haute couture devenait un théâtre. Dans ses salons privés, la jet set mondiale venait chercher non seulement du vêtement, mais aussi et surtout, du fantasme. Plus tard, à l’instar de son homologue italien Giorgio Armani, il a habillé les plus grands top models des années 90 et 2000, tels que Naomi Campbell, Elle Macpherson et Claudia Schiffer.

L’héritage de Valentino
Quand il se retire en 2008, Valentino Garavani laisse son empire entre les mains d’un duo de créateurs, Maria Grazia Chiuri et Pierpaolo Piccioli. En 2017, ce dernier prend les rênes en solo jusqu’en mars 2024. Quelques jours plus tard, le créateur romain Alessandro Michele sera choisi pour perpétuer l’héritage du couturier. À travers eux, c’est tout un héritage de la haute couture italienne qui continue d’exister.
Mais au-delà des silhouettes renouvelées, c’est une manière de penser la mode qui perdure : un glamour puissant qui sublime la femme autant que ses désirs, et un certain romantisme qui a traversé les décennies sans jamais se faner.
Ce lundi 19 janvier, alors âgé de 93 ans, il s’est éteint à Rome entouré de ses proches. Mais ce que la mode lui doit reste vivace comme un fil rouge qui ne s’efface jamais.