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Les 9 meilleures séries queer à (re)voir absolument
Quelles sont les meilleures séries queer à voir en ce moment ? À l’occasion du mois des fiertés LGBTQIA+, Numéro Magazine sélectionne neuf séries incontournables qui renouvellent la représentation queer à la télévision et en streaming, de Pose à Sense8, en passant par Heartstopper.
par Jordan Bako.
Publié le 12 janvier 2026. Modifié le 11 juin 2026.

Pourquoi les séries queer sont plus importantes que jamais
Pose, Fellow Travelers, et désormais Heated Rivalry… Les séries queer ont définitivement le vent en poupe ces dernières années. Que ce soit devant ou derrière la caméra, des personnes issues de la communauté queer prennent davantage de place et instaurent une évolution enthousiasmante sur le petit écran et les plateformes. De la romance au thriller, en passant par le genre historique, les créations originales et adaptations se multiplient. De quoi éluder les ficelles d’écriture faciles et souvent stéréotypées.
Cependant, au début du mois de novembre 2025, la GLAAD, l’association américaine engagée pour la représentation queer a sonné l’alerte. Notamment au sujet de la disparition graduelle de ces personnages du petit écran. En effet, un rapport de l’institution remarque une baisse significative de 40% des représentations queer à la télé. De Netflix à HBO Max, les meilleures séries queer sont disponibles sur toutes les plateformes de streaming. Une sélection à découvrir sans modération pendant le mois des fiertés LGBTQIA+.
Les meilleures séries queer à voir en streaming
Heated Rivalry : la série queer torride qui électrise HBO Max
Patins, crosses et scènes torrides à en faire fondre la glace… Voilà la recette derrière le succès de la série canadienne Heated Rivalry. Devenu un phénomène viral sur les réseaux sociaux dès sa sortie outre-Atlantique en novembre 2025, le programme est inspiré d’un best-seller de l’autrice Rachel Reid, la saga de romans Game Changer (2018). Alors qu’ils travaillaient dans la restauration il y a encore quelques mois, les acteurs Connor Storrie et Hudson Williams sont les deux révélations de cette série que les femmes hétérosexuelles adorent.
Le premier campe Ilya Rozanov, étoile montante du hockey à l’accent russe convaincant (appris en seulement quelques semaines). Quant au second, il joue le taciturne Shane Hollander, capitaine de l’équipe des Voyageurs de Montréal. Filmée en un peu plus d’un mois, cette belle immersion dans le milieu macho du hockey est disponible aujourd’hui sur HBO Max. Et elle est d’ores et déjà renouvelée pour une saison 2…
Depuis, Connor Storrie et Hudson Williams, ainsi que François Arnaud – qui incarne Scott Hunter – sont devenus des stars mondiales, en témoigne leur présence aux Fashion Weeks de Paris et Milan en janvier dernier.
Heated Rivalry (2026), créée par Jacob Tierney, disponible sur HBO Max le 6 février 2026.
Split, la romance lesbienne française qui explore le désir
Docteure en études cinématographiques, Iris Brey orchestre son premier passage à la réalisation avec Split, une mini-série disponible sur France.tv Slash. L’auteure de l’essai Le Regard féminin (2020) y déploie le concept du female gaze, initialement théorisé par la chercheuse Laura Mulvey, pour imaginer une romance lesbienne sulfureuse.
Entre Anna (Alma Jodorowdsky), une cascadeuse et Ève (Jehnny Beth), la comédienne qu’elle double, c’est l’amour au premier regard. Le problème ? Ève est alors déjà en couple avec un homme, avec lequel elle tente d’avoir un enfant… Portée par une bande originale signée Rebeka Warrior et Maud Geffray, Split filme avec ingéniosité les amours lesbiennes. Le tout, en split-screen.
Split (2023), créée par Iris Brey, disponible sur France.tv Slash.
Fellow Travelers, la fresque queer brûlante portée par Jonathan Bailey
Fraîchement couronné “homme le plus sexy de la planète” par le magazine People, l’acteur Jonathan Bailey (La Chronique des Bridgerton) doit peut-être ce titre élogieux à la sortie de Fellow Travelers. Dans la série, il incarne le personnage de Tim, un collaborateur parlementaire catholique, aux prises avec son orientation sexuelle.
Contre toute attente, il s’éprend de Hawkins (Matt Bomer), un vétéran encore hanté par le spectre de la Seconde Guerre mondiale. Et ainsi, commence une relation fiévreuse, mais cachée des yeux de tous… Fresque aussi bien historique qu’érotique, la série adaptée du roman homonyme de Thomas Mallon revient avec panache sur trois décénnies. Grâce à un montage habile, l’histoire navigue entre guerre du Vietnam, fièvre disco et épidémie du sida des années 80…
Fellow Travelers (2023) de Ron Nyswaner, disponible sur Paramount+.
Heartstopper, la romance LGBTQ+ génération Z
C’était d’abord sous la forme d’un web comic que l’on a découvert le tendre univers de Heartstopper (2016). Alors que ses planches avaient déjà conquis la toile, l’autrice Alice Oseman a basculé dans l’univers du petit écran. Dès 2019, elle dédice d’adapter son œuvre sous la forme d’une série, désormais disponible sur Netflix.
Le pitch : alors qu’il est en relation cachée avec l’un de ses camarades, Charlie (Joe Locke), un lycéen discret mordu d’art, fait la rencontre de Nick (Kit Connor), un passionné de rugby. Ce qui ne semblait être voué qu’à une simple amitié prend très vite une autre tournure…
Sous couvert d’un ton candide, Heartstopper aborde toujours avec tendresse des thématiques telles que les troubles du comportement alimentaire et l’homophobie intériorisée. Un beau récit d’apprentissage sur l’acceptation de soi, parfait pour les plus jeunes, comme pour les plus grands…
Heartstopper (2022-2024), créée par Alice Oseman, disponible sur Netflix.
Killing Eve, le thriller décadent de Phoebe Waller-Bridge
Quelques années après avoir dirigé la brillante pièce de théâtre Fleabag (qu’elle transformera ensuite en une série multi-récompensée aux Emmy Awards), on retrouvait la plume de Phoebe Waller-Bridge au scénario de la série Killing Eve. La scénariste britannique sculpte un thriller d’espionnage de choix, distillé en quatre saisons.
Révélée par l’épopée médicale Grey’s Anatomy, l’actrice Sandra Oh incarne Eve Polastri, une membre des services secrets britanniques. Face à elle, Jodie Comer se glisse dans la peau de la troublante Villanelle, une tueuse à gages d’origine russe. D’abord ennemies, les deux femmes se prennent à une étrange parade nuptiale, aux allures du jeu du chat et de la souris. Une course-poursuite dont personne ne ressort indemne…
Killing Eve (2018-2022) de Phoebe Waller-Bridge, disponible sur Netflix.
It’s A Sin, une série queer touchante sur l’épidémie du sida
Pour l’acteur et musicien Olly Alexander, quelque part entre la fondation du groupe électro-pop Years & Years et sa victoire à l’Eurovision 2024, il y a la mini-série It’s A Sin. Le Britannique de 35 ans fait des étincelles dans le show portant sur le début de la propagation du sida dans le Londres des années 80.
Pilotée par le réalisateur Russell T. Davies (Queer as Folk, Doctor Who) et composée de tout juste cinq épisodes, la série retrace ainsi comment l’épidémie a frappé de manière insidieuse les communautés queer de l’époque. En effet, It’s A Sin nous emmène au sein d’une colocation de cinq individus. On y découvre une de ces familles choisies, unies par les liens de l’âme plutôt que par ceux du sang.
Lors de sa sortie en 2021, la série a d’ailleurs eu un impact retentissant. Selon le média Radio Times, la diffusion de ce petit bijou télévisuel aurait permis de galvaniser le nombre de dépistages du VIH chez les jeunes au Royaume-Uni.
It’s A Sin (2021), créée par Russell T. Davies, disponible en VOD sur UniversCiné.
Pose, la série queer culte sur la culture ballroom
New York, années 80. Dans Pose, dixième série de son imposante carrière au petit écran, Ryan Murphy prend le pouls de cet épicentre de la culture queer underground dans l’Amérique conservatrice de Reagan. Les ballrooms s’instituent en scènes légendaires du voguing – mais surtout, en véritables havres de paix pour pléthore de personnes queer et racisées.
Ainsi Pose retrace le parcours de différentes personnes à travers ce milieu. Comme la généreuse Bianca (Michaela Jaé Rodriguez) à Elektra (Dominique Jackson), l’impressionnante maîtresse de la maison Abundance. Entre compétitions, disparitions tragiques dues au Sida et moments de tendresse, Pose filme magistralement comment se construisent des familles au sein des communautés queer. En plus de permettre à la carrière de ses acteurs principaux de s’envoler… En effet, Michaela Jaé Rodriguez est rentrée dans l’histoire des Emmy Awards en étant la première femme transgenre à être nommée dans l’une des principales catégories de la cérémonie.
Pose (2015-2018), créée par Ryan Murphy, disponible sur Disney+.
Sense8, l’odyssée queer sensorielle des sœurs Wachowski
Plus de quinze ans après avoir composé la saga culte de Matrix, les sœurs Lilly et Lana Wachowski ont, en 2015, levé le voile sur Sense8, leur première série. L’intrigue ? Huit individus éparpillés à travers le monde découvrent qu’ils sont unis par un rare lien psychique. Lorsqu’une mystérieuse organisation les prend en chasse, nos huit protagonistes mettent en commun leurs compétences afin de conserver leur liberté.
Par son audacieuse représentation de personnages queer et son univers psychédélique singulier, Sense8 reste dans les mémoires comme l’une des meilleures séries de son genre. Si bien que son annulation, survenue au bout de seulement deux saisons, avait suscité les foudres des internautes. D’ailleurs, à l’époque, ces derniers se sont mobilisés sur la toile avec le hashtag #RenewSense8. Mais pas de panique, nos héros auront droit à un happy ending : un film de deux heures riches en rebondissements.
Sense8 (2015-2018), créée par Lilly Wachowski, Lana Wachowski et Joseph Michael Straczynski, disponible sur Netflix.
The L Word, la série culte qui a façonné la culture lesbienne
Parfois qualifiée de Sex and the City lesbien, The L Word ressemblait en effet en partie avec la série qui a érigé Sarah Jessica Parker en monument de pop culture. Une bande d’amies dont on adore écouter les déboires amoureux (et sexuels) et professionnels, souvent réunies dans les cafés qui jonchent les métropoles américaines : New York pour Sex and the City, Los Angeles pour The L Word.
Aujourd’hui considéré comme l’un des trésors télévisuels de la communauté lesbienne, la série dirigée par Ilene Chaiken ouvrait alors la voie pour une représentation des personnalités saphiques dans toutes leurs multiplicités. Une véritable révolution, ensuite ressuscitée par un séquel intitulé The L Word : Generation Q (2019)…
The L Word (2004-2009), créée par Ilene Chaiken, disponible sur Prime Video.