140 concerts et 47 festivals en 2017… Après avoir enflammé les foules du monde entier, les cinq Londoniens de Shame signent cette année Songs of Praise, un premier album rock décapant. Moyenne d’âge ? 20 ans. Sur la scène du Grand Journal, pour leur première apparition télé, le chanteur du groupe, Charlie Steen, lèche littéralement le visage d’une spectatrice après avoir enlevé son blazer. Il montre au public un tee-shirt frappé de l’inscription : “Je suis Calais”. Shame n’a honte de rien, pas même de se moquer ouvertement de Theresa May, première Ministre britannique, en réaction au Brexit. Dans leur chanson d’amour détournée Visa Vulture, les Anglais humilient et rabaissent l’éminent membre du Parti conservateur. Herbes hautes, nappe de pique-nique et photo de Mme May trônant dans une boîte en bois au milieu des musiciens… Dans un décor champêtre, Shame se paye la tête de la chef du gouvernement britannique tout en nous offrant une jolie ballade addictive. Une impertinence à l’anglaise.

 

 

On en ressort lessivé, apaisé et quasiment purgé.

 

 

 

Mais l’impertinence n’est pas la seule qualité du groupe. Sous leurs traits juvéniles, les cinq fanfarons distillent une énergie rock contagieuse, un son puissant et libérateur, à la limite du punk. Après leur rencontre au lycée, ils impressionnent très vite par leurs performances électriques, encore davantage depuis deux ans. Car la voix grave du chanteur se mêle aux riffs endiablés des guitares. Concrete, One Rizla, Donk, Friction… Que Charlie Steen parle, chante, braille ou crie, son timbre voilé s’entoure de nuances infinies, entre dissonance et frénésie. Le tempo s’accélère dans une course effrénée… jusqu’à l’épuisement. On en ressort lessivé, apaisé et quasiment purgé.

 

Shame sera en concert le 17 mai à Bordeaux et le 20 mai à Lille.