Pendant la fashion week parisienne, Diesel a dévoilé la première collaboration de son Red Tag Project, une série de trois collections capsules revisitant l’héritage de la marque en matière de denim et de sportswear, conçues par des designers invités. Le premier d'entre eux est Shayne Oliver, fondateur de Hood By Air, le label edgy qui avait réveillé de sa torpeur la fashion week new-yorkaise. Sa marque étant aujourd’hui en stand-by, Shayne Oliver évolue en solo, prêtant son œil cette saison à Diesel, après avoir collaboré en 2017 avec Helmut Lang. 

 

Issu de l’underground new-yorkais où il a longtemps évolué en tant que DJ, Shayne Oliver apporte à la mode une conscience sociale et politique qui lui fait a priori défaut. Issu de la scène queer, le créateur a poussé plus loin que tout autre la relecture des genres dans ses défilés, mêlant des mannequins, des personnes issues de street castings et des militants tels que Slava Mogutin. Son intelligence s’exprime également à travers son analyse du système de la mode, qu’il s’amuse à déconstruire de façon performative dans ses présentations. 

 

 

“Une esthétique de denim ciselée au scalpel, qui dévore les excès du cool et des tendances.”

 

 

Fidèle à ses exigences, le créateur a réalisé pour Diesel une collection 100% denim où l’on retrouve ses pièces fétiches et ses coupes novatrices. Oversized et déconstruites, les vestes adoptent les formes mutantes propres au vocabulaire de Shayne Oliver. Au fil des superpositions et des détournements, les total looks faussement sages en denim englobent jusqu’aux cravates, dans une vision hautement subversive des uniformes. D’autres silhouettes se parent entièrement d’imprimé camouflage.

 

Mais on retiendra surtout, bien sûr, les spectaculaires cuissardes arborées, lors de la présentation de la collection, par les hommes comme par les femmes. Dans une ambiance de garage glacial, plus berlinoise que new-yorkaise, les mannequins se produisaient dans des cages armées de projecteurs. Dans ce strip club post-apocalyptique, les garçons-filles et filles-garçonnes lascifs cherchaient le regard des spectateurs, puis lançaient dans les airs leurs spectaculaires talons. Le tout, sous l’œil de la fidèle équipe de Shayne Oliver, veillant au grain, depuis l’adorable casting director Walter Pearce jusqu’au styliste Rich Aybar. Détendu et humble, comme toujours, Shayne Oliver observait calmement la scène, assis sur un muret du garage, en total look jean et chapeau western. “J’adore l’héritage du denim et ses racines américaines, ainsi que l’identité profondément italienne de Diesel, avait-il préalablement déclaré. Cette capsule décline le langage de Renzo, le fondateur de la marque. Une esthétique de denim ciselée au scalpel, qui dévore les excès du cool et des tendances.”