01 Février

Qui est vraiment Jane Birkin ?

Cinéma  On la célèbre en muse intemporelle. On l'apprécie en chanteuse mélancolique au timbre gracile. Mais on connaît moins Jane B en tant qu'actrice. La Cinémathèque lui consacre une rétrospective incontournable.

Par Violaine Schütz

  • Une actrice, gamine et femme fatale

     

    Gainsbourg aimait les actrices. Karina, Bardot, Adjani, Deneuve et sa femme. Car Jane Birkin était bel et bien une comédienne, et une vraie. Après son pays d'origine, l'anglaise a commencé dans le cinéma français à la fin des années 60. Elle enchaîna alors avec justesse les comédies populaires (Claude Zidi) et les films d'auteur audacieux. Versatile, elle savait à la fois être drôle et sensible, tragique et insouciante, émouvante et séductrice. Tour à tout femme fatale érotique, gamine gracieuse et lolita intrépide. Jeune et blonde, Jane tourna dans le Blow Up d'Antonioni en Angleterre et provoqua un mini scandale en y apparaissant quelques secondes nue à l'écran. Elle figura aussi au générique de La Piscine, faisant parfois de l'ombre à Romy Schneider et de La Belle Noiseuse concurrençant un autre sex symbole français, Emmanuelle Béart.

Don Juan, 1973.

Une icône gender fluid... avant l'heure

 

Revoir Jane à l'écran c'est être frappé par le nombre d'allures gender fluid et modernes dont certaines pièces ont foulé les podiums des derniers défilés couture de la saison. En plein retour des années 70 et 80, ses mini jupes swinging London, son élégance « rive gauche », jeans taille haute, robes psyché, pyjamas masculins, t-shirts blancs, bottes et longue chevelure frangée n'ont pas pris une ride. Un moodboard en mouvement inspirant.

 

La muse des plus grands réalisateurs

 

Agnès Varda a dédié l'un de ses films à Birkin, l'espiègle et poétique Jane B. par Agnès V. La cinéaste décrivait son héroïne comme « la rencontre sur une table de montage d'une androgyne ludique et d'une Ève en pâte à modeler ». Un mix fantasque et inédit qui séduisit également Doillon (dans la vie comme sur la pellicule), Antonioni et Rivette.

 

Je t'aime moi non plus, 1976.

Une amoureuse mythique

 

L'histoire d'amour fusionnelle qui unit Serge et Jane infusa de nombreux longs-métrages. Parmi eux, l'intéressant Slogan (le film de leur rencontre d'abord houleuse) et le sulfureux Cannabis. Mais le climax de leur carrière ciné reste le subversif Je t'aime moi non plus (1975). Le mari s'improvisa réalisateur pour filmer sa femme avec cheveux courts et sans vêtements. Pris pour un garçon, son personnage ambigu trouble encore aujourd'hui encore le spectateur. 

 

 

"Rétrospéctive Jane Birkin", jusqu'au 11 février à la Cinémathèque Française, 51 rue de Bercy, XIIe Paris.

La piscine, 1969.