Réalisatrice

Valérie Donzelli

Actrice puis réalisatrice, Valérie Donzelli a construit une œuvre marquée par l’intime. D’abord reconnue pour son travail de comédienne, elle s’est ensuite affirmée derrière la caméra par des films personnels et audacieux. En s’inspirant souvent de son vécu, elle explore des thèmes universels avec liberté et sensibilité. Son cinéma, à la fois accessible et exigeant, occupe aujourd’hui une place singulière dans le paysage du cinéma français contemporain.

Valérie Donzelli naît le 2 mars 1973 à Épinal, dans les Vosges. Elle grandit dans un cadre qui stimule très tôt son intérêt pour la création artistique. Dès l’adolescence, elle explore plusieurs formes d’expression et développe une curiosité pour les arts visuels. Après le lycée, elle choisit d’abord des études d’architecture, attirée par la composition, la structure et le rapport à l’espace. Toutefois, au fil de ce parcours, elle cherche un moyen d’expression plus incarné. Elle se tourne alors vers le théâtre, où elle travaille le corps, la voix et le texte. Cette pratique renforce son goût pour le jeu et affine son sens du rythme et de la narration.

Débuts au cinéma comme actrice

À la fin des années 1990, Valérie Donzelli débute au cinéma comme actrice. Elle enchaîne progressivement des rôles dans des films d’auteur et s’inscrit dans un cinéma intimiste et contemporain. Elle apparaît notamment dans Martha… Martha (2001) de Sandrine Veysset, puis dans 7 ans (2007) de Jean-Pascal Hattu. Grâce à ces expériences, elle affirme une présence à l’écran sensible et précise. Cependant, malgré cette reconnaissance, elle éprouve rapidement le besoin d’écrire et de porter ses propres récits. Elle souhaite alors passer derrière la caméra afin de développer un regard personnel et de construire des histoires qui lui ressemblent.

Le passage à la réalisation

C’est donc en 2007 que Valérie Donzelli passe à la réalisation avec son premier court métrage : Il fait beau dans la plus belle ville du monde. En 2009, elle passe aux longs métrages avec La Reine des pommes puis avec La guerre est déclarée, sorti le 30 août 2011. Le film s’inspire directement de son histoire personnelle avec Jérémie Elkaïm, père de son enfant. En effet, le récit suit un jeune couple confronté à la découverte d’une tumeur cérébrale grave chez leur fils, puis au long et éprouvant parcours médical qui s’ensuit.

Dès sa sortie, La guerre est déclarée rencontre un fort succès critique et public. Il est sélectionné à la Semaine de la critique du Festival de Cannes 2011 et reçoit plusieurs nominations aux César 2012, notamment dans la catégorie du meilleur premier film. Par conséquent, Valérie Donzelli s’impose immédiatement comme une nouvelle voix importante du cinéma français.

Confirmation avec Main dans la main (2012)

Dans la continuité, elle réalise Main dans la main, sorti le 19 décembre 2012. Dans ce film, Valérie Donzelli interprète l’un des rôles principaux aux côtés de Jérémie Elkaïm. Le scénario repose sur une idée centrale originale : deux personnages deviennent physiquement inséparables après une rencontre accidentelle.

Ainsi, à travers ce dispositif presque chorégraphique, la réalisatrice explore les notions de dépendance, de liberté et de lien amoureux. De plus, le film confirme son goût pour des formes narratives singulières, où le réalisme émotionnel se mêle à une construction symbolique assumée.

Marguerite et Julien (2015) : prise de risque artistique

Ensuite, Valérie Donzelli réalise Marguerite et Julien, sorti en 2015. Le film s’inspire d’un fait divers du XVIᵉ siècle relatant une relation interdite entre un frère et une sœur. Cependant, elle choisit de transposer cette histoire dans un univers volontairement intemporel, mêlant éléments contemporains et références historiques. Ainsi, le film, sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes 2015, marque une étape importante dans son parcours. 

Œuvres ultérieures et Notre dame (2019)

Par la suite, Valérie Donzelli poursuit son travail de réalisatrice tout en continuant à jouer dans ses propres films. Elle réalise notamment Notre dame, sorti en 2019. Dans ce long métrage, elle incarne une architecte parisienne confrontée à une série de bouleversements professionnels et personnels.

À travers ce film, elle aborde des thèmes tels que la conciliation entre vie intime et ambition professionnelle, ainsi que la place des femmes dans les milieux artistiques et institutionnels. Ainsi, son cinéma continue d’explorer des questionnements contemporains à partir de situations personnelles.

Les collaborations

Tout au long de sa carrière, Valérie Donzelli s’entoure de collaborateurs réguliers. Par exemple, elle travaille à plusieurs reprises avec Bastien Bouillon, présent notamment dans La guerre est déclarée et Main dans la main. De même, sa collaboration avec Jérémie Elkaïm a fortement marqué ses premiers films, tant sur le plan artistique que narratif. Ainsi, son travail repose sur une dynamique collective, où les acteurs participent activement à la construction des personnages et des récits. Plus récemment, elle a réalisé L’amour et les Forêts (2023) avec Virginie Efira ou encore À Pied d’œuvre en salle depuis le 4 février 2026 avec Bastien Bouillon. Dans ce film la réalisatrice met en scène un photographe à succès abandonnant tout pour se consacrer à l’écriture.

Le cinéma de Valérie Donzelli se caractérise par une attention constante portée aux émotions et aux relations humaines. En effet, elle s’intéresse particulièrement à la famille, à la maladie, à l’amour et à la résilience. Cependant, elle évite le naturalisme strict, préférant une mise en scène stylisée, rythmée et parfois ludique. En définitive, Valérie Donzelli s’impose comme une figure singulière du cinéma français contemporain.