Advertising
Advertising
06 Avril

Tiger King: la série sur le trafic d'animaux qui électrise le Net

 

La série documentaire américaine “Tiger King” (Au Royaume des Fauves en VF) passionne depuis quelques semaines les spectateurs de Netflix du monde entier. Mais pourquoi ces histoires de rednecks criminels et de fauves encagés suscitent-elles autant d'engouement en cette période de confinement?

 

Par Violaine Schütz

  • Des héros haut en couleur

     

    Difficile de croire que la série Tiger King est documentaire et non fictionnelle tant les personnages édentés, tatoués et chaussés de santiags sont invraisemblables. Il y a d'abord Joe Exotic, patron d'un zoo de félins en Oklahoma passionné par les armes à feu, chanteur de country, gay polygame et fervent adepte de la coupe mulet blond peroxydé. A quelques milliers de kilomètres de son zoo habite en Floride sa grande rivale Carole Baskin : propriétaire d'un refuge pour sauver les félins, cette militante contre la possession de fauves ressemble quant à elle à une version redneck de Loana vêtue de léopard. Autour d'eux gravite une bande d'individus qui, rassemblés à l'écran, dépeignent une Amérique profonde accumulant les clichés. D'un éleveur de fauves aux dérives sectaires à un ancien gardien cul-de-jatte en passant par l'amant de Joe toxicomane, la galerie de portraits est étonnante voire surréaliste. De quoi expliquer pourquoi de nombreuses célébrités, habituées aux excès de la jungle hollywoodienne, se sont éprises de la série mettant en scène ces personnalités “bigger than life”. Ces dernières semaines, on a ainsi pu voir Cardi B et Kim Kardashian commenter l'émission sur les réseaux sociaux, Jared Leto poser coiffé d'un stetson à côté d'un tigre en peluche sur Twitter, Sylvester Stallone se déguiser en rednecks en famille ou encore Dwayne Johnson espérer acquérir les droits de la série pour en faire une fiction... D'ailleurs, un biopic pourrait même voir le jour : Joe Exotic imagine déjà Brad Pitt interpréter son rôle tandis que l'un de ses ex-maris, John Finlay, voudrait que Channing Tatum l'incarne. On y croit.

Des histoires criminelles addictives

 

Ce Dallas au royaume des félins – ou “Game of Thrones version white trash” – aurait pu durer plus de sept épisodes. Face à l'engouement du public, Netflix aurait même prévu de dévoiler bientôt un épisode inédit. Il faut dire que dans ce true crime à l'américaine, les affaires sordides ne manquent pas : Joe Exotic est accusé d'avoir vendu et tué des félins ainsi que d'avoir commandité le meurtre de Carole Baskin, qu'il menace de mort depuis des années. Il a été condamné à 22 ans de prison et purge actuellement sa peine. Mais il ne s'agit pas là de la seule intrigue criminelle de Tiger King. La série diffusée depuis fin mars a relancé l'enquête sur Don Lewis, l'ex-mari richissime de Carole Baskin. Disparu de façon énigmatique en 1997, il aurait selon les détracteurs de Carole été jeté en pâture aux fauves de son refuge. Alors que les théories et spéculations fleurissent chez les spectateurs, le documentaire a engendré l'envoi de nouvelles informations à la police et un enquêteur a été nommé pour gérer l'affaire. De quoi donner lieu à de nombreux rebondissements pour une éventuelle saison 2.

Un regard sur la nature humaine et ses (nombreux) excès

 

Car dans ce tableau incarnant à merveille l’Amérique trumpiste, où se situe vraiment la sauvagerie  ? Dans la rage des fauves capables d'arracher le bras d'une gardienne de zoo ou dans le cerveau malade de ceux qui les enferment ? Carole Baskin, la pasionaria de la défense animale, se retrouve elle-même à détenir des tigres en cage pendant des années jusqu'à en faire un véritable business. Joe Exotic finit quant à lui par délaisser ses félins, aveuglé par la haine de sa rivale et ses rêves de gloire (devenir gouverneur). Sans compter le gourou d'un zoo qui utilise les tigres pour obtenir des faveurs sexuelles ou l'escroc de Las Vegas qui fait voyager des bébés fauves dans des valises de luxe. Parmi cette faune bigarrée de l'Oklahoma, de la Floride et de la Californie, les gros chats sont bien loin d'être les plus effrayants : entre menace de meurtres, drogues, égos surdimensionnés, délires paranoïaques, incendie criminels, détournement d'argent et exploitation, la nature humaine se montre ici sous ses pires jours. L'ex-footballeur américain O.J. Simpson, très familier des affaires judiciaires, a ainsi déclaré sur Twitter : “J'ai regardé six épisodes de ce show et je n'en croyais pas mes yeux. Hé les Blancs, c'est quoi cette passion pour les animaux sauvages, laissez-les tranquilles!” L'acteur James Woods y est aussi allé de sa leçon philosophique sur Twitter, résumant ce que de nombreux spectateurs ont dû penser tout bas : “Quand  j'étais à la moitié des épisodes de Tiger King, mon ami m'a dit qu'il voudrait les voir tous se faire bouffer par les tigres. Je viens de finir de regarder tout le documentaire. Je comprends ce qu'il voulait dire.”

 

Tiger King, diffusée sur Netflix.

Tiger King: Murder, Mayhem and Madness | Official Trailer | Netflix

Advertising

NuméroNews