Après la géniale série Insecure et l’univers des skateuses de Betty – disponible le 2 mai sur OCS –, HBO se tourne vers la périlleuse question du consentement, centrale dans sa nouvelle série I May Destroy You. Alors que de plus en plus de personnages féminins complexes sont mis en lumière par les productions de la chaîne – Euphoria, Big Little Lies, Sharp Object–, la thématique du viol y reste souvent en suspens, comme relayée à un second plan, trop violent pour être abordé de front. Dans Big Little Lies, Céleste Wright (magnifiquement interprétée par Nicole Kidman) est bien prisonnière d’un mariage dont les relations sexuelles reflètent une violence extrême, mais à aucun moment n’est prononcé le mot “viol”. Plus encore, son personnage recherche à vivre cette violence, comme si elle ne pouvait vivre ses ébats que dans la brutalité, en synonyme d’une passion illusoire.

 

Le désir féminin était le point de départ de la saison 1 de Chewing Gum (2015). Interprété par l’autrice de la série, Michaela Coel, le personnage principal existait avant tout par son désir sexuel obsédant et l’envie de perdre sa virginité. Abordé ici par le biais de l’humour, le sexe y est l’objet de malentendus entre les protagonistes maladroits, mais il permet notamment d’approcher le consentement et ses définitions. I May Destroy You prend le parti d’être beaucoup plus sombre en montrant le difficile parcours d’Arabella, une jeune femme en passe de devenir écrivaine. Alors que sa carrière est sur le point de s’envoler, elle se fait agresser dans les toilettes d’une boite de nuit et doit réapprendre à vivre avec ce traumatisme.

 

Toujours portée par la brillante comédienne londonienne, la mini série réunit Weruche Opia (Bad Education), Paapa Essiedu (Le Crime de l’Orient-Express), Aml Ameen (Sense8, Le Labyrinthe) et Sarah Niles (Dracula). I May Destroy You est coproduite par la chaine américaine et la BBC, qui s’étaient déjà associées pour créer Gentleman Jack en 2018.

 

 

I May Destroy You, réalisée par Michaela Coel et Sam Miller. Bientôt sur OCS.