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Qui est Henry Cavill, héros de “The Witcher” ?

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Le Sorceleur de la nouvelle fresque médievale de Netflix, The Witcher, est la grande révélation de l’année. Pourtant, l'acteur qui porte mieux que personne le catogan platine et l'armure gothique n'en est pas à son premier coup d'essai. Portrait.

Les fans de Game Of Thrones et du Seigneur des Anneaux l'attendaient comme le messie. Diffusée depuis décembre sur Netflix, The Witcher vient de détrôner The Mandalorian en tant que série la plus recherchée au monde, fin 2019, selon Business Insider. Le show est une adaptation des romans cultes du Polonais Andrzej Sapkowski qui ont donné lieu à des jeux vidéo à succès. Pour se glisser dans le total look noir du Sorceleur Geralt de Riv de The Witcher, chasseur de monstres professionnel, il fallait des mensurations de Viking et un charisme à la hauteur de ce projet dantesque. Avec ses traits de Ken ténébreux et sa voix rocailleuse, qu'il a particulièrement travaillé pour l'occasion, Henry Cavill donne la profondeur et la complexité nécessaires à ce héros qui a subi des mutations magiques l'ayant rendu surhumain. Doté d'une dimension symbolique, le Sorceleur est un mutant mais il est, peut-être, moins effrayant que les humains. Les tumultes du contexte politique fictif font aussi écho au monde moderne.

“The Witcher” – bande-annonce.

1. Un loup solitaire

 

Fan de jeux vidéo et passionné par la saga The Witcher, Cavill s'est battu pour avoir le rôle. Lorsqu’il apprend que la série est en préparation, il presse ses agents pour obtenir un rendez-vous avec la showrunneuse. Il insiste ensuite auprès d'elle pour décrocher le rôle très convoité, alors même que le script n’a pas encore été écrit. Par ailleurs, l’acteur se perd tellement dans le gaming que le rôle de Superman (dans Man Of Steel) manque de lui échapper : il n'avait pas entendu l’appel téléphonique du producteur, trop absorbé par sa partie de World of Warcraft. En 2013, Cavill est bel et bien le Clark Kent de Man of Steel, produit par Christopher Nolan. Il enfile à nouveau le costume dans Batman vs Superman, trois ans plus tard, puis dans Justice League, en 2017. En interview, il précise sa vision du super-héros : un homme qui a passé toute sa vie seul. 

“Man of Steel” – bande-annonce.

2. Volonté de fer et muscles d'acier

 

À 36 ans, Henry Cavill n’a pas toujours eu cette stature d’Apollon, ni cette assurance. Né à Jersey dans les îles Anglo-Normandes, il fait ses premiers pas d'acteur à l'internat de la Stowe School, à Buckingham, devant des camarades qui n’hésitent pas à se moquer de ses kilos en trop. Le surnom “Fat Cavill” lui pèsera longtemps, le poussant à transformer son corps pour les rôles qu’ils souhaite endosser. Eloigné du foyer familial à l'internat, il appelle alors sa mère jusqu’à quatre fois par jour. La solitude l'angoisse mais il s'accroche. Adolescent, il croise la route de Russell Crowe qui l'encourage : “Cher Henry, un voyage de 1000 km commence avec un seul pas…”. En attendant la gloire, Cavill peaufine son jeu dans les pièces de théâtre et les comédies musicales, s’attaquant parfois à la mise en scène. Il affectionne le registre romantique, interprétant sur les planches Le Songe d'une nuit d'été ou Grease.

 

Il débute le cinéma dans un drame complexe, Laguna, en 2001. L'histoire d'un jeune homme qui assiste à la mort de ses parents dans un attentat. Face à Emmanuelle Seigner et Joe Mantegna, il livre une prestation très intense. Cavill cultive le goût des histoires fortes (comme Tristan et Yseult), apparaissant notamment au générique de La Vengeance de Monte-Cristo (2002). Pour obtenir le rôle du fils du Comte, il perd dix kilos à l'âge de 17 ans, alors qu'il étudie toujours à la Stowe School. D'une volonté de fer, l'homme a d’ailleurs avoué avoir pensé à devenir militaire (comme son père) dans les forces armées britanniques, si il n'avait pas percé au cinéma.

“Mission Impossible : Fallout” – bande-annonce.

3. « L'homme le plus malchanceux de Hollywood »

 

Dans les années 2000, Henry Cavill se fait remarquer dans un Woody Allen (Whatever Works en 2009) mais il peine à obtenir des rôles de blockbusters. Il enchaîne les auditions mais se fait écarter à chaque fois au dernier moment. Trop jeune, trop vieux, trop anglais, pas assez expérimenté... Il rate ainsi le rôle d'Edward dans Twilight, de Batman dans Batman Begins, de Superman dans Superman Returns et de James Bond dans Casino Royale. Martin Campbell, le réalisateur de Casino Royale, avait toutefois une petite préférence pour Cavill (plutôt que Daniel Craig) mais son manque d'expérience et sa carrure trop épaisse ont fini par faire pencher la balance. Le magazine britannique Empire s'amuse de ces rendez-vous manqués en le surnommant “l’ homme le plus malchanceux de Hollywood”. La consécration viendra d'abord de la télévision.

 

Dès 2007, il apparraît dans les Tudors, une série historique de Showtime dans laquelle il incarne le duc de Suffolk sur fond de violence et de sexualité exacerbée. Un rôle sulfureux pour lequel il aura sans doute puisé dans sa vie amoureuse compliquée: l’acteur a été fiancé à une cavalière de saut d'obstacles britannique qu'il ne voyait presque jamais, avant de fréquenter (brièvement) les actrices américaines Gina Carano et Kaley Cuoco. L'une de ses dernières idylles ? Une histoire d'amour qui a tourné court avec une cascadeuse rencontrée sur le tournage de Mission impossible : Fallout (2018). Sauvage et solitaire, l'acteur ne cesse de se mettre en scène sur Instagram avec son impressionnant chien noir et blanc. Exploit, l'animal ne parvient jamais à lui voler la vedette.

The Witcher, disponible sur Netflix.

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