"La photogénie est un mystère, on ne sait pas ce que c'est, d'où ça vient. Moi, je ne sais pas", avouait Willy Rizzo dans un entretien accordé au Figaro il y a dix ans. Ce mystère, toujours non élucidé même après la mort de l'artiste italo-français en 2013, est pourtant au coeur de son travail. À la fois spontané et rigoureux, Willy Rizzo préfère les images aux mots et sait capturer ce qui ne s’explique pas. Designer, reporter d’images, photographe de mode... de ses multiples carrières, c’est celle de portraitiste de stars qui a fait sa plus grande postérité. Le regard espiègle de Salvador Dalí, la nonchalance de Brigitte Bardot, la cigarette de Picasso ou le sourire de Jack Nicholson sont tous passés sous le regard bienveillant du photographe, qui avait pour habitude de développer avec ses modèles une relation intime afin de pouvoir les immortaliser loin de la foule.

 

Cette proximité est au cœur de l’exposition Sunlight qui, derrière ce titre estival, réunit les clichés des plus grandes célébrités du cinéma en bord de mer, loin du feu des projecteurs. Au milieu des années 50, une Marlène Dietrich apparaît amusée, en talons aiguilles sur une plage de Cannes, sa robe de mousseline balayée par le vent. Quelques années plus tard, une Jane Fonda s'alanguit à Beverly Hills en bikini rose. En chaussettes sur le pont d’un bateau, fumant sa cigarette avec irrévérence, on retrouve également l'acteur Sean Penn à l'orée de la décennie 2000 – “le Sean Penn que je préfère”, confiait le photographe, “fuyant ce jour-là les mondanités de Cannes”. En une vingtaine de tirages argentiques, du noir et blanc à la couleur, le regard bienveillant du photographe capture le je-ne-sais-quoi de ces quelques happy few, mais surtout le secret de rares instants de complicité alors que le soleil de l'été brille au-dessus de nos têtes. 

 

L'exposition Sunlight de Willy Rizzo, jusqu'au 31 juillet au Studio Willy Rizzo, Paris 7e.