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06 Février

Les portraits improbables d’Ouka Leele

 

Figure emblématique de la movida (mouvement culturel d’émancipation de la dictature franquiste), Ouka Leele fait l’objet d’une exposition monographique à la Galerie VU dans le 9e arrondissement de Paris, jusqu’au 29 février. Son œuvre sans équivalent mélange peinture et photographie dans des clichés surannés aux couleurs surréalistes.

Par Margaux Coratte

© Ouka Leele, Galerie VU, de la série Peluquerias, 1980
1/5
© Ouka Leele, Galerie VU, Herida como la niebla por el sol, 1987
2/5
© Ouka Leele, Galerie VU, Joyas II, 1986
3/5
© Ouka Leele, Galerie VU, Madrid, 1984
4/5
© Ouka Leele, Galerie VU, Sonrojo, 1998
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© Ouka Leele, Galerie VU, de la série Peluquerias, 1980
© Ouka Leele, Galerie VU, Herida como la niebla por el sol, 1987
© Ouka Leele, Galerie VU, Joyas II, 1986
© Ouka Leele, Galerie VU, Madrid, 1984
© Ouka Leele, Galerie VU, Sonrojo, 1998

L’originalité de l’œuvre d’Ouka Leele réside dans son savant mélange entre peinture, mise en scène et photographie. Réalisés en plusieurs étapes, ses clichés vifs rendent toute l’agitation d’une époque en pleine transition vers la démocratie. De ses clichés les plus emblématiques à ses œuvres chimériques, l’exposition de la Galerie VU propose une véritable rétrospective de l’artiste de 63 ans. Amie de Pedro Almodóvar, la photographe valorise comme lui les couleurs chatoyantes, pour un ensemble vibrant et farfelu, qui puise sa force dans un élan d’émancipation insufflé par les artistes espagnols des années 80. Lauréate du Grand Prix national d'Espagne et exposée aux rencontres d’Arles en 2019, la réputation d’Ouka Leele n’est plus à faire. 

© Ouka Leele, Galerie VU, Joyas II, 1986

 

"J’ai besoin d’être libre avec la couleur. De faire vibrer les gens avec la couleur"

 

 

En travaillant ses photos à l’aquarelle, l’artiste réussirait presque à faire croire à un tableau peint, hyper réaliste. Pourtant ce sont bien, au départ, des photographies en noir et blanc, sur lesquelles elle ajoute des couleurs éclatantes. Symbole d’une volonté de faire peau neuve et d’égayer un quotidien monochrome, son œuvre a fait le tour du monde. Le portrait comme genre favori, Ouka Leele y ajoute des éléments fantaisistes : un poulpe en guise de perruque, un pastiche de citrons, des couverts volants, des touches de bizarrerie fantasques qui s’ajoutent à des scènes de vie quotidienne, juste assez étranges pour insuffler un air onirique à l’ensemble.

 

 

Empruntant à la peinture classique et à l’esprit dada, son travail saisit le plus souvent des individus posant dans une scénarisation incongrue qui se joue des codes traditionnalistes. Libéré du poids de l’oppression culturelle, l’artiste a développé un univers qui n’appartient qu’à elle et dont le kitsch assumé fait sourire autant qu’il envoute les esprits. La dimension surréaliste de son œuvre revêt un caractère aussi bien inquiétant qu’ensorceleur, entre rêve et matérialité.

 

Exposition Ouka Leele à la galerie VU', 58 rue Saint-Lazare, 75009 Paris. Du 24 janvier au 29 février 2020. 

© Ouka Leele, Galerie VU, Herida como la niebla por el sol, 1987

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