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Dans l'atelier de...

Olafur Eliasson

 

Rencontre avec l'artiste star dans son atelier berlinois

Un coucher de soleil grandeur nature à la Tate Modern, une immense cascade installée sous un pont de New York... depuis trente ans, Olafur Eliasson construit sa renommée à coups d'oeuvres monumentales et spectaculaires. Numéro a rencontré l'artiste danois dans son atelier au coeur de Berlin.

L’atelier de l’artiste, véritable laboratoire pour ses expériences artistiques, voit s’affairer actuellement 90 collaborateurs.

Power, Tower, une oeuvre datant de 2005, est moins inspirée d'un principe géométrique que d'un jouet nommé "Zometool" offrant la possibilité aux enfants de modéliser différentes formes dans l'espace, en trois dimensions.

Numéro : En quoi le milieu dans lequel vous avez grandi a-t-il influencé votre sensibilité ?
Olafur Eliasson : Mon père était un pêcheur et un peintre paysagiste en Islande. Le contact de la nature en Islande et la lumière qu'on y trouve ont été déterminants dans mon approche des notions d'éphémère et d'atmosphère. Ayant grandi au Danemark, j'ai été très influencé par les idéaux du modèle scandinave : l'État providence, la conviction de faire partie d'une économie huma-niste et le vif sentiment d'interdé-pendance qui en résulte.

 

Vous considérez-vous comme un sculpteur ? Comment décririez-vous votre pratique ?
J'utilise toujours le moyen d'expres-sion approprié au sujet que je veux explorer : film, architecture, installa-tion, photographie ou peinture.La sculpture, ça peut être, par exemple, le fait de respirer profondément.

 

Pouvez-vous nous parler de l'oeuvre que vous avez réalisée spécifiquement pour le bâtiment de la Fondation Louis Vuitton.
Inside the Horizon est une oeuvre dans laquelle on entre. On doit cir-culer à travers elle. Cela introduit "Je travaille beaucoup sur les phénomènes immatériels, pour pousser les gens à réfléchir à la façon dont ils perçoivent le monde." La notion de temps dans l'expé-rience artistique. En marchant à tra-vers l'ceuvre, on fait l'expérience de son caractère kaléidoscopique : les reflets sur les colonnes - de soi-même, des autres visiteurs, du bâtiment et des autres colonnes -se dissolvent, et on se concentre non seulement sur sa situation dans l'espace et sur ce que l'on est, mais également sur ce qui nous entoure.

 

Vous travaillez souvent avec la lumière. Pouvez-vous nous expliquer ce qu'implique l'emploi d'un matériau non physique ?
Je travaille beaucoup sur les phé-nomènes immatériels, pour pousser les gens à réfléchir à la façon dont ils perçoivent le monde. La question qui m'intéresse est la suivante : que signifient vivre et agir dans nos sociétés aujourd'hui? Pour moi, la lumière a toujours été bien plus qu'un simple phénomène qui éclaire les choses. Elle a un puissant impact sur nos vies. J'ai travaillé dur pour montrer cela clairement dans Little Sun [www.littlesun.com], un projet fondé sur la création d'une lampe portative à énergie solaire. Little Sun est une entreprise sociale et un mouvement mondial. Grâce à lui, j'espère apporter la lumière à des gens qui n'ont pas aisément accès au réseau électrique.

 

Pouvez-vous nous parler de l'exposition que vous allez présenter à la Fondation Louis Vuitton ?
C'est une exposition sur la cécité et sur l'absence de matière, le senti-ment d'être présent au monde, en orbite, allant à la rencontre des autres et mesurant l'espace. Cette exposition traite de l'origine des idées, avant qu'elles ne prennent forme dans le langage.

 

Allez-vous interagir avec le bâtiment ?
Nous rencontrons toujours les oeuvres d'art dans un contexte donné. Pour moi, le contexte finit par faire partie de l'oeuvre. Lorsque je crée une oeuvre et que je prépare une exposi-tion, je mène donc systématique-ment une réflexion poussée sur le site où je vais exposer.

 

Comment préparez-vous une nouvelle exposition ?
En faisant une exposition, je crée un modèle de réalité, et, de ce fait, je remodèle la réalité. Le modèle est réel. Je trouve ça fascinant.

 

À qui vous adressez-vous ? Votre art a-t-il vocation à changer quelque chose ou à entraîner une prise de conscience du public ?
Je suis persuadé que l'art et la créa-tivité peuvent entraîner de véritables changements dans le monde. C'est pourquoi je m'implique de plus en plus vis-à-vis de publics différents, et dans des contextes extérieurs au domaine de l'art. La créativité est une étonnante boîte à outils pour repenser le monde. Idéalement, il devrait y avoir des artistes dans les parlements et des politiques dans les écoles d'art.

 

Propos recueillis par Nicolas Trembley, photo Dhruv Malhotra

Exposition Olafur Eliasson à la Fondation Louis Vuitton, du 17 décembre 2014 au 16 février 2015.

Le jour où Brad Pitt a tenté de devenir architecte
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