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29 Juillet

Comment le duo Purity Ring a créé le meilleur album du confinement

 

Cinq ans après la sortie de son deuxième opus, le duo canadien Purity Ring est revenu le 3 avril avec un troisième album, “Womb”, sorti en plein confinement. Intime, mystique et introspectif, ce joyau d'électro-pop célèbre le pouvoir bienfaiteur de la solitude et du foyer – une toile de fond qui s'est avérée particulièrement appropriée dans ces temps inédits où rester chez soi a revêtu une toute autre symbolique. 

Par Matthieu Jacquet

Purity Ring. Photo : Carson Davis Brown.
1/3
Corin Roddick. Photo : Carson Davis Brown.
2/3
Megan James. Photo : Carson Davis Brown.
3/3
Purity Ring. Photo : Carson Davis Brown.
Corin Roddick. Photo : Carson Davis Brown.
Megan James. Photo : Carson Davis Brown.
  • Il y a quelque chose de rassurant dans la musique de Purity Ring. Quelque chose d’enveloppant, qui embrasse les oreilles comme une capsule protectrice et les embrase d’un feu intime et sécurisant. Lové dans ce petit nid sonore, l’auditeur n’a d’autre choix que de s’échapper de sa réalité, porté par les sons cristallins, les synthétiseurs mélodieux, les beats glacés et les harmonies célestes, mais aussi guidé par une voix aérienne, parfois déformée au low pitch et doublée par des échos enchanteurs. Le 3 avril, le groupe formé par Megan James et Corin Roddick dévoilait son troisième album studio Womb dans un monde à l’arrêt, voyant la majorité de sa population contrainte de rester chez soi en raison de la crise sanitaire. Nous voilà bientôt quatre mois plus tard et, pour de nombreux pays du monde, la situation stagne encore. Les individus piétinent et s’impatientent, cloîtrés chez eux et limités à un périmètre très restreint. Pourtant, pendant que le temps passe, la musique reste. Mystérieuse mais généreuse, profonde mais apaisante, celle de Purity Ring se fait le miroir fortuit mais non moins adéquat de cette période si particulière, exprimant avec douceur et magie la chaleur familière du chez soi et la part d’évasion qui ébrèche les épaisses parois d’un monde obscur.

     

     

    Une rencontre entre l'ombre et la lumière

     

     

    Lorsque le duo canadien se produisait sur scène pour sa première tournée internationale, en 2012, le décor de son univers encore bourgeonnant était déjà planté. D’une apparence très semblable à celles des cocons des vers à soie, des lampes ovales flottaient au-dessus des instruments, tandis qu’une grosse caisse surélevée et éclairée de l’intérieur évoquait la sphère de la lune. Devant les machines de Corin, musicien et arrangeur du groupe, des spots lumineux et tactiles en forme de cristaux précieux s’allumaient au rythme des morceaux, comme pour parachever l’entrée feutrée dans un monde nocturne bercés par les pulsations du sommeil. Car dès Shrines, le premier album du groupe, on retrouvait ce qui deviendront les constantes de Purity Ring : une électro-pop éthérée où plusieurs éclats sonores lumineux réveillent et contrastent un fond de ténèbres bienveillantes, à laquelle les paroles écrites et chantées par Megan James insufflent un vent sensible de poésie.

  • Il y a quelque chose de rassurant dans la musique de Purity Ring. Quelque chose d’enveloppant, qui embrasse les oreilles comme une capsule protectrice et les embrase d’un feu intime et sécurisant. Lové dans ce petit nid sonore, l’auditeur n’a d’autre choix que de s’échapper de sa réalité, porté par les sons cristallins, les synthétiseurs mélodieux, les beats glacés et les harmonies célestes, mais aussi guidé par une voix aérienne, parfois déformée au low pitch et doublée par des échos enchanteurs. Le 3 avril, le groupe formé par Megan James et Corin Roddick dévoilait son troisième album studio Womb dans un monde à l’arrêt, voyant la majorité de sa population contrainte de rester chez soi en raison de la crise sanitaire. Nous voilà bientôt quatre mois plus tard et, pour de nombreux pays du monde, la situation stagne encore. Les individus piétinent et s’impatientent, cloîtrés chez eux et limités à un périmètre très restreint. Pourtant, pendant que le temps passe, la musique reste. Mystérieuse mais généreuse, profonde mais apaisante, celle de Purity Ring se fait le miroir fortuit mais non moins adéquat de cette période si particulière, exprimant avec douceur et magie la chaleur familière du chez soi et la part d’évasion qui ébrèche les épaisses parois d’un monde obscur.

     

     

    Une rencontre entre l'ombre et la lumière

     

     

    Lorsque le duo canadien se produisait sur scène pour sa première tournée internationale, en 2012, le décor de son univers encore bourgeonnant était déjà planté. D’une apparence très semblable à celles des cocons des vers à soie, des lampes ovales flottaient au-dessus des instruments, tandis qu’une grosse caisse surélevée et éclairée de l’intérieur évoquait la sphère de la lune. Devant les machines de Corin, musicien et arrangeur du groupe, des spots lumineux et tactiles en forme de cristaux précieux s’allumaient au rythme des morceaux, comme pour parachever l’entrée feutrée dans un monde nocturne bercés par les pulsations du sommeil. Car dès Shrines, le premier album du groupe, on retrouvait ce qui deviendront les constantes de Purity Ring : une électro-pop éthérée où plusieurs éclats sonores lumineux réveillent et contrastent un fond de ténèbres bienveillantes, à laquelle les paroles écrites et chantées par Megan James insufflent un vent sensible de poésie.

  • Il y a quelque chose de rassurant dans la musique de Purity Ring. Quelque chose d’enveloppant, qui embrasse les oreilles comme une capsule protectrice et les embrase d’un feu intime et sécurisant. Lové dans ce petit nid sonore, l’auditeur n’a d’autre choix que de s’échapper de sa réalité, porté par les sons cristallins, les synthétiseurs mélodieux, les beats glacés et les harmonies célestes, mais aussi guidé par une voix aérienne, parfois déformée au low pitch et doublée par des échos enchanteurs. Le 3 avril, le groupe formé par Megan James et Corin Roddick dévoilait son troisième album studio Womb dans un monde à l’arrêt, voyant la majorité de sa population contrainte de rester chez soi en raison de la crise sanitaire. Nous voilà bientôt quatre mois plus tard et, pour de nombreux pays du monde, la situation stagne encore. Les individus piétinent et s’impatientent, cloîtrés chez eux et limités à un périmètre très restreint. Pourtant, pendant que le temps passe, la musique reste. Mystérieuse mais généreuse, profonde mais apaisante, celle de Purity Ring se fait le miroir fortuit mais non moins adéquat de cette période si particulière, exprimant avec douceur et magie la chaleur familière du chez soi et la part d’évasion qui ébrèche les épaisses parois d’un monde obscur.

     

     

    Une rencontre entre l'ombre et la lumière

     

     

    Lorsque le duo canadien se produisait sur scène pour sa première tournée internationale, en 2012, le décor de son univers encore bourgeonnant était déjà planté. D’une apparence très semblable à celles des cocons des vers à soie, des lampes ovales flottaient au-dessus des instruments, tandis qu’une grosse caisse surélevée et éclairée de l’intérieur évoquait la sphère de la lune. Devant les machines de Corin, musicien et arrangeur du groupe, des spots lumineux et tactiles en forme de cristaux précieux s’allumaient au rythme des morceaux, comme pour parachever l’entrée feutrée dans un monde nocturne bercés par les pulsations du sommeil. Car dès Shrines, le premier album du groupe, on retrouvait ce qui deviendront les constantes de Purity Ring : une électro-pop éthérée où plusieurs éclats sonores lumineux réveillent et contrastent un fond de ténèbres bienveillantes, à laquelle les paroles écrites et chantées par Megan James insufflent un vent sensible de poésie.

Purity Ring - stardew (Official Video)

Fort de ses débuts prometteurs, le groupe alors installé à Edmonton – une ville de l’ouest du Canada – sort un deuxième opus en 2015. Baptisé Another Eternity, celui-ci se veut, par opposition avec le précédent, plus extraverti, “plus céleste et plus confiant”, résume Megan James. À ce titre, ses mélodies s’approchent davantage d’une pop plus classique mais sa production conserve son empreinte électro sombre, pointue et singulière. Suite à une longue et ambitieuse tournée riche en installations lumineuses, mais également sa contribution à l’écriture de trois titres sur l’album Witness de Katy Perry en 2017, cinq années seront nécessaires au groupe pour se retrouver et travailler sur de nouveaux morceaux. Une période longue mais nécessaire, balayée par des événements personnels suivi d’une introspection salvatrice : “Je me sens rassurée par un certain sens de l’équilibre dans les moments difficiles, lorsque l’on a besoin d’admettre toute la gravité des choses pour se sentir plus optimiste. Il s’agit simplement d’être conscient et d’accepter de ne pas pouvoir avoir l’un sans l’autre.”, confie Megan James. Tout naturellement, cette quête d’équilibre et de maturation donnera naissance à un troisième album : Womb.

 

 

Un voyage intérieur aux portes du songe

 

 

En anglais, le mot womb signifie l’utérus ou, plus généralement, le ventre qui accueille le fœtus et le futur nourrisson. C’est en écoutant l’ensemble des dix titres de l’album que Megan a l’idée de ce titre – un terme qui synthétise aussi bien l’expérience sensorielle et intime provoquée par les titres que la figure de la mère, centrale tout au long de l’opus. “Dans cet album, il y a beaucoup de morceaux qui parlent de la famille ou des amis, c’est pourquoi ce nouvel univers nous a semblé très insulaire”, raconte la chanteuse. Un paysage que l’on retrouve immédiatement sur le visuel de l’album, créé une fois de plus par l’illustratrice Tallulah Fontaine. “Nous nous retrouvons sur une même longueur d’onde”, commente Megan. “Notre connexion est non-verbale, car elle dessine un peu de la même manière que j’écris mes textes.” Cette fois-ci, l’artiste canadienne représente au centre du tableau une femme vêtue de rouge, en train de brosser sa longue chevelure au sommet d’une montagne. À ses côtés, un personnage masqué tricote la toile d’araignée qui prend racine sur ses épaules tandis que des petits êtres nus s’y lovent.

Corin Roddick. Photo : Carson Davis Brown.

Megan James. Photo : Carson Davis Brown.

Si pour Megan James, ces protagonistes sont surtout des archétypes fictifs lui permettant de visualiser son imaginaire, ils incarnent avec évidence l’inspiration majeure du groupe : les rêves. Car tour à tour, les morceaux de Womb emmènent dans un voyage onirique et somnambule parmi les éléments, qui fait émerger des profondeurs d’un lac noir pour contempler l’éclat unique de l’émeraude, du rubis ou du verre, survoler l’abîme angoissant des cratères et l’immense volume des montagnes jusqu’à voir apparaître, derrière les nuages, la fulgurance d’un éclair rose. Thème récurrent des titres et de leurs paroles depuis leur premier album, l’eau apparaît tantôt dans une mer changeante, dans une marée montante ou dans un océan sans fond : “Là où ma famille habite, il y a un lac, cela vient sans doute de là”, tente d’expliquer Megan James. “C’est aussi une métaphore qui pour moi évoque un monde qui existe en-dessous, mais que l’on ne peut pas voir.” Dans Womb comme dans Shrines, Purity Ring baptise bon nombre de ses titres d’après des mots inventés de toutes pièces, ceux que l’on balbutie encore, tout jeune, lorsque l’on cherche à s’exprimer : "peacefall", "rubyinsides", "silkspun" ou encore "stardew", autant de mots formés par les sons que l’on glane çà et là alors que notre vocabulaire n’est encore qu’à l’aube de sa construction.

 

 

L’atmosphère réconfortante et introspective de l’album devient une célébration du foyer et d’une solitude bienfaitrice.

 

 

Aujourd’hui tous deux installés à Los Angeles, Megan James et Corin Roddick vivent à cinq minutes l’un de chez l’autre après avoir travaillé longtemps à distance. Une proximité qui profite à l’épanouissement créatif de leur duo : “Nous sommes plus proches que jamais, tout en travaillant souvent séparément”, explique Megan. Mais alors que la sortie de Womb était prévue depuis des mois pour début avril 2020, le monde a connu une situation qu’il n’aurait pu préparer. A l'ère du confinement, l'atmosphère réconfortante et introspective de l’album s’affirme alors comme une célébration du foyer et d’une solitude nécessaire et bienfaitrice alors que la pandémie de Covid-19 provoque partout des dégâts sans précédents. Si les deux moitiés du duo ont un temps hésité à repousser cette sortie, ils ont finalement conclu que celle-ci faisait totalement sens avec l’époque : “Ce que j’ai vécu les cinq dernières années peut sembler trivial par rapport à ce que l’on vit actuellement, mais cet album retrace vraiment la manière dont j’ai pu surmonter toutes ces expériences et apprendre à vivre avec.” En attendant sa tournée reportée à janvier 2021, le groupe prévoit de dévoiler des versions acoustiques des titres de son album. Un ultime hommage à l’intimité du chez soi qui rappelle, une fois de plus, cette faculté de la musique à adoucir les mœurs.

 

Purity Ring, Womb, disponible depuis le 3 avril chez 4AD.

Purity Ring, “Womb” (2020). Artwork par Tallulah Fontaine

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