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L'interview FaceTime avec… BENEE, la Billie Eilish néo-zélandaise

Musique

En période de confinement, Numéro continue à s'intéresser aux musiciens qui accompagnent nos journées avec leurs morceaux. Aujourd’hui, la jeune chanteuse de 20 ans BENEE tout droit sortie de Nouvelle-Zélande évoque ses crises existentielles, sa passion révolue pour la pêche et ses caprices de star.

À seulement 20 ans, BENEE est déjà l’une des chanteuses les plus connues de Nouvelle-Zélande. Après avoir abandonné l’université à 18 ans pour se consacrer pleinement à la musique, ses chansons colorées et joyeuses aux paroles pourtant souvent tristes ont même engendré la folie sur la plateforme Tik Tok, où deux challenges de danse ont vu le jour sur ses chansons Glitter et Supalonely. Pour ce second titre, elle avait d’ailleurs collaboré avec le chanteur américain Gus Dapperton tous deux mis en scène dans un clip aux accents rétro des années 80. Rencontre en FaceTime avec celle dont les cheveux bleus lui ont valu d’être surnommée la “Billie Eilish Néo-Zélandaise”

 

Numéro : Après le lycée, vous avez tenté un cursus universitaire en communication avant d’abandonner au bout de deux semaines. Pourquoi s’évertuer à aller en cours lorsque l’on sait pertinemment que l’on va décrocher ? 

BENEE : J'adorais le lycée, j'étais entourée par plein de monde. L'idée de l'université était attirante et je pensais que c'était ce que je voulais faire. Mais une fois là-bas, je venais juste de sortir une chanson et l'université m’apparaissait comme une distraction, parce que même à cette époque je savais que ce que je voulais faire, c'était de la musique. Donc je me suis dit “Ok, j'abandonne !”, j'en avais eu assez [Rires]. 

 

Vous avez expliqué avoir découvert l'université en pleine “crise de quart de vie”, que vouliez-vous dire ?

Juste après avoir fini le lycée je ne savais pas du tout ce que je voulais faire de ma vie, ce que beaucoup de gens ressentent à ce moment là. Et en même temps le lycée nous mettait la pression pour aller à la Fac, ce qui explique en partie pourquoi je pensais vouloir y aller à ce point. Je suis rentrée chez mes parents le vendredi soir à la fin de la seconde semaine et j'étais complètement brisée, je me suis dit "ce n'est pas du tout ce que j'ai envie de faire de ma vie". Les réactions à la chanson que je venais de sortir étaient vraiment encourageantes et, en même temps, j'avais le sentiment qu'abandonner la fac serait un énorme risque. Heureusement, mes parents me soutenaient pleinement et me disaient “Fais-le, tu le regretteras si tu ne tentes pas ta chance”. Une crise certes, mais finalement, le risque n'était pas si grand.

 

À quoi pourra donc ressembler votre crise de la quarantaine ?

[Rires] Aucune idée, mais elle arrivera, c’est sûr !

 

BENEE - Glitter

Vous transformez-vous en diva avec le succès ?

Je ne crois pas, je n'espère pas ! Je vis avec mes parents et mon frère, donc on rigole justement detout ça, je joue un peu à la diva oui, mais avec eux !

 

Quelle est la chose la plus extravagante que vous ayez jamais demandé pendant une tournée ?

Oh mon dieu ! Probablement plein de choses.... Je ne sais pas si c'est extravagant, mais il y a une chose que je demande, c'est de toujours avoir le hublot dans l'avion quand je tourne avec le groupe. Je déteste être entre deux personnes !

 

Bon ça va alors, je le fais aussi et je ne fais pas de tournées... Dans le clip de Tough Guy, vous déshabillez un jeune homme plutôt pas mal. Pensez-vous que les clips soient un moyen de réaliser vos fantasmes ?

Dans cette vidéo, j'essayais de convaincre qu'on devrait briser ce côté "gros dur" que beaucoup d'adolescents ont. En fait la chanson était à propos d'un garçon en particulier… [Rires]. Pour les clips on peut vraiment faire ce qu'on veut, vous pouvez avoir avoir un garçon torse-nu si c'est votre truc, c’est assez cool.

 

Dans le clip de Soaked vous êtes à la fois habillée en tenue noire de dominatrice et en petite fille sage en imper jaune, est-ce que ce sont là vos deux personnalités ?

Je pense oui ! C'est ce que cherchait à montrer la vidéo, ces deux côtés... Comment je peux parfois affronter… mon alter-ego. Quand j'ai écrit la chanson, j'étais très en colère contre moi-même parce que j’avais oublié de dire quelque chose à quelqu'un dans une conversation. Ce clip essaie dépeint le genre de bataille que l'on mène face à soi-même.

 

Dans la même vidéo vous êtes en train de pêcher : était-ce une manière de montrer à vos fans une passion secrète ?

Oh mon dieu... Je pense qu'on essayait juste d'ajouter des obstacles au scénario, pour être honnête. Après, fun fact, j'étais obsédée par la pêche quand j'avais sept ans, donc j'ai demandé une canne à pêche. Mais quand j'ai eu 12 ou 13 ans, j’étais incapable de tuer le poisson, je me sentais trop coupable.

 

BENEE - Soaked

J'ai vu que votre chanson Glitter a donné naissance à un challenge sur Tik Tok, vous êtes-vous montrée à la hauteur de la tâche ?

J'ai essayé le challenge de Glitter, beaucoup de personnes m'en ont parlé. Mais il y en a un autre, sur la musique de Supalonely, qui est très, très compliqué et celui-là je ne peux pas le faire. Quelques personnes m'ont demandé de faire le challenge de Glitter, et je l'ai fait, mais quand on m'a demandé de faire celui de Supalonely, il fallait vraiment être très bon danseur, c’était trop dur !

 

Vous avez commencé à faire des tournées très tôt, n'était-ce pas effrayant de monter sur scène si jeune ?

Je suis montée sur scène pour la première fois à 17 ans, mais commencer à tourner dans différents pays était réellement une grande étape pour moi. J'aimerais continuer à faire des concerts toute ma vie, c'est très naturel de me transformer en un personnage qui m'apporte toute cette nouvelle confiance en moi. 

 

Qu’est ce que ça fait de rentrer chez papa-maman après avoir été dans des hôtels quatre étoiles à l’autre bout du monde et s’être trémoussée dans des événements fancy ?

Pour être honnête, j’adore ça. J’adore être en tournée et voyager, découvrir tous ces nouveaux endroits, mais être constamment en mouvement peut être parfois fatiguant. Pouvoir rentrer en Nouvelle-Zélande et être avec ma famille est très agréable : c’est bon pour l’esprit !

 

Aimez-vous encore la bière pas chère et faire la fête dans des appartements trop petits ?

Oui ! Juste avant le confinement, j’étais au sud de la North Island, où j’habite, à un festival de house, j’adore les festivals et faire la fête !

 

J’imagine que vous êtes maintenant pleine aux as. Qu’allez-vous faire de tout cet oseille ?

Je ne sais pas ! J’aimerais m’acheter une maison, je n’en suis pas encore là mais c’est vraiment quelque chose que j’aimerais faire, être capable de soutenir financièrement ma famille, c’est une priorité. 

 

C’est très sage tout ça… 

Ah vous voulez dire des dépenses folles ! Je prendrai sans doute un chien, mais bon, je voyage beaucoup donc peut-être pas tout de suite. 

 

Dernière question : pour citer Supalonely, êtes vous toujours “a lonely bitch” (une connasse esseulée) ?

[Rires] Maintenant qu’on est en confinement oui, mais je n’en suis plus du tout au même stade que lorsque j’ai écrit la chanson.

 

BENEE - Supaloleny avec Gus Dapperton

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