Pour immortaliser sa collection pre-fall 2020, le directeur de la création de Gucci, Alessandro Michele, invite le photographe de rue américain Bruce Gilden qui signe un livre d’art en éditions limitées : Beaten & Blown by the Wind. Tous deux imaginent une série de portraits en noir et blanc, captant sous la lumière crue d’un flash tranchant les vêtements inspirés des années 70.

 

Révélé pour ses portraits de rue pris sur le vif dans les rues de New York, Bruce Gilden détonne par son utilisation du flash et par sa prédilection pour le gros plan. Sans ambages, il expose des visages souvent marqués par l’alcool, la fatigue ou la vieillesse. Après avoir photographié les prostituées de Brooklyn, les mafieux yakuzas japonais ou les rituels vaudous de Haïti, le photographe oriente son objectif vers les modèles d’une maison de luxe.

 

Pour incarner la nouvelle collection pre-fall, Bruce Gilden et Alessandro Michele mêlent les égéries Gucci à quelques habitants de Rome, arborant d’immenses lunettes carrées, des robes pailletées et des costumes trois pièces. Ainsi, le musicien italien Achille Lauro, l’actrice et mannequin italienne Benedetta Barzini et la mannequin et militante américaine Bethann Hardison apparaissent presque anonymes, parmi cette série de portraits fortement contrastés. On retrouve ainsi les personnages récurrents des campagnes Gucci, ressemblant étrangement aux riches individus peuplant les films de Federico Fellini : le jeune homme androgyne, la femme mûre aux cils empêtrés de lourdes couches de mascara, ou encore la jeune élégante parée de fourrure. C’est dans un écrin de velours rouge, couleur emblématique de Gucci, que sont présentés ces portraits capturés à Rome, dans un décor si sombre qu’il en devient presque inquiétant.

 

Disponible depuis fin mai, Beaten & Blown by the Wind est distribué par IDEA Books, éditeur indépendant basé à Londres. Il est également disponible au Gucci Garden, à Florence et au Gucci Wooster Bookstore, à New York.