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L'exceptionnel défilé Chanel Métiers d'Art 2020 à Paris

Fashion Week

Dans un décor sublime qui reproduit fidèlement l'appartement du 31 rue Cambon de Mademoiselle Chanel, la maison de couture a présenté sa collection des Métiers d'Art 2020.

C’est en 1910 que Gabrielle Chanel ouvre sa boutique de chapeaux au 31, rue Cambon. Dix-huit ans plus tard, en 1928, la boutique Chanel, devenue désormais maison de couture, occupe trois étages dont le premier, un salon de présentation des collections, offre un décor à la hauteur de ses créations, qui en exalte les moindres détails. Dans le plus pur style Art déco, l’espace joue des lignes géométriques et des arrondis tandis que les miroirs qui recouvrent chacun des murs et des piliers donnent un sentiment d’espace infini. Point d’orgue de ce salon, le sublime escalier tournant, avec sa rampe elle aussi emblématique de l'Art déco et ses glaces qui diffractent avec grâce la silhouette des mannequins tandis qu'elles descendent les marches.

 

C’est ce même escalier que la maison a reproduit sous la nef du Grand Palais ce mercredi 4 décembre afin de présenter la collection Métiers d’Art 2020 tandis que l’entrée du show s’inspirait de l’appartement de Coco Chanel avec ses paravents de Coromandel, ses lions en or (son signe astrologique), ses camélias, son canapé en daim beige et ses fauteuils Louis XVI. Ce n’est pas un hasard si Viriginie Viard, qui a remplacé Karl Lagerfeld au début de l’année, a choisi cette adresse mythique pour présenter cette collection qui célèbre les artisans de la maison : “C’est le retour aux codes et au premier défilé des Métiers d’art en 2002, qui a eu lieu dans les salons au 31 rue Cambon justement. Il m’est très cher, les mannequins fumaient des cigarettes en écoutant Lou Reed. Plus qu'un thème, il s’agissait d’une attitude, explique-t-elle. Et c’est justement l’attitude frondeuse de la jeune Gabrielle Chanel que Viriginie Viard retrace ici. Car loin de se contenter de reproduire les classiques de la maison, la directrice artistique insuffle aux créations une jeunesse et une sensualité impertinentes, dans la continuité de la saison printemps-été 2020.

 

On retrouve ainsi l’iconique tailleur Chanel, mais porté à même la peau et uniquement accompagné de sautoirs accumulés, ou alors boutonnés mais qui laissent apparaître quelques centimètres de peau entre la jupe et la veste. Décliné dans une version rose et satinée, ou alors dans des dégradés éclatants inspirés des doublures des premiers modèles, il évoque l’énergie des années 80. Des robes et jupes moulantes et boutonnées s’ouvrent haut sur les jambes, tandis que des robes en mousseline légère jouent de la transparence à l’instar de créations en dentelle beige discrètement indécentes. Egalement aperçues, deux incroyables combinaisons entièrement rebrodées de sequins ainsi que deux robes en mousseline de soie noire transparentes portées sur des combinaisons en dentelle.

 

On admire le travail exceptionnel des artisans Chanel à travers une veste noire en tulle aux dessins floraux brodés de perles et sequins (look 53) signés de la maison Lesage, tandis que les ateliers Montex ont brodé la veste et la ceinture du look 41 de motifs à sequins colorés. Sous la direction artistique de Christelle Kocher, le plumassier Lemarié, qui fabrique également tous les camélias de la maison Chanel, a réalisé plusieurs pièces en plumes d’une complexité inouïe comme la veste du look 71 ornée des fameuses fleurs et rebrodée de strass ainsi que la broderie “31 rue Cambon” du look 63.

 

Une collection dans laquelle Virginie Viard nous fait non seulement voyager dans l’histoire de la maison Chanel mais parvient également à offrir une vision contemporaine de la maison créée il y a 109 ans.

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