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Courrèges annonce son nouveau directeur artistique

Mode

La maison française qui s'est rendue célèbre pour ses mini-jupes et ses looks futuristes annonce l'arrivée de son nouveau directeur artistique, Nicolas di Felice. 

Parmi les exercices les plus difficiles pour une marque de mode est sans doute de préserver son héritage tout en demeurant contemporaine et attractive. En d'autre termes, conserver son image et son identité mais savoir se réinventer au gré des évolutions des tendances. Depuis cinq ans, le label français Courrèges semble avoir du mal à trouver un créateur capable de cocher ces deux cases et de satisfaire sa clientèle habituelle et convertir des acheteurs plus jeunes ou moins familiers. 

 

C'est sans aucune doute la mini-jupe qui a rendu célèbre auprès des jeunes filles de l'époque André Courrèges et son label fondé dans les années 60. Par la suite, il s'impose avec une mode futuriste et graphique dominée par le blanc et le noir ainsi que des couleurs pop. Le vinyle et le plastique ainsi que les formes géométriques comme les talons carrés et la robe trapèze sont les signatures de ses créations Space Age. Aux antipodes des maisons Dior et Chanel, Courrèges fait souffler un vent de jeunesse et de fraîcheur sur la mode, à l'instar de Paco Rabanne et de ses robes en métal. 

 

En 2015 et après 35 ans de mise en pause, la maison parisienne nomme à sa direction artistique le duo composé d'Arnaud Meyer et Sébastien Vaillant. Les fondateurs du label Coperni, se font connaitre avec des silhouettes au style minimaliste et classique piqué d'une touche de radicalité, qui leur permet de remporter le prix des Premières Collections de l'ANDAM en 2014. Pendant deux ans, le duo réussit brillament à renouveler l'esprit Courrèges à travers des collections autant créatives que commerciales, mais qui, semblent ne pas trouver leur public. En 2017, ils quittent le navire et sont remplacés en 2018, par Yolanda Zobel, passée par les studios de Jil Sander, Chloé et Acne Studios. Dans les jours qui précédaient son premier défilé, déjà, la nouvelle prise de position de la créatrice allemande fait le buzz : plus de plastique. Difficile à imaginer quand on a justement construit l'histoire d'une maison sur des vestes, robes et mini-jupes en PVC et vinyle. Ses collections underground et iconoclastes, qui utilisent des matières écoresponsables en subsitut du plastique, évoquent davantage l'esprit avant-gardiste d'André Courrèges que sa mode pop et futuriste. En février 2020, Yolanda Zobel claque la porte à son tour, quasiment en même temps que la directrice générale qui l'avait nommée, Christina Ahlers.

 

Ce matin, la maison Courrèges annonce l'arrivée de son nouveau directeur artistique, Nicolas di Felice. Formé à l'école de mode de La Cambre à Bruxelles, Nicolas di Felice a fait ses armes chez Balenciaga, Dior et Louis Vuitton. Il y a fort à parier que le créateur belge maîtrise les contraintes commerciales tout autant que les exigences créatives imputées à ce poste et à ce type de maisons prestigieuses. Un peu plus tôt cette année, la maison Courrèges, détenue par la holding Artémis fondée en 1992 par François Pinault, nommait son nouveau président, Adrien Da Maia qui officiait auparavant chez Devialet. Un nouveau duo dirigeant qui, on l'espère, saura relancer une bonne fois pour toute la maison Courrèges dont l'héritage fait partie d'un des plus riches et atypiques du patrimoine créatif français. En attendant de découvrir la première collection de Nicolas di Felice en mars 2021, une réédition des pièces emblématiques de la maison sera disponible dans le nouvel espace rénové de la boutique historique du 40 rue François Ier.

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