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Chanel dévoile son propre dictionnaire amoureux

Joaillerie

Chanel célèbre sa collection Coco Crush à travers les mots et dévoile son dictionnaire amoureux. Des définitions malicieuses à lire et relire indéfiniment. 

Gabrielle Chanel est devenue célèbre non seulement pour la maison de mode qu’elle a lancée en 1910 mais également pour ses histoires d’amour, aujourd’hui légendaires avec Arthur “Boy” Capel et le duc de Westminster. Femme libre et passionnée qui ne se maria jamais, Coco Chanel se moquait des conventions, aussi bien en ce qui concerne le style que sa vie amoureuse. En témoigne les nombreuses citations choc encore reprises aujourd’hui.

 

Quand la maison Chanel dévoilait Coco Crush, sa dernière collection joaillère il y a cinq ans, elle choisit naturellement de s’affranchir des codes du genre et propose des créations audacieuses en or jaune, beige et blanc parfois ornées de discrets diamants et qui reprennent le matelassé du célèbre sac 2:55. Sublime par sa simplicité et généreuse par ses formes arrondies, la collection Coco Crush séduit par son caractère ultra-contemporain.

 

Aujourd’hui pour célébrer cette collection crush, c’est-à-dire coup de coeur, qui fait l'éloge de l’amour pour l’autre mais également que l’on se porte à soi-même, la maison dévoile son premier Dictionnaire Amoureux ou une définition de l’amour selon Chanel. Entre citations malicieuses, jeux de mots mutins, et véritables règles du style Chanel, ces petites définitions nous éclairent autant sur l'attitude Chanel qu’un manuel de style.

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  • Adoptez le style Chanel : comment porter les boucles d'oreilles de la maison?

    La maison Chanel lance un guide de style ludique avec, comme premier chapitre, des conseils sur comment porter leurs boucles d'oreilles.

    Rares sont les enseignes de mode à la grammaire stylistique aussi précise que celle développée par Chanel. L'illustre maison de couture fondée en 1910 a créé au fil des décennies un style fort, composé de codes précis qui ont assuré sa pérennité au fil des décennies, jusqu'à la rendre immortelle : les colliers de perles, le camélia, le lion, les souliers bicolores et bien sûr, l'iconique tailleur en tweed composent son vocabulaire immédiatement reconnaissable. Autre pièce emblématique de la maison, la veste noire inspirée par les uniformes militaires, qui s'est vue plus tard revêtue de diverses manières par les amis de la maison (Laetitia Casta, Charlotte Gainsbourg, Gaspar Ulliel, Pharrell Williams) en 2014 dans un ouvrage composé de plus de 200 photos.

     

    Aujourd'hui Chanel dévoile un nouveau guide du style destiné aux bijoux. Filant la métaphore de grammaire stylistique, la maison propose cinq façons de porter les boucles d'oreilles, toutes inspirées par des figures de style. Ainsi l'accumulation consiste à associer plusieurs paires sur une même oreille; la symétrie, version la plus classique, impose de porter la même paire de boucles d'oreilles de façon identique; au contraire de l'asymétrie qui invite à les dépareiller; l'emphase propose de porter un modèle au style fort; et pour finir la répétition réunit plusieurs fois le même modèle sur la même oreille. 

     

    Ce nouveau guide de style à la fois ludique et pratique, invite à réinventer le porté des boucles d'oreilles des collections de joaillerie Comète, Camélia, Ruban, Coco Crush et de Plume de Chanel dans différents styles, du plus discret au plus audacieux.

    Quand Gabrielle Chanel habillait le cinéma

    Des grands boulevards d’Hollywood aux décors intimistes de la Nouvelle Vague, les vêtements chic et épurés signés Gabrielle Chanel figurent parmi les premiers costumes couture du cinéma. Amie de Louis Malle, Alain Resnais ou Jean Renoir, la créatrice à l’origine de l’élégance à la française a su voir dans le septième art un vecteur exceptionnel de la mode. Retour sur cinq films dans lesquels on peut voir ses créations. 

    Kristen Stewart porte les bijoux Chanel dans “Café Society” de Woody Allen

    Partenaire officiel de l’Académie des César, la maison Chanel entretient une étroite relation avec le cinéma, et ce depuis ses débuts. Si Karl Lagerfeld lui-même a créé des collections spéciales que l’on peut voir dans les films de Woody Allen, Francis Ford Coppola, Pedro Almodovar, Franco Zeffirelli ou encore Olivier Assayas, c’est Gabrielle Chanel la première qui s’est intéressée au septième art. “C’est par le cinéma que peut être imposée la mode aujourd’hui” affirmait-elle dans La revue du cinéma en 1931. Au cours de sa carrière, elle habille les actrices les plus en vogue du cinéma français, et fait même quelques incursions à Hollywood, forgeant ainsi l’image particulièrement photogénique de sa maison de couture. Avec elle, le vêtement, sa coupe et ses matières deviennent des éléments cinématographiques essentiels à la composition d’un plan. 

    Gloria Swanson dans “Tonigt or Never” de Mervyn LeRoy.

    1. Tonight or Never : le style à la française rebiffe Hollywood

     

    Dès 1930, le producteur des United Artists Samuel Goldwyn propose à Gabrielle Chanel de venir habiller ses actrices. Ce projet inédit est l’occasion pour le magnat d’Hollywood de faire de ses stars des icônes de la mode. Sa collaboration avec Mademoiselle prend forme avec Tonight or Never (1931), où l’actrice Gloria Swanson porte des robes Chanel spécialement conçues pour le film. Si la créatrice française prend alors conscience du lien primordial qui unie couture et photogénie, les critiques n’apprécient pas son style épuré, le jugeant trop simple pour les comédiennes ardentes d’Hollywood. Chanel quitte alors le sol américain, mais sa carrière au cinéma est lancée. 

    Michèle Morgan dans “Le Quai des Brumes” de Marcel Carmé (1938)

    2. Le Quai des Brumes: Pas besoin de robe pour faire du cinéma!

     

    De retour en France, trois projets d’envergure l’attendent : elle doit habiller le personnage féminin du film de Marcel Carné, mais aussi collaborer avec Jean Renoir pour La Marseillaise (1938), La Bête Humaine (1938) et La Règle du Jeu (1939). Alors que Michèle Morgan fait appel à la créatrice pour Le Quai des Brumes, Gabrielle Chanel déclare : “Un film comme celui-là n’a pas besoin de robe ; un imperméable, un béret, voilà tout !”. La démarche féline de l’actrice, qui joue ici aux côtés de Jean Gabin, les mains dans les poches, est facilitée par la souplesse de l’imperméable, son regard rehaussé par le béret qui le surplombe. L’élégance dite masculine de Coco Chanel trouve ici sa parfaite incarnation, entre présence mystérieuse et pouvoir de séduction. 

    Jeanne Moreau dans “Ascenseur pour l'Echafaud” de Louis Malle (1958)

    3. L'Ascenseur pour l'échafaud ou les débuts de la Nouvelle Vague

     

    Ascenseur pour l’échafaud est la deuxième collaboration entre Louis Malle, Gabrielle Chanel et Jeanne Moreau. Après avoir réalisé Les Amants (1958), le trio signe un long-métrage aujourd’hui considéré comme un pionnier de la Nouvelle Vague. Le tailleur en tweed caractéristique de la maison Chanel, symbole de modernité, de mouvement et de libération de la femme, semble convenir parfaitement à la nouvelle esthétique du cinéma français. Sur les notes languissantes de Miles Davis –qui signe la bande-originale du film–, Jeanne Moreau défile dans les rues de Paris, sans nouvelle de son amant. En plus de marquer l’histoire du cinéma, le film scelle notamment l’amitié entre Gabrielle Chanel et l’actrice, dont on se rappelle encore aujourd’hui l’élégance, à l’écran comme à la ville.

    Delphine Seyrig dans “L'Année dernière à Marienbad” d'Alain Resnais (1961)

    4. L'Année dernière à Marienbad : Une nouvelle conception du costume de cinéma

     

    Pour son troisième long-métrage, Alain Resnais a demandé à la créatrice française de confectionner une garde robe évoquant à la fois l’esprit des stars de cinéma et les années 1920. Les robes portées par Delphine Seyrig dans le film sont fluides et délicates, amples, rappelant l’ivresse de l’époque d’après-guerre. Pour la première fois au cinéma, Gabrielle Chanel ne crée pas de costumes spécifiques pour le rôle, mais elle fait porter des pièces hautes coutures de ses propres collections. Une nouvelle conception du costume de cinéma est née. A l’avenir, le septième art devient le lieu privilégié d’exposition des plus grandes maisons de mode, et les comédiens arborent des pièces maîtresses de collections déjà existantes. 

    Romy Schneider dans “Boccaccio 70” de Frederico Fellini, Vittorio De Sica, Mario Monicelli et Luchino Visconti (1962)

    5. Boccacio 70 ou quand le vêtement symbolise l'émancipation 

     

    Constitué de plusieurs petites histoires réalisées par quatre cinéastes différents, Boccaccio 70 est un film hybride qui dresse une satire de la société italienne des années 1960. La fable de Visconti “Il Lavoro” (The Job), met en scène Romy Schneider, entièrement habillée par Gabrielle Chanel. Comme avec Jeanne Moreau, Anouk Aimée, Anna Karina et Delphine Seyrig, la créatrice se lie d’amitié avec la jeune comédienne et profite du film pour réinventer complètement son style. En instillant sacs, bijoux de perles, souliers et parfum n°5, l’histoire respire l’esprit libre de la maison française. Alors que le personnage incarné par Romy Schneider se défait petit à petit de l’emprise de son mari et se fraye un chemin vers une plus grande liberté de mouvement, il revêt les vêtements souples et fluides de Chanel. Les costumes portés à l’écran se font alors le miroir du cheminement intérieur de cette femme et viennent malicieusement briser l'image innocente de celle que l'on connaissait alors comme Sissi l'impératrice. En mélangeant style casual et élégance chic, Gabrielle Chanel a su donner de l’ampleur au personnage, scellant ainsi à jamais la relation passionnelle entretenue par la mode et le cinéma. 

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