Numero

216


Commandez-le
Numéro
22

La jeunesse de Chanel évoquée dans la collection haute couture printemps-été 2020

Fashion Week

Dans un jardin qui reproduit celui de l'abbaye d'Aubazine, la collection haute couture printemps-été de la maison Chanel convoque fraîcheur, grâce et jeunesse.

En 1895, alors âgée de 12 ans, Gabrielle Chanel entre à l’orphelinat de l’abbaye d’Aubazine en Corrèze : c’est dans ce milieu austère qu’elle apprend la couture. Si toute sa vie elle éludera ces six années passées là-bas, les robes noires et strictes et les uniformes des jeunes pensionnaires lui inspireront très probablement ses premières silhouettes qui firent scandale par leur sobriété, à contre-courant de la mode de l’époque chargée en ornementations et en couleurs.

 

Pour son second défilé haute couture pour la maison française, Virginie Viard s’est inspirée de ce pan méconnu de la jeunesse de Gabrielle Chanel. Le jardin - désormais en friche - de l’abbaye d’Aubazine devient le décor de ce défilé printemps-été 2020 qui, une fois de plus, fait l’éloge de la jeunesse. Ainsi, les dix-neuf premiers looks évoquent les tenues d’écolière : longueur au-dessus du genou ou cheville, des plis plats et des cols Claudine, du tweed ou du lainage, du blanc, gris et noir, quelques incursions de tulle et dentelle, des collants blancs, des bottines lacées ou des souliers à petits talons. Gigi Hadid, vêtue d'une longue robe noire boutonnée ouverte haut sur la cuisse, agrémentée d’un col et de poignets blancs à motifs au point de croix, conclut ce début de défilé.

 

Les vingt-huit looks suivants – majoritairement blancs à l’exception de trois silhouettes noires – suggèrent davantage la fraîcheur et la délicatesse, à l'aide de matières légères telles que le taffetas, le crêpe, la dentelle, ou de la soie parfois superposées. Le blanc, l’ivoire et le bleu ciel dominent ensuite, tandis que quelques motifs floraux s’invitent sur un tailleur ou un jupon. On y trouve des emprunts au kimono ou des références aux robes gitanes imaginées par Chanel dans les années 30, des col Berthe, Claudine encore, tablier, Mao ou montants, et bien sûr des fleurs, notamment brodées et floquées. La collection se poursuit avec treize silhouettes noires, qui conservent cependant la délicatesse et la légèreté des précédentes. 

 

Enfin, Rebecca Leigh Longendyke clôt ce show dans une robe de mariée, tradition haute couture préservée par Karl Lagerfeld : une création en crêpe georgette à triple col Claudine en tulle, agrémentée d’un voile brodé de branches de glycine par la maison Lemarié.

/62

Lire aussi

loading loading