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La success story de Tom Hardy, entre testostérone et sensibilité

Cinéma

Depuis ses débuts, Tom Hardy enchaîne les succès à une cadence stupéfiante. Retour sur la success story de l’acteur britannique en plein tournage de Venom, futur long-métrage des studios Marvel, dans lequel il tient le rôle titre.

Mad Max Fury Road de Georges Miller (2015)

Tom Hardy est l’incarnation d’un cinéma survitaminé, un condensé de caféine, de Red Bull et de testostérone. Brutal, féroce mais toujours juste, l’acteur britannique de 40 ans tourne pour les plus grands réalisateurs et illumine les œuvres qui ne font pas l’unanimité. Récemment, le cinéaste américain Ruben Fleischer l’a sollicité pour incarner Vénom, symbiote parasite ennemi de Spiderman. Ses personnages virils à l’épiderme en titane lui valent un succès retentissant. Tom Hardy multiplie les transformations physiques depuis le Bronson du Danois Nicolas Winding Refn (2008), il avait pris 50 kilos, volant la vedette à Jason Statham et Guy Pearce, tout deux pressentis pour le rôle. Tom Hardy y incarnait Michael Peterson, braqueur devenu Charles Bronson, masse de muscle mortelle détenue en cellule pour trente ans. Quelques années plus tard, il campe le charismatique Bane, antagoniste de Batman dans le troisième volet de la trilogie de Christopher Nolan. Il succède ainsi au regretté Heath Ledger qui livrait une prestation époustouflante en Joker dans le chapitre précédent. Le Goliath Tom Hardy prend 14 kilos pour le rôle, une mue semblable à celle qu’il effectuait dans Warrior (2011) drame sur fond d’art martial pour lequel il avait également changé d’apparence.

 

 

Outre Mad Max : Fury Road et Inception, son engagement aux côtés d’Alejandro Inarritu dans le western The Revenant paracheve son ascension hollywoodienne.

 

 

Mais l’acteur britannique n’est pas qu’une brute épaisse qui encaisse les coups, Tom Hardy se dédouble dans Legend et rend compte de son talent d’acteur sous la caméra de Brian Helgeland. Si la violence qui caractérisait ses rôles est omniprésente, son interprétation des jumeaux Kray, gangsters mythiques des années 1960, lui vaut mille louanges. Sa prestation déjantée est saluée mais le film ne fait pas consensus. Le public adoube définitivement Tom Hardy avec l’époustouflant Mad Max: Fury Road, road-trip apocalyptique aussi jouissif que nerveux. Approché pour incarner John Connor dans la suite de Terminator, il préfère arpenter le désert de long en large à 200 km/h épaulé par Charlize Theron, grimée en Furiosa. Le réalisateur du film, George Miller, justifiait son choix de casting en soulignant l’imprévisibilité du britannique capable d’être “accessible et en même temps mystérieux, dur et aussi vulnérable”. Honoré, l’acteur reprend le rôle de Mel Gibson et réinvente le personnage. Loin de galvauder sa réputation, le charismatique Tom Hardy ne se cantonne pas à un registre, il n’a pas toujours joué des poings.

Legend de Brian Helgeland (2015)

Issu du Drama Centre de Londres, l’acteur lance sa carrière sur les champs de bataille de la Seconde Guerre mondiale dans la série Frères d’armes produite par Steven Spielberg en 2001. Cet univers militaire semble lui coller à la peau puisqu’il poursuit l’expérience et intègre l’incroyable casting de La chute du faucon noir de Ridley Scott aux côtés d’Ewan Mcgregor, Eric Bana et Orlando Bloom. Dirigé par Sofia Coppola dans Marie-Antoinette (2006) ou Guy Ritchie dans RocknRolla (2008) il explose finalement en 2010 avec Inception, folie onirique de Christopher Nolan dans laquelle il incarne le faussaire Eames et donne la réplique à Leonardo Di Caprio. Outre Mad Max : Fury Road et Inception, son engagement aux côtés d’Alejandro Inarritu dans le western The Revenant paracheve son ascension hollywoodienne. Proposé à Sean Penn dans un premier temps, le rôle lui est finalement attribué. Tom Hardy abandonne le projet Suicide Squad et se lance dans l’adaptation du roman de Michael Punke avec Di Caprio. Au lendemain d’un tournage éreintant, The Revenant rate de peu l’Oscar du meilleur film derrière Spotlight.

 

 

La frénésie de son regard illustre à elle seule le talent d’un acteur hors pair

Bronson de Nicolas Winding Refn (2008)

Tom Hardy est à l’aise dans les salles obscures comme au petit écran. Si l’acteur fait l’unanimité en leader de gang juif dans Peaky Blinders,  il en est de même dans Taboo la série créée par Steven Knight, Tom Hardy et son père Edward. Dans un Londres victorien l’acteur campe James Keziah Delaney et s’inspire de Hannibal Lecter et de Sherlock Holmes. A bien des égards Tom Hardy semble captif de certains rôles stéréotypés, prisonnier d’une image de type bourru, brute décomplexée loin d’être subtile. Pourtant, la justesse de Tom Hardy lui permet d’en faire toujours davantage en incarnant ces colosses à la perfection. De Batman à Dunkerque en passant par Mad Max, Hardy est souvent masqué. La frénésie de son regard illustre à elle seule le talent d’un acteur hors pair qui pourrait encore surprendre.

Venom de Ruben Fleischer

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    Denis Villeneuve peut rêver plus grand, il pénètre dans la cour des réalisateurs confirmés auxquels les producteurs crieront “banco”.

    “Incendies”, Denis Villeneuve, 2011

    2. Le nouveau génie de la SF


    Denis Villeneuve plonge dans la science-fiction avec Premier Contact, échappé du roman de Ted Chiang et inspiré du célèbre long-métrage de Spielberg Rencontres du troisième type. “Je rêvais de réaliser un film de science-fiction depuis l’âge de 10 ans. C’est un genre extrêmement fort qui nous tend des outils permettant d’explorer notre réalité de manière très dynamique”, confie le réalisateur. Les films de Villeneuve brillent par leur réalisme et leur portée sociophilosophique. Pour garantir la précision des détails scientifiques, il s’entoure, dans Premier Contact, de consultants tels que Stephen et Christopher Wolfram, spécialistes des particules et des automates cellulaires. Si la transposition des œuvres littéraires sur grand écran pourrait lui être reprochée, il s’avère que le cinéaste n’a de cesse de sublimer ces dernières, du casting aux décors en passant par les bandes originales incroyables de son compositeur attitré Johann Johannsson. Le talent de Villeneuve réside surtout dans sa capacité à exploiter une lenteur “nécessaire”. Un développement de la psychologie des protagonistes par le silence...

     

     

    Je rêvais de réaliser un film de science-fiction depuis l’âge de 10 ans.”

    Denis Villeneuve sur le plateau de “Blade Runner 2049”

    3. Blade Runner 2049

     

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