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Le jour où le Festival de Cannes a créé la Palme Dog

Cinéma

Lors de la 54e édition du Festival de Cannes en 2001, les récompenses de ce rendez-vous majeur du cinéma s'allongent d'un nouveau prix : la Palme Dog, prix parodique créé afin de récompenser la meilleure performance canine du cinéma...

  • Kirsten Dunst et le Carlin Mops dans le “Marie-Antoinette” de Sofia Coppola (2006).

  • “Dogman” de Matteo Garrone. Crédit : Le Pacte

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En 2001, les réalisateurs Jennifer Jason Leigh et Alan Cumming sortent au cinéma le film The Anniversary Party, dont ils campent également les rôles principaux : ceux de Sally et Joe, un couple qui fête son sixième anniversaire de mariage. Dans leur immense villa sur les collines d’Hollywood, cette soirée mondaine réunit leurs amis, collègues et même leurs voisins. Mais au milieu de tous ces invités, un petit Shephard nommé Otis ne cesse d’aboyer, suscitant chez le couple des querelles récurrentes, avant de disparaître et de générer une inquiétude et une tension qui ne cesseront de croître tout au long de la soirée. Si aujourd’hui, The Anniversary Party n’est pas resté le film le plus célèbre du cinéma, ce chien central au scénario a pourtant marqué son histoire en devenant, l'année de sa sortie, le premier lauréat de la Palme Dog.

 

C’est au journaliste et critique de cinéma britannique Toby Rose que l’on doit l’invention de ce prix. Piochant parmi la sélection officielle mais également les deux sélections parallèles (Semaine de la critique et Quinzaine des réalisateurs) du Festival de Cannes, l’homme a souhaité en effet récompenser la meilleure performance canine sur grand écran. “Les chiens sont de vrais acteurs !, s’exclamera-t-il quelques années plus tard pour justifier son prix. Tout le monde devrait les respecter autant que les humains.” Et si la récompense a des airs de parodie, elle n’en devient pas moins officialisée par le festival : dès la première Palme Dog, chaque lauréat se voit en effet gratifié d’un collier de chien en cuir rouge, remis directement à lui ou à son propriétaire sur la plage du Grand Hôtel de Cannes. Ainsi, du Carlin de Marie-Antoinette dans le biopic signé Sofia Coppola (2006) au Pitbull de Brad Pitt dans le Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino (2019), en passant par les chiens errants du film d’animation Persepolis (2007) et tous ceux de Dogman de Matteo Garone (2018), la Palme Dog élit les acteurs canins de films salués par la critique. En 2003, elle est même décernée au chien du film Dogville de Lars von Trier, un personnage invisible dont la présence est seulement indiquée par un dessin au sol et quelques aboiements.

 

Près de deux décennies après sa création, la Palme Dog continue de récompenser les chiens les plus marquants du cinéma et s’est même associée au site Wamiz, un réseau consacré aux animaux de compagnie. En 2020, malgré l’absence de Festival de Cannes, le prix a tenu a fêter son vingtième anniversaire en choisissant parmi les précédents lauréats la “Palme Dog des Palme Dogs”. Celle-ci fut décernée à Uggie, le Jack Russell star du film The Artist de Michel Hazanavicius (2011).