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02 Avril

Comment le cinéma nous embarque dans des lieux insolites

 

Avec sa sélection pour le mois d'avril, la plateforme de streaming anglaise MUBI fait la part belle au cinéma s’invitant dans les lieux les plus improbables. De Alejandro Jodorowsky à Chris Marker, Numéro a choisi cinq films qui transportent leurs spectateurs dans les recoins les plus insolites de l'histoire du cinéma.  

Par Lolita Mang

La Montagne Sacrée, Alejandro Jodorowsky

1. La montagne sacrée, Alejandro Jodorowsky (1973)

 

Si la filmographie du cinéaste mexicain est des plus fantasques, La Montagne Sacrée en est sans nul doute son long-métrage le plus étrange. Il met en scène Alejandro Jodorowsky lui-même, dans la peau d’un alchimiste croisant la route d’un voleur vagabond, et d’autres personnages en quête d’immortalité, jalousement gardée par les neuf sages de la Montagne sacrée. Ensemble, ils entreprennent un pèlerinage vers ce lieu devenu iconique de l’histoire du cinéma. Quand le film fut présenté pour la première fois à Acapulco, on cria à la fois blasphème et génie et des pierres et des fleurs furent lancés. Avant de réaliser ce film, Alejandro Jodorowsky a passé une semaine sous la direction d’un maître zen. En résulte un film brut, une expérience sensorielle et fragile teintée de mysticisme.

 

Disponible dès le 16 avril. 

La Jetée, Chris Marker

2. La Jetée, Chris Markler (1962)

 

Après avoir écumé les hauteurs d’une montagne mystique, MUBI propose à ses spectateurs de se plonger dans les profondeurs de la mémoire, avec La Jetée. Film expérimental par excellence, celui-ci est en réalité – à l'exception d’un plan filmé – un diaporama en noir et blanc (un “photo-roman” selon le générique), commenté par un seul narrateur. Chris Marker entraîne son audience juste après la Troisième guerre mondiale dans les sous-sols angoissants du Palais de Chaillot, sous un Paris inhabitable et dévasté par la radioactivité. Le héros devient un cobaye des scientifiques, qui cherchent à l'envoyer dans le passé pour établir un corridor temporel afin de permettre aux hommes d'autres époques de transporter des vivres. Film sur la mémoire, les souvenirs et le sentiment de “déjà vu”, La Jetée emporte quiconque le regarde dans une dimension parallèle intriguante, sur fond de guerre nucléaire et de menace écologique.

 

Disponible dès le 26 avril. 

Le Pont du Nord, Jacques Rivette

3. Le Pont du Nord, Jacques Rivette (1981)

 

Parmi les lieux les plus insolites du cinéma, la rue peut parfois revêtir des formes étranges. Comme par exemple, lorsque l’actrice Bulle Ogier, claustrophobe, sort de prison, pour atterrir dans un Paris-Babylone, entre magie et magouilles de loubards. Filmé au début des années 80, Le Pont du Nord rend compte des transformations de la ville, entre l’essor de la publicité, des instruments de surveillance et du triomphe du capital sur une société désintégrée. Dans un entretien avec les Cahiers du Cinéma en 2016, la productrice Martine Marignac confiait à propos du film : “On était sept, on crapahutait dans Paris avec une caméra 16mm, comme des gamins de 18-20 ans qui font leur premier film avec trois bouts de ficelle, sans autorisations, rien”. Une forme d’amateurisme qui donne au long-métrage l’esprit Nouvelle Vague du début des années 60. En filmant un moment charnière de l’évolution urbaine parisienne, Jacques Rivette revient sur le devant de la scène, et Le Pont du Nord connaît un succès citrique inattendu. 

 

Disponible dès le 10 avril. 

Répertoire des villes disparues, Denis Côté

4. Répertoires des villes disparues, Denis Côté (2019)

 

Répertoire des villes disparues est un film canadien où le voile gris sur l’image donne aux bourgades filmées une atmosphère résolument mystérieuse. Le long-métrage de Denis Côté prend place à Irénée-les-Neiges, une bourgade perdue qui compte à peine 215 âmes. Soudain, un accident de la route coûte la vie d’un jeune homme et vient choquer les habitants des alentours. En cette période de deuil et de brouillard, quelque chose s’abat lentement sur la région et des inconnus commencent à apparaître… Film sur le deuil et le vivre ensemble, Répertoire des villes disparues installe d’entrée de jeu une aura d’étrangeté, qui ne fera que s’épaissir tout au long du récit. 

 

Disponible dès le 21 avril. 

Fitzcarraldo, Werner Herzog

5. Fitzcarraldo, Werner Herzog (1982)

 

Comment ne pas clôturer cette sélection de lieux insolites au cinéma, sans passer par Fitzcarraldo ? Réalisé par Werner Herzog et avec Claudia Cardinale et Klaus Kinski dans les rôles titres, le long-métrage suit les ambitions de Brian Sweeney Fitzgerald, dit Fitzcarraldo, alors qu’il souhaite installer plus grand opéra du monde en plein milieu de la forêt péruvienne. Film à la réalisation ambitieuse, voire démesurée, il est récompensé d’un prix de la mise en scène au Festival de Cannes de 1982. Avec son tournage difficile, le film met son équipe à l’épreuve de deux crashs d’avion, causant de nombreux blessés. L'équipe de tournage connait également deux des plus grosses pluies du siècle, et se trouve contrainte d'interrompre son travail. En outre, alors qu’un conflit oppose indiens et compagnies pétrolières, le campement est plusieurs fois envahi par des indigènes. Au lieu de réaliser son film en quelques mois, Werner Herzog met trois ans à le terminer. Des anecdotes qui font écho aux limites de la folie incarnée à merveille par un Klaus Kinski toujours aussi hallucinant, résolu à bâtir un gigantesque opéra au milieu de la forêt amazonienne.

 

Disponible dès le 13 avril. 

 

Tous les films cités sont à retrouver dans la sélection du mois d'avril de la plate-forme MUBI

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