Derrière un homme qui tue sa femme, il y a l'échec de toute une société”. Le féminicide est un sujet si dérangeant que l’on préfère souvent l’aborder comme une constante statistique : 121 femmes tuées par leur conjoint en 2018. 150 femmes tués par leur conjoint en 2019. Alors que ces meurtres sont souvent caractérisés à tort comme des faits divers ou des crimes passionnels, les mentalités évoluent peu à peu vers la déconstruction des clichés qui entourent (et entretiennent) leur permanence. Pour expliquer ce que ni la justice ni la police n’ont pu éclairer, le journal Le Monde a organisé, au sein de sa rédaction, une cellule d’investigation. Pendant une année entière, ses journalistes ont ainsi enquêté sur les meurtres de cinq femmes, tuées par leur conjoint. Diffusé mardi 2 juin sur France 2, le documentaire Féminicides, réalisé par Lorraine de Foucher, a présenté les conclusions de ce vaste travail de recherche.

 

Laetitia, Sylvia, Hélène, Marie-Alice et Ana sont toutes mortes prématurément, tuées par leur conjoint. Derrière les portraits de femmes battues circulent des préjugés récurrents, renforçant l’idée que chaque victime obéit aux mêmes lois, au même genre d’emprise. Mais en observant ces cinq destinées, on constate que l’emprise sait bien se dissimuler, les profils de l’homme violent son multiples : l’un d’entre eux avait déjà été condamné pour meurtre, l’autre usait de la manipulation et du chantage au suicide, un troisième avait exercé une violence psychologique sans coups physiques pendant le mariage. C’est par la voie du témoignage que Féminicides reconstitue l’histoire de ces cinq femmes. Les proches, restés endeuillés, mais aussi la police et la justice intervenues pour aider ces femmes, ainsi que les journalistes du Monde : tous sont interrogés et livrent leur analyse ou leurs souvenirs et décryptent un état de violence qui n’a pas été stoppé à temps.

 

Féminicides, de Lorraine de Foucher, disponible en replay sur le site de France 2.