Le 6 juin dernier, J.K. Rowling déclenchait une vague de protestations après avoir posté sur Twitter un message jugé transphobe. La célèbre autrice de la saga Harry Potter n’en est d’ailleurs pas à son premier post polémique sur le sujet. Depuis quelques années déjà, cette dernière enflamme régulièrement les réseaux en adressant son soutien à des personnalités ouvertement transphobes, s’attirant aussi bien les foudres d’activistes trans que le soutien de certaines féministes, plus ou moins radicales. Une controverse qui, une fois de plus, questionne les droits des personnes transgenres et remet en cause leur place dans la société.

 

La parole aux personnes trans

 

Avec la diffusion prochaine de DisclosureNetflix arrive donc à point nommé dans le débat. Réalisé par Sam Feder – cinéaste queer américain –, le documentaire qui a ouvert le Festival Sundance cette année, s’intéresse à la représentation de la transidentité au cinéma. Existe-t-il beaucoup d’acteurs et d’actrices transgenres à Hollywood ? Quelle image de la transidentité est visible dans les films ? Autant de questions jusqu’alors très peu abordées dans l’industrie cinématographique et qui, alors que de plus en plus de films et de séries incluent des personnages trans, sont plus que nécessaires.

 

En donnant la parole à des personnalités transgenres liées à l’industrie cinématographique, Sam Feder agit en tant que véritable pionnier. Car Disclosure est le premier documentaire à faire la lumière sur le sujet. Parmi les protagonistes, on retrouve notamment Laverne Cox – actrice trans révélée en 2013 par la série Orange is The New Black, devenue depuis une figure de proue de la communauté LGBT –, Lilly Wachowski – réalisatrice et productrice, notamment connue pour avoir produit la saga Matrix –, Yance Ford – premier réalisateur trans à avoir été nommé aux Oscars –, Mj Rodriguez (Luke Cage, Pose), Jamie Clayton (The Neon Demon, Designated Survivor) ou encore l’acteur, chanteur et activiste Chaz Bono (American Horror Story). Car qui de mieux pour parler de transidentité que des personnes directement concernées ?

 

Mais si le film est particulièrement enthousiasmant, c’est qu’il promet non seulement de faire la lumière sur un sujet encore tabou, mais aussi de creuser la question de la construction du genre au cinéma. De Dog Day Afternoon (1976) à la récente série Pose (2018), en passant par Boys Don’t Cry (1999), A Florida Enchantment (1914) ou encore The Crying Game (1992), Disclosure passe en revue un siècle de cinéma sous un œil nouveau, déconstruisant les stéréotypes et les violences systémiques dont souffre encore aujourd’hui la communauté transgenre. Un film essentiel qui, on l’espère, participera à faire évoluer les mentalités et à inclure davantage les personnes trans dans le milieu clôt du cinéma.

 

Disclosure (2020), de Sam Feder. Disponible le 19 juin sur Netflix.