1958. Vertigo, le chef d’oeuvre d’Alfred Hitchcock, sort sur les écrans, et assoie la réputation du maître du suspense. Quelque part, dans le quartier de Midtown, à New York, un jeune homme de 18 ans pousse les portes du Radio City Music Hall. Cet adolescent, c’est Brian de Palma, et la rencontre qu’il vient de faire changera toute sa vie, et influencera tous les films qu’il s’apprête à réaliser. Il se souvient de ce moment fondateur face caméra, alors que son ami, le cinéaste Noah Baumbach le cuisine sur ces motifs hitchcockiens qui traversent son cinéma, de Carrie à Scarface.

 

Sorti en 2015, De Palma est un documentaire, ou plutôt, un film-entretien d’un peu moins de deux heures. Réalisé par Noah Baumbach et Jake Paltrow, il met en scène l’un des monstres sacrés du cinéma américain face à la caméra, en plan moyen, alors qu’il décortique un à un chacun de ses films, des plus grands succès aux échecs assumés. L’interview est accompagnée de plusieurs vidéos d’archive, ainsi que de nombreuses anecdotes, telles que la première audition de Robert De Niro pour Greetings, sorti en 1968. En outre, Brian de Palma y adopte une posture humble plutôt surprenante. Lui-même confie ne pas réaliser d’aussi bons films que par le passé. Sereinement, le cinéaste explique que tous les réalisateurs, passés la cinquantaine, connaissent une phrase de déclin. Pour appuyer sa théorie, il cite, sans surprise, Alfred Hitchcock, son véritable maître à penser. “Le risque, en travaillant avec le système hollywoodien, est de se perdre” ajoute-t-il presque tristement.

 

Produit par A24, le documentaire avait été présenté hors compétition lors de la 72e édition du Festival du film de Venise, où il avait reçu un bel accueil critique. Le 12 juin prochain, il sortira pour la première fois en vidéo à la demande.

 

De Palma, disponible à partir du 12 juin en vidéo à la demande.