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L’œil de Jean de Loisy

 

Le président du Palais de Tokyo confie son admiration pour une œuvre de Julien Prévieux, lauréat du prix Marcel Duchamp 2014 et l’un des invités du festival Do Disturb, jusqu’au 12 avril au sein de l’institution

Avec son projet Shall We Do Next?, à la fois film court et performance, Julien Prévieux demandait à ses acteurs de reproduire des gestes liés aux usages des outils de notre monde contemporain. Jean de Loisy, président du Palais de Tokyo, nous explique en quoi son travail est important alors que l’artiste est invité par l’institution dans le cadre du festival Do Disturb, jusqu’au 12 avril.

Julien Prévieux

What Shall We Do Next? (Séquence #2) [2014]

Vidéo HD (photogramme), 16 min 47 s.

Courtesy galerie Jousse Entreprise

Tout m’intéresse dans le travail de Julien Prévieux. D’abord cette idée qu’un certain nombre de gestes nous sont imposés par les nouvelles technologies et qu’ils entrent ainsi en compétition avec des gestes naturels. Shall We Do Next? nous invite, d’une certaine manière, à se les réapproprier. Or, ce qu’explique très bien Julien Prévieux, c’est que ces gestes mêmes – comme le ‘‘glisser pour déverrouiller’’ sur un Smartphone, ou le geste synchronisé de deux doigts pour agrandir une image - font l’objet de grandes batailles juridiques aux États-Unis afin d’être brevetés et d’appartenir à une entreprise ! Cet effort des entreprises pour breveter des gestes humains me rappelle le pillage des savoirs des Indiens d'Amazonie par les firmes pharmaceutiques. Il y a bien sûr une stratégie très compréhensible des industriels d'être les premiers à déposer juridiquement un certain nombre de gestes, mais en même temps, cela entraîne une dépossession de l'humain par lui-même qui est extraordinaire.

 

Une autre caractéristique de l’œuvre de Julien Prévieux est qu’elle entre dans un système de résistance à la matérialité de la création artistique. Sa performance, par essence, échappe totalement au mercantilisme, au marché de l'art, au monde matériel, à l'objet. Ce n’est pas seulement une exploration de soi et de son corps - ce à quoi on réduit trop souvent la performance - c'est aussi un acte de résistance. Le rôle d'un espace expérimental comme le Palais de Tokyo est d'aller le plus loin possible dans ce genre de situations et d’expériences qui sont autant de traversées des périls. Et qui nous laissent parfois désarmés. J’espère que c’est ce à quoi nous arriverons avec le festival Do Disturb, qui vise à créer la surprise avec des concerts, des performances, des projections… Nous sommes tous des petites poupées agitées, et c'est agréable quand nous le sommes grâce aux artistes.

 

Do Disturb, Palais de Tokyo, Paris, jusqu'au 12 avril. 

Le jour où Brad Pitt a tenté de devenir architecte
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Le jour où Brad Pitt a tenté de devenir architecte

Architecture Si l’on connaît Brad Pitt pour sa carrière hollywoodienne prestigieuse (“Seven”, “Fight Club”, “Troie”, “Inglourious Basterds”…), encore récompensée en 2020 par un Oscar du meilleur second rôle pour le film “Once Upon a Time... in Hollywood” de Quentin Tarantino, on connaît beaucoup moins la passion de l'acteur américain pour l’architecture et ses incursions dans ce domaine. Retour sur une tentative de carrière semée d’embûches, démarrée aux côtés du célèbre architecte Frank Gehry. Si l’on connaît Brad Pitt pour sa carrière hollywoodienne prestigieuse (“Seven”, “Fight Club”, “Troie”, “Inglourious Basterds”…), encore récompensée en 2020 par un Oscar du meilleur second rôle pour le film “Once Upon a Time... in Hollywood” de Quentin Tarantino, on connaît beaucoup moins la passion de l'acteur américain pour l’architecture et ses incursions dans ce domaine. Retour sur une tentative de carrière semée d’embûches, démarrée aux côtés du célèbre architecte Frank Gehry.

Quand les artistes contemporains interrogent la condition humaine à Venise
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Numéro art Juqu'au 13 décembre, la Collection Pinault accueille entre les murs de la Point de la Douane à Venise le travail de non moins de 69 artistes contemporains, sélectionné avec attention par un trio de commissaires dont fait partie le sculpteur Thomas Houseago. Vibrantes d’humanité et parfois provocantes, les œuvres choisies poussent l’art hors de sa zone de confort. Et font vaciller ses partis pris. Juqu'au 13 décembre, la Collection Pinault accueille entre les murs de la Point de la Douane à Venise le travail de non moins de 69 artistes contemporains, sélectionné avec attention par un trio de commissaires dont fait partie le sculpteur Thomas Houseago. Vibrantes d’humanité et parfois provocantes, les œuvres choisies poussent l’art hors de sa zone de confort. Et font vaciller ses partis pris.

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Le jour où une œuvre de Damien Hirst a fini à la poubelle
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Numéro art Connu pour ses sculptures et installations provocantes et kitsch parcourant volontiers les thèmes de la mort, la science ou encore la religion, Damien Hirst est aujourd'hui l'un des artistes contemporains les plus célèbres et les plus chers du marché. Un statut qui n'a pas empêché à l'artiste britannique de voir, en 2001, l'une de ses œuvres jetée par erreur à la poubelle.  Connu pour ses sculptures et installations provocantes et kitsch parcourant volontiers les thèmes de la mort, la science ou encore la religion, Damien Hirst est aujourd'hui l'un des artistes contemporains les plus célèbres et les plus chers du marché. Un statut qui n'a pas empêché à l'artiste britannique de voir, en 2001, l'une de ses œuvres jetée par erreur à la poubelle. 

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