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Art diary

 

Grandeur et décadence du milieu de l'art

Chronique d'un reporter infiltré. De Paris à New York.

Richard Prince n’était pas présent à son vernissage à Paris chez Almine Rech, sa maman était malade et il est rentré à New York. C’est triste. Les œuvres étaient annoncées à 700 000 dollars chacune. C’est cher.

 

Jeff Koons, lui, voyageait avec sa famille au complet pour sa rétrospective au Centre Pompidou. Il a au moins six enfants, une femme, des nounous, des amis, des oncles, des tantes, des cousins, des cousines, etc., et il a aussi une maman sur une chaise roulante à qui il demandait, en passant devant ses premières oeuvres qui ressemblaient à du plastique gonflable : “Hey Mam, do you remember when I did this?”(c’était à la fin des années 70). On n’avait pas vu depuis longtemps un essaim aussi dense de photographes people à un vernissage. C’était familial et glamour.

 

À Berne se situe l’une des plus anciennes Kunsthallen de la récente histoire de l’art contemporain (et l’une des meilleures également). Son directeur, Fabrice Stroun, s’est fait évincer par le comptable qui a décidé de se mêler de ce qui ne le regardait pas, à savoir juger une direction artistique. Fabrice Stroun ne pourra même pas terminer les expositions qu’il avait programmées. C’est bête.

 

À Bottrop, au vernissage de Wade Guyton, il n’y avait aucun photographe. Bottrop ? Une petite ville provinciale à 45 minutes de Cologne. La Galerie GiselaCapitain avait invité une douzaine de personnes à visiter le musée Josef-Albers qui a sollicité l’artiste pour réinstaller sa collection permanente et aussi produire de nouvelles oeuvres au sein même de cette dernière. La visite avait un petit air de “comment c’était l’art contemporain avant”. C’était vraiment bien.

 

À New York, dans son immense atelier de Brooklyn, le même Wade Guyton a convié John Armleder à concevoir des toiles. Gigantesques elles-mêmes, elles inaugurent une palette de couleurs iridescentes. Armleder est en forme : il en a tant produit qu’il n’y avait pas assez de place pour les accrocher (c’est pourtant l’un des plus grands ateliers qu’il m’ait été donné de visiter). L’artiste les a donc empilées les unes sur les autres. Le vernissage a eu lieu pendant la semaine des grandes ventes aux enchères new-yorkaises, lors de laquelle la succession des dîners de gala payants et fundraising chics pour institutions en tout genre est à son plus haut niveau d’activité. Chez Wade, il n’y avait que des amis, un camion pizza devant l’atelier, et les tables étaient dressées sur des tréteaux. C’était gratuit.

 

Paris Photo : j’ai beaucoup ri à la critique de mon confrère Éric Troncy sur l’exposition de Mapplethorpe pour laquelle Isabelle Huppert s’est improvisée “curator” à la Galerie Thaddaeus Ropac. “J’espère qu’elle ne se sentira pas aussi légitime pour faire des opérations à coeur ouvert si un jour j’en ai besoin…” Il faut dire qu’en le rendant tellement convenable et si peu sexuel, l’actrice avait comme désactivé l’artiste. Ça, c’était un peu triste et cul-bénit.

 

La galerie Balice Hertling, elle, a exposé Olivier Zahm sans désactiver la charge érotique de ses photographies. Sa femme, très enceinte, trône nue sur un fauteuil, en hauts talons, les jambes ouvertes, dans un magnifique cliché accueillant les visiteurs à Belleville. C’était cool.

 

Chez Ropac encore, mais cette fois-ci à Pantin, Sylvie Fleury – que l’on n’avait plus vue à Paris depuis près de cinq ans – imaginait une performance dans laquelle des actrices produisaient des sons à partir de leurs gestes transmis par des capteurs à un ordinateur programmé par l’Ircam, l’Institut de recherche et de coordination acoustique-musique. On voyait Loïe Fuller danser dans une sorte de transe, une femme fatale qui se séchait les cheveux, mais c’est la joggeuse que tout le monde adorait. En justaucorps trèseightieselle sautait sur un step que Jane Fonda avait commercialisé dans les années 80. Fleury ne cachait pas sa joie de finalement l’avoir reçu, car eBay l’avait d’abord envoyé au Swaziland, en pensant que c’était la même chose que Switzerland. C’était expérimental.

 

Par Nicolas Trembley, photo Jessica Craig-Martin

Le jour où Brad Pitt a tenté de devenir architecte
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Le jour où Brad Pitt a tenté de devenir architecte

Architecture Si l’on connaît Brad Pitt pour sa carrière hollywoodienne prestigieuse (“Seven”, “Fight Club”, “Troie”, “Inglourious Basterds”…), encore récompensée en 2020 par un Oscar du meilleur second rôle pour le film “Once Upon a Time... in Hollywood” de Quentin Tarantino, on connaît beaucoup moins la passion de l'acteur américain pour l’architecture et ses incursions dans ce domaine. Retour sur une tentative de carrière semée d’embûches, démarrée aux côtés du célèbre architecte Frank Gehry. Si l’on connaît Brad Pitt pour sa carrière hollywoodienne prestigieuse (“Seven”, “Fight Club”, “Troie”, “Inglourious Basterds”…), encore récompensée en 2020 par un Oscar du meilleur second rôle pour le film “Once Upon a Time... in Hollywood” de Quentin Tarantino, on connaît beaucoup moins la passion de l'acteur américain pour l’architecture et ses incursions dans ce domaine. Retour sur une tentative de carrière semée d’embûches, démarrée aux côtés du célèbre architecte Frank Gehry.

Quand les artistes contemporains interrogent la condition humaine à Venise
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Quand les artistes contemporains interrogent la condition humaine à Venise

Numéro art Juqu'au 13 décembre, la Collection Pinault accueille entre les murs de la Point de la Douane à Venise le travail de non moins de 69 artistes contemporains, sélectionné avec attention par un trio de commissaires dont fait partie le sculpteur Thomas Houseago. Vibrantes d’humanité et parfois provocantes, les œuvres choisies poussent l’art hors de sa zone de confort. Et font vaciller ses partis pris. Juqu'au 13 décembre, la Collection Pinault accueille entre les murs de la Point de la Douane à Venise le travail de non moins de 69 artistes contemporains, sélectionné avec attention par un trio de commissaires dont fait partie le sculpteur Thomas Houseago. Vibrantes d’humanité et parfois provocantes, les œuvres choisies poussent l’art hors de sa zone de confort. Et font vaciller ses partis pris.

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Le jour où une œuvre de Damien Hirst a fini à la poubelle
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Le jour où une œuvre de Damien Hirst a fini à la poubelle

Numéro art Connu pour ses sculptures et installations provocantes et kitsch parcourant volontiers les thèmes de la mort, la science ou encore la religion, Damien Hirst est aujourd'hui l'un des artistes contemporains les plus célèbres et les plus chers du marché. Un statut qui n'a pas empêché à l'artiste britannique de voir, en 2001, l'une de ses œuvres jetée par erreur à la poubelle.  Connu pour ses sculptures et installations provocantes et kitsch parcourant volontiers les thèmes de la mort, la science ou encore la religion, Damien Hirst est aujourd'hui l'un des artistes contemporains les plus célèbres et les plus chers du marché. Un statut qui n'a pas empêché à l'artiste britannique de voir, en 2001, l'une de ses œuvres jetée par erreur à la poubelle. 

Comment l'artiste Yasmina Benabderrahmane explore ses racines au Bal
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Comment l'artiste Yasmina Benabderrahmane explore ses racines au Bal

Numéro art Pendant sept ans, l'artiste française d'origine marocaine Yasmina Benabderrahmane a déroulé au Maroc le fil d'un récit intime d'un territoire et d'une histoire qu'elle n'a que très peu connu. Jusqu'au 23 août, ses vidéos déploient dans l'espace du Bal un regard sensible et sensoriel sur le quotidien des membre de sa famille mais aussi les traditions qui habitent toujours un pays qu'elle tente d'apprivoiser. Pendant sept ans, l'artiste française d'origine marocaine Yasmina Benabderrahmane a déroulé au Maroc le fil d'un récit intime d'un territoire et d'une histoire qu'elle n'a que très peu connu. Jusqu'au 23 août, ses vidéos déploient dans l'espace du Bal un regard sensible et sensoriel sur le quotidien des membre de sa famille mais aussi les traditions qui habitent toujours un pays qu'elle tente d'apprivoiser.

De Nan Goldin à Cy Twombly, les artistes disent l'intime à la Collection Lambert
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Les monstres de David Altmejd se décuplent à la galerie White Cube
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