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Qui est vraiment Michael B. Jordan, l’acteur de Sinners sacré aux Oscars 2026 ?
À 39 ans, Michael B. Jordan a déjà derrière lui une belle carrière, de Creed à Black Panther en passant par The Wire. Mais avec sa double performance dans la peau de jumeaux dans le blockbuster Sinners, le comédien a remporté l’Oscar du meilleur acteur face à Timothée Chalamet lors de la cérémonie qui s’est tenue dans la nuit du 15 au 16 mars 2026.
par La rédaction,
et Violaine Schütz.
Publié le 14 avril 2025. Modifié le 16 mars 2026.
Plus qu’un simple homonyme du célèbre basketteur, le comédien, réalisateur et producteur américain Michael B. Jordan s’est taillé une place de choix dans le cinéma américain. Ce dimanche 15 mars 2026, à l’occasion de la 98e cérémonie des Oscars, il a décroché l’Oscar du meilleur acteur face à Timothée Chalamet (bluffant dans Marty Supreme). Il devient ainsi le sixième acteur noir de l’histoire des Oscars à repartir avec cette statuette. On pouvait voir un signe dans le B de son nom. Ce dernier est l’initiale de Bakari, un prénom qui signifie “noble promesse” ou “celui qui réussira” en swahili. C’est ce prénom que lui donnaient ses parents avant sa réussite à Hollywood.
Michael B. Jordan remporte l’Oscar du meilleur acteur pour Sinners
Michael B. Jordan était nommé pour sa performance stupéfiante dans le film Sinners, projet signé Ryan Coogler (Black Panther), dont il est l’un des comédiens fétiches. L’acteur âgé de 39 ans se dédouble puisqu’il incarne les rôles d’Elijah et Elias, des frères jumeaux au passé trouble qui se retrouvent confrontés à des forces obscures lorsqu’ils reviennent dans leur ville natale… À l’issue de la cérémonie, le long-métrage a remporté quatre statuettes (dont celle de meilleur scénario original, meilleure photographie et meilleure musique originale).
Dans le dossier de presse du film, l’acteur explique avoir beaucoup travaillé avec sa répétitrice Beth McGuire pour peaufiner les gestes, les postures et l’attitude des deux frangins : « Les deux frères se tenaient chacun différemment, ils n’avaient pas exactement la même démarche, et ils n’avaient pas non plus exactement les mêmes traumatismes. M’approprier toute leur gestuelle m’a vraiment permis de me sentir à l’aise pour jouer les deux rôles. »

Situé dans l’Amérique de la Prohibition, Sinners a été un succès critique et public. Il a battu le record de nominations aux Oscars pour un long-métrage, avec seize citations. À la fois film de vampires à l’intrigue bien ficelée, projet horrifique et ode au blues des années 20, Sinners avait obtenu à sa sortie la note de 100% sur le site Rotten Tomatoes qui agrège les critiques des différents médias.
Au sujet de ce projet, Ryan Coogler explique dans un dossier de presse : « Sinners est ma manière de témoigner de tout ce que j’aime dans l’expérience de la salle de cinéma, en tant que cinéphile, et plus encore de l’expérience collective de la salle. Et ce film a été conçu pour être vu avec une foule d’inconnus autour de soi. »

Des débuts dans le mannequinat
Si Sinners reste le plus gros coup de maître de l’acteur à ce jour, il n’en est pas à son premier coup d’éclat. Avant que son patronyme ne soit bankable, Michael B. Jordan a commencé par le mannequinat, comme de nombreux comédiens de la scène hollywoodienne (Eddie Redmayne, Colin Farrell, Channing Tatum…). Égérie de l’enseigne de jouets Toy “R” Us et des labels de vêtements et de sport Kmart et Modell’s, le jeune Michael Bakari Jordan enchaîne les castings avant de décrocher des rôles, enfant, dans les séries Cosby Show et Les Soprano.
Plus tard, le jeune comédien devient le roi des séries policières : plusieurs apparitions dans FBI : Portés Disparus, Cold Case : affaires classées ou encore Les Experts. Mais c’est avec la comédie dramatique The Parenthood, inspirée du film du même nom qu’il décroche son premier rôle récurrent, avant d’intervenir en tant que guest dans la série Dr House en 2012. Il a aussi eu des rôles dans le soap All my children et les séries The Wire (il y joue un ado dealer) et Friday Night Lights.
Tout sauf un nepo baby
L’acteur est tout sauf un nepo baby. Sa mère est conseillère d’orientation au lycée, son père traiteur. Cadet de la famille, Michael B. Jordan vivait encore chez ses parents à Sherman Oaks (Los Angeles) alors qu’elle avait déjà tourné de nombreux films. Dans l’émission d’Ellen DeGeneres, en 2018, l’acteur s’est confié sur cette cohabitation – parfois gênante – notamment en cas “d’aller-retour à la cuisine en pleine nuit lorsqu’il est nu…”…
Pourtant l’acteur a le budget pour une grande maison puisqu’il se hisse vite au premier plan à Hollywood. Dans le remake des 4 Fantastiques (2015), Michael B. Jordan campe le rôle de Johnny Storm (la Torche Humaine). Un choix du réalisateur Josh Trank qui avait suscité de nombreux commentaires racistes à l’époque puisque, dans la bande dessinée d’origine, le personnage est blanc. Chris Evans, devenu Captain America des franchises Marvel, l’avait incarné en 2005.
Une polémique à laquelle Stan Lee, scénariste de bande dessinée, éditeur et producteur américain de comics, avait répondu avec bienveillance dans une interview accordée à Entertainment Weekly : “Je pense qu’ils vont adorer ce personnage. Je ne suis vraiment pas inquiet à ce propos. J’ai toujours essayé de faire en sorte que ces groupes reflètent la diversité autant que possible, car le monde est comme ça.”
La star de Black Panther et Creed
Avant de camper le rôle d’Erik Killmonger, ennemi charismatique de Black Panther dans le blockbuster du même nom en 2018, l’acteur révélait toute sa puissance avec le rôle d’Adonis Creed – fils du boxeur Apollo Creed – entraîné par Rocky Balboa (Sylvester Stallone) dans la saga Creed qui démarrait en 2016. Il réalisera même Creed 3 : La Relève de Rocky Balboa (2023).
Suite au succès des premiers Creed, un Creed IV est attendu pour 2030. Pour incarner Erik Killmonger dans Black Panther, l’acteur a alterné les séances de sprint et d’haltérophilie. Une préparation idéale pour Creed II où il apparaît en boxeur “bodybuildé” aux côtés de Sylvester Stallone.

Un acteur engagé… mais aux propos controversés
Côté vie privée, Michael B. Jordan reste un mystère puisqu’il s’expose peu. Cependant, lors de la Women’s March organisée à Washington le 21 janvier 2017, l’acteur de Creed s’est servi de son compte Instagram pour défendre les droits des femmes. Il a notamment publié une image de trois poings de femme, levés vers le ciel. : “C’est très inspirant de voir toutes les femmes aux quatre coins du monde se supporter et marcher solidairement. Vos voix et vos forces doivent continuer de soulever des montagnes. Nous continuerons ensemble de nous battre pour ces droits.”
Mais cette prise de parole engagée s’est récemment retrouvée éclipsée par une autre intervention de l’acteur. En effet, Michael B. Jordan s’est récemment exprimé dans les colonnes du GQ américain à propos de son lien avec le comédien Jonathan Majors. Devenus amis pendant le tournage du film Creed 3 (2023), les deux acteurs devaient se retrouver au générique de Sinners. Mais quelques mois plus tard, Jonathan Majors est reconnu coupable d’agression et de harcèlement sur son ancienne compagne Grace Jabbari.
Devenu persona non grata à Hollywood à la suite de cette condamnation, Jonathan Majors perd la quasi-totalité de ses rôles. Pour la première fois depuis ces faits, Michael B. Jordan a pris la parole à ce sujet : “Il va très bien, il vient de se fiancer. Je suis fier de sa résilience, de sa force à travers tout cela, et la façon dont il l’a géré. Je suis heureux qu’il aille bien. C’est mon gars.” Un commentaire qui n’a pas été bien reçu par la toile.
Sinners (2025) de Ryan Coogler, actuellement au cinéma.