16 juil 2026

In Waves, Arco, Flow… 5 films d’animation français à (re)découvrir cet été

Longtemps considéré comme un genre réservé aux plus jeunes, le cinéma d’animation se révèle être, en réalité, l’un des espaces de création les plus inventifs du septième art. Portée par des studios d’excellence et des auteurs reconnus dans le monde entier, la France s’est affirmée comme un acteur majeur du secteur. De Flow à Arco, en passant par In Waves, Amélie et la Métaphysique des tubes ou l’incontournable Azur et Asmar, voici cinq films d’animation qui témoignent du rayonnement et de la diversité de l’animation francophone.

  • par Ambra Flora.

  • Le cinéma d’animation en France, un art rayonnant

    In Waves, Jim Queen, Arco ou encore Amélie et la Métaphysique des tubes… le cinéma d’animation connaît ces dernières années un véritable regain de popularité. Longtemps cantonné au divertissement jeunesse, il est désormais reconnu comme un art à part entière, au même titre que la bande dessinée ou le manga, capable de s’adresser aussi bien aux enfants qu’aux adultes. 

    Si le Japon reste la référence historique du cinéma d’animation, grâce à son avance technologique et à l’influence d’entreprises légendaires comme celle des studios Ghibli, la France s’est progressivement imposée comme l’autre grand pôle créatif du secteur. Portée par des écoles d’excellence telles que les Gobelins, l’École Méliès ou La Poudrière, et par près de 120 studios, la France est aujourd’hui la première puissance européenne de l’animation.

    À l’heure où l’essor des images générées par l’intelligence artificielle suscite de nombreuses inquiétudes, l’animation apparaît plus que jamais comme un espace de création nécessaire. Les animateurs continuent de défendre des visions d’auteur, de porter des récits engagés et d’explorer les grandes questions de notre époque. Voici donc notre sélection des films d’animations français à (re)découvrir.


    La bande-annonce du film In Waves (2026).

    In Waves, une histoire vraie adaptée en BD, puis en film d’animation

    En animation, l’un des éléments les plus difficiles à représenter est l’eau, en raison de ses mouvements, ses variations, ses vagues. Avec In Waves, la réalisatrice franco-vietnamienne Phuong Mai Nguyen, diplômée des Gobelins et de La Poudrière, relève brillamment ce défi. Adapté du roman graphique autobiographique d’AJ Dungo, paru en 2019 chez Casterman, le film restitue avec une grande finesse la beauté de l’océan tout en racontant une histoire aussi lumineuse que déchirante. Le livre, déjà bouleversant, rendait hommage à la culture hawaïenne et à Kristen son héroïne.

    Le film suit ainsi AJ, un adolescent discret de Los Angeles des années 2000, passionné de skateboard et de dessin. Sa vie bascule lorsqu’il rencontre Kristen, une jeune femme solaire, drôle et passionnée de surf. Elle l’initie autant aux vagues qu’à l’amour. Mais leur bonheur est brutalement interrompu lorsque Kristen apprend qu’elle est atteinte d’un cancer. Entourés de leurs proches, les deux jeunes gens affrontent alors l’épreuve de la maladie avec une résilience et une tendresse bouleversantes. 

    Porté par les voix sensibles de Lyna Khoudri et Rio Vega, le long-métrage bénéficie également d’une superbe bande-originale signée Oklou et Rob (Robin Coudert), dont les vibrations électroniques et les mélodies aériennes accompagnent parfaitement les mouvements des vagues, comme les émotions des personnages. Un film d’animation d’une beauté rare, à voir absolument.

    In Waves (2026) de Phuong Mai Nguyen, actuellement au cinéma.


    La bande-annonce du film Arco (2025).

    Arco, le César 2026 du meilleur film d’animation et de la meilleure musique originale

    Avec Arco (2025), Ugo Bienvenu renouvelle la magie du cinéma d’animation en nous entraînant dans un univers onirique aux accents “miyazakiens”, où la nature, la faune et la flore deviennent des personnages à part entière, participant pleinement à l’aventure et à l’émotion du récit. Adapté de son propre univers graphique, le film confirme le talent du dessinateur et réalisateur, passé par l’école Estienne, les Gobelins, les Arts décoratifs et le California Institute of the Arts. Couronné du Cristal du long métrage à Annecy en 2025 (plus haute distinction), puis du César 2026 du meilleur film d’animation et de la meilleure musique originaleArco a également bénéficié du soutien de Natalie Portman, productrice du projet, qui a contribué à sa concrétisation.

    Dans ce film, on suit Arco, un enfant vivant en 2075 dans un monde futuriste où il rêve, comme tous les enfants, de grandir plus vite. Fasciné par les combinaisons arc-en-ciel permettant de voyager dans les airs et à travers le temps, il décide d’emprunter celle de sa grande sœur. Mais son premier voyage tourne mal. Perdu dans le passé, il se retrouve loin des siens et doit apprendre à survivre dans un monde qu’il ne connaît pas. Derrière son esthétique flamboyante et son imaginaire foisonnant, Arco est avant tout un magnifique récit sur l’amitié, l’entraide et la transmission. Un film humaniste sur l’écologie qui redonne espoir.

    Arco (2025) de Ugo Bienvenu, disponible sur Canal VOD.


    La bande-annonce du film Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau (2025).

    Flow le chat qui avait peur de l’eau, l’Oscar 2025 du meilleur film d’animation

    Les films d’animation véhiculent de plus en plus de messages politiques de manière subtile. Dans la même veine qu’Arco et son propos écologique, le film Flow (2025) de Gints Zilbalodis, puise son univers dans des décors naturels saisissants. Bien que son réalisateur soit originaire de Lettonie, le film est le fruit d’une collaboration entre des studios français, belges et lettons. Flow a notamment été récompensé par le César et l’Oscar du meilleur film d’animation en 2025.

    Entièrement muet, le film repose sur la force de ses images, de sa musique et de ses bruitages. Nul besoin de dialogues pour être ému par le périple de Flow, ce petit chat noir qui a peur de l’eau. Une crainte qu’il se voit contraint de surmonter lorsqu’une gigantesque inondation recouvre la surface de la Terre. Reprenant le récit de l’Arche de Noé, mais sans Noé, Flow met en scène un monde dans lequel seuls les animaux cohabitent. Dans cet univers post-apocalyptique, la nature a ainsi repris ses droits au milieu des vestiges d’une mystérieuse civilisation.

    Flow le chat qui avait peur de l’eau (2025) de Gints Zilbaloids, disponible en VOD sur Canal+.


    La bande-annonce du film Amélie et la métaphysique des tubes (2025).

    Amélie et la métaphysique des tubes adaptée du roman d’Amélie Nothomb

    À l’aube des années 2000, la romancière belge à succès Amélie Nothomb publie son neuvième roman, intitulé Métaphysique des tubes. Cette autofiction retrace ses trois premières années passées au Japon, où sa famille s’était installée. D’abord comparée à un simple “tube” uniquement guidé par ses besoins primaires, la jeune Amélie voit son univers basculer lorsqu’elle découvre la parole et se croit investie d’une puissance divine.

    Le film adapte ainsi ce récit initiatique avec une explosion de couleurs, chaque palette ayant été pensée pour refléter la personnalité des protagonistes. La bande originale, composée par Mari Fukuhara et inspirée de l’univers musical de Joe Hisaishi (compositeur des Studio Ghibli), prolonge cette atmosphère à la fois poétique et merveilleuse. Séduits par la volonté d’Amélie Nothomb de raconter “cette transition de la petite enfance à l’enfance”, les réalisatrices Maïlys Vallade et Liane-Cho Han Jin Kuang ont porté avec brio l’ouvrage à l’écran.

    Amélie et la métaphysique des tubes (2025) de Maïlys Vallade et Liane-Cho Han, disponible sur Canal+


    Azur et Asmar, le film culte de Michel Ocelot

    Impossible d’évoquer le cinéma d’animation français sans citer l’un de ses plus grands ambassadeurs, Michel Ocelot. Père de Kirikou (1998) et de Princes et Princesses (2000), le réalisateur a bercé et émerveillé plusieurs générations de spectateurs. À 82 ans, il continue ainsi d’enrichir son œuvre avec la même passion, comme en témoignent Dilili à Paris (2018) ou plus récemment Le Pharaon, le Sauvage et la Princesse (2022). Ses films puisent dans la tradition du conte pour transmettre des valeurs universelles, célébrer les cultures et faire voyager le spectateur à travers des univers visuellement foisonnants.

    Parmi ses œuvres les plus marquantes, après l’incontournable Kirikou, figure sans conteste Azur et Asmar (2006). Situé entre l’Orient et l’Afrique du Nord, ce conte merveilleux livre une réflexion sur la fraternité, la tolérance et l’ouverture à l’autre. Michel Ocelot y raconte l’histoire d’Azur, fils d’un châtelain, et d’Asmar, fils de la nourrice qui les élève comme des frères avant qu’ils ne soient brutalement séparés. Azur n’a pas oublié son enfance, il entame ainsi une quête initiatique de l’autre côté de la Méditerranée avec pour objectif de retrouver la légendaire Fée des Djinns. Un voyage enchanteur qui demeure l’un des sommets de l’animation française.

    Azur et Asmar (2006) de Michel Ocelot, disponible sur Disney+.