6 juil 2026

Avec Boloria, Olivier Theyskens fait un retour discret mais efficace

Près de trente ans après ses débuts et après avoir marqué Rochas, Nina Ricci ou encore Theory, Olivier Theyskens ouvre un nouveau chapitre. À Paris, le créateur belge a présenté Boloria, sa nouvelle maison, signant un retour très attendu par sa communauté fidèle et par l’industrie de la mode.

  • par Léa Zetlaoui.

  • Ce dimanche 5 juillet 2026, en fin d’après midi, Olivier Theyskens présentait en comité très réduit le premier défilé de sa nouvelle marque intitulée Boloria. Point de cohue devant le lycée Carnot où avait lieu la présentation, pas de stars ou d’influenceurs qui s’agglutinent devant le photocall. Seuls étaient présents les personnalités de l’industrie qui connaissent et admirent la vision sans compromis du créateur belge.

    Olivier Theyskens, 30 ans de carrière dans la mode

    Avec bientôt 30 ans de carrière à son actif, Olivier Theyskens aura eu mille vies. Une marque homonyme lancée en 1997, dont la première collection sera portée par Madonna aux Oscars en 1998. Des passages au sein des maisons Rochas et Nina Ricci, puis de la marque de prêt-à-porter américaine Theory entre 2002 et 2015. En 2020, il fait un retour discret en prenant la direction artistique de la maison italienne Azzaro. Enfin, en 2023, il signe les costumes de scène de son idole Mylène Farmer à l’occasion de sa tournée Nevermore.

    On ne le répétera jamais assez : dans la mode, tout est une question de timing. Et si Olivier Theyskens n’a jamais véritablement quitté l’industrie (il a continué de présenter des collections sous son propre nom jusqu’en 2022), le lancement de Boloria ressemble à un retour au premier plan. Comme si le moment était enfin venu de réaffirmer sa vision dans un paysage mode qui semble aujourd’hui plus réceptif que jamais à son romantisme sombre, sa maîtrise de la coupe et son goût du vêtement pensé pour durer.

    Boloria, une renaissance ou une mue ?

    Mais que signifie Boloria ? Le nom désigne un genre de papillons. Un choix à la fois poétique et hautement symbolique. Il évoque l’éphémère, la délicatesse et la métamorphose, autant de notions qui traversent cette première collection. À l’image du papillon, le vêtement apparaît, disparaît, se transforme, tout en laissant une empreinte durable. Une philosophie qui fait écho à l’univers d’Olivier Theyskens, où la beauté naît souvent de la fragilité.

    Ainsi, cette collection inaugurale pose d’emblée les fondations de l’univers Boloria. Fidèle à ses obsessions, Olivier Theyskens y déploie une garde-robe traversée par l’idée de mémoire, entre rêve et réalité. Les silhouettes, volontairement allongées et élancées, jouent sur la fluidité des matières et la précision du geste. On pense à ces: robes du soir coupées en biais, ces vestes de tailleur aux lignes atténuées, ou encore ces pantalons au tombé languide. Les tissus, particulièrement luxueux — cachemire, laine fine, satin de soie ou dentelle délicate — mettent en exerguent cette douceur presque spectrale.

    Derrière l’apparente simplicité des pièces se cache un travail de construction minutieux, visible dans les doublures apparentes, les détails de confection ou les modèles réversibles, qui célèbrent un artisanat aujourd’hui rare. Entre héritage belge, romantisme discret et modernité non genrée, Olivier Theyskens livre une collection cohérente et profondément personnelle, moins tournée vers l’effet de mode que vers l’idée d’un vestiaire durable, capable de traverser le temps sans perdre de sa poésie.