29 juin 2026

Comment Michael Rider réinterprète l’héritage Celine avec son premier défilé masculin

Ce dimanche 28 juin, la maison Celine dévoilait son premier défilé homme printemps-été 2027 sous la direction artistique de Michael Rider. Sans doute l’un des moments les plus marquants de cette Fashion Week parisienne, insufflant à celle-ci une note bohème et élégante. Numéro fait le point.

  • par Jasmine Baha.

  • Le défilé Celine homme printemps-été 2027.

    Michael Rider pose les bases du vestiaire masculin chez Celine

    En ce dernier jour de Fashion Week, cap sur le 16ᵉ arrondissement de Paris pour le défilé Celine homme printemps-été 2027 imaginé par Michael Rider. L’un des plus beaux moments ce marathon mode, pour lequel le designer américain dévoile sa toute première collection homme. Si ce tournant marque une première dans la carrière du créateur, celui-ci était déjà familier avec l’univers de la maison française. Plus jeune, il fait ses armes aux côtés de Phoebe Philo lorsque cette dernière était encore directrice artistique de la maison. Une parenthèse qui lui octroie le sens de la rigueur et des coupes affutées signatures de la maison. Après un passage chez Ralph Lauren, l’Américain revient chez Celine en 2025 avec déjà trois collections à son actif, chacune éprises de ses influences entre vestiaire preppy américain et tailoring structuré.

    La silhouette bohème, grammaire de ce défilé printemps-été 2027

    Pour sa toute première collection homme, Michael Rider esquisse les contours d’un vestiaire bohème pour l’homme Celine. Cette saison, la maison décline des sarouels amples, des capes en maille asymétriques ou encore des pulls en laine aux couleurs vibrantes. La palette chromatique se teinte de beiges, de marrons, de rouges vifs ou encore de bleus profonds pour un défilé aux couleurs de carte postale estivale.

    La fluidité et la légèreté s’imposent également sur le podium de la maison. Ainsi, les t-shirts à manches ballon dialoguent avec les pantalons aériens, nonchalamment glissés dans les chaussettes hautes des mannequins. Aux pieds de ces derniers, on retrouve une réinterprétation de la sandale masculine, mais également les premières baskets de la collaboration entre Celine et Reebok. Car ici, plus que jamais, tout est question d’attitude avec un vestiaire pour lequel décontraction devient le maître-mot.

    Pour accessoiriser le tout, on ose la broche, le foulard dans les cheveux, mais également les franges. On les retrouve d’ailleurs omniprésentes dans cette collection, sous toutes leurs formes : à perles, scintillantes, en maille ou encore attachées à la taille. Et sur cette lancée, Michael Rider signe ainsi un véritable travail de la ligne pour cette collection printemps-été 2027. En contrepoint des volumes XXL, le designer redessine la silhouette en marquant subtilement la taille au travers de superpositions de foulards en maille sur les pulls, ou de manteaux parés de ceintures. De son côté, cette dernière se substitue au sac. On y glisse entre les passants une pochette en cuir et on la choisit à double tours, apposée nonchalamment sur les jeans et pantalons de costume.

    Influences rock et tailoring structuré comme hommage au patrimoine Celine

    Si Michael Rider insuffle une note de spontanéité au vestiaire de l’homme Celine, le designer s’ancre également dans l’héritage profond de la maison. En contraste avec les mailles organiques et daims qui ponctuent la collection, Michael Rider explore une esthétique plus affutée et radicale, faite de cuirs lisses et de silhouettes ajustées. Ainsi se déploient devant nous un florilège de pantalons droits, vestons à fermetures, pulls près du corps, mais également vestes cloutées. Peu à peu, la palette de nudes laisse la place aux nuances de noir et de gris qui convoquent l’héritage androgyne et légèrement rock de la maison.

    En parallèle, Michael Rider revisite également les fondamentaux du tailoring et la structure traditionnelle de Celine. Les vestes de tailleurs à épaules larges dialoguent avec les sarouels à effet brillant, insufflant ainsi une tension entre glamour, rigueur et décontraction à ce vestiaire estival. Au fil de la collection des pantalons de costumes droits ou encore des chemises structurées viennent renforcer cette approche. Autant de pièces qui rappellent l’ère Phoebe Philo, fondée sur une mode empreinte d’une précision des coupes et des volumes sans pareille.

    Ainsi, Michael Rider propose à l’homme Celine un vestiaire estival alliant praticité et décontraction. Une relecture stylistique pensée pour l’accompagner par monts et par vaux au printemps-été 2027, comme il le suggère dans sa note de défilé. “L’été est l’occasion de découvrir des endroits inconnus, ou de retourner dans les lieux que l’on fréquente depuis toujours”. Et cette approche semble également faire écho à sa vision de la création chez Celine, où l’expérimentation dialogue avec les codes établis.