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Comment le défilé Études Studio a transformé la ville en terrain de jeu
Présenté ce mardi 23 juin 2026 dans les sous-sols du Palais de Tokyo, le défilé Études Studio printemps-été 2027 détaille un vestiaire urbain précis et désirable, influencé par l’œuvre visionnaire de l’artiste américain Gordon Matta-Clark.
par Nathan Merchadier.


Un défilé Études Studio inspiré par l’artiste Gordon Matta-Clark
Après avoir exploré les paysages du Land Art en juin dernier et la figure du soundmaker lors de sa collection automne-hiver 2026-2027, Études Studio poursuit son dialogue avec l’art contemporain. Cette saison, Aurélien Arbet et Jérémie Egry investissent la Galerie Basse du Palais de Tokyo, comme pour descendre au plus près des fondations du bâtiment et, symboliquement, aux racines mêmes de la ville.


Car à l’occasion de ce défilé printemps-été 2027 baptisé Short Term Eternity, le label parisien s’inspire de l’œuvre de Gordon Matta-Clark, figure majeure de l’art américain des années 1970.
Architecte de formation, cet artiste disparu il y a plus de cinquante ans s’est rendu célèbre pour ses interventions dans des immeubles abandonnés ou voués à la destruction. Il découpait notamment des pans entiers de bâtiments afin d’interroger notre rapport à l’espace et au temps.
Une référence qui prend tout son sens une fois transposée chez Études Studio, qui n’a jamais cessé d’explorer les liens entre l’architecture et le vêtement, depuis ses débuts en 2012.


Un vestiaire urbain pensé pour un usage quotidien
Sur le podium, cette réflexion se traduit par l’apparition d’une garde-robe fidèle à l’ADN de la marque. Qui brouille ici encore une fois les frontières entre workwear et tailoring à travers l’apparition de silhouettes souples et faciles à projeter dans le quotidien.


Quelques bermudas zippés s’associent ainsi à des chemises et pardessus ton sur ton aux nuances caramel, aubergine ou brun métallique. Ailleurs, des détails utilitaires (poches techniques, zips apparents et éléments amovibles) viennent enrichir les silhouettes. Tandis qu’une chemise fluide et très colorée, comme recouverte de graffitis, attire également le regard et traduit à elle seule le dialogue engagé avec l’univers de Gordon Matta-Clark.
Le Studio Bag, archétype du sac de coursier introduit avec brio la saison dernière, poursuit son évolution et accueille un nouveau format plus ample et généreux, conçu pour les déplacements quotidiens.


Une garde-robe en perpétuelle mutation
Cette idée de transformation et de versatilité se retrouve également dans l’attention portée par Aurélien Arbet et Jérémie Egry sur le travail des matières. Au fil des 35 silhouettes impeccables qui peuplent cette collection, les denims se superposent souvent à travers différents traitements (acid wash, résine, pulvérisations de couleur), tandis que sur les textiles, des effets évoquant des papiers peints usés ou du plâtre projeté rappellent les façades aux identités mouvantes des grandes villes.
Une manière élégante de rappeler que, chez Études Studio, le vêtement n’est jamais un objet totalement figé. Il se construit, se dégrade, se répare et évolue avec celui qui le porte. À l’image d’une ville comme celle de Paris, qui occupe une place centrale dans l’identité des créateurs, à la fois imparfaite, vivante et perpétuellement en chantier.

