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Au défilé Setchu, le style pêcheur devient cool
Pour son défilé printemps-été 2027 présenté à la Fashion Week homme de Milan, le designer japonais Satoshi Kuwata transforme une aventure de pêche au Gabon en une collection fascinante où filets, sirènes et jeux de construction redessinent les contours du vêtement.
par Nathan Merchadier.


Une partie de pêche inspire le défilé Setchu
Au mois de mai 2023, le créateur japonais Satoshi Kuwata nous confiait lors d’une interview, quelques mois avant d’être sacré au Prix LVMH : “Pêcher est ma seule manière de me détacher du travail”. Une phrase qui prend aujourd’hui une résonance toute particulière.
À l’occasion de son défilé Setchu printemps-été 2027, présenté ce samedi 20 juin à la Fashion Week de Milan, le designer s’est inspiré d’un souvenir pour le moins inattendu. Alors qu’il pêchait au Gabon, immergé jusqu’à la poitrine, un requin est apparu dans son dos tandis qu’un crocodile s’approchait dangereusement. Imperturbable, vêtu d’un simple tee-shirt en cachemire, le designer est resté sur place.


De cette anecdote surprenante résulte une collection baptisée Caught in the Nets (“Pris dans les filets”), qui décline l’univers de la pêche avec une grande habileté. Des filets apparaissent ainsi sur des robes fendues et se déposent sur des chapeaux, évoquant par moments la silhouette mythologique de sirènes, prises dans leurs propres parures. Un vocabulaire emprunté au monde maritime et qui démontre au passage l’immense talent du créateur japonais Satoshi Kuwata, capable de détourner des références très concrètes pour construire une mode originale et inimitable.


Des filets de cuir au cœur de la collection printemps-été 2027
Cette saison, le designer mobilise ainsi des réseaux de cordons de cuir colorés, noués selon la technique du Japanese Square Knot, qui enveloppent les corps comme des filets suspendus évoquant autant la protection que l’ornement.


Posés sur des tailleurs impeccablement coupés, des robes fluides ou des jupes légères, ils semblent parfois accompagner les mouvements des mannequins. Ailleurs, des ouvertures circulaires perforent des tops et des robes, tandis que des panneaux de soie asymétriques révèlent un travail de construction particulièrement sophistiqué.
Ce qui séduit surtout, c’est cette manière qu’a Satoshi Kuwata de rendre visible le geste artisanal sans jamais tomber dans une démonstration trop technique. Derrière chaque silhouette se dessine un équilibre entre précision et spontanéité qui rappelle au passage que, chez Setchu, le vêtement n’est jamais seulement qu’une simple pièce à porter, mais aussi (et surtout) une (belle) histoire à raconter.