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Hirokazu Kore-eda
Depuis les années 1990, Hirokazu Kore-eda construit une filmographie largement associée au cinéma d’auteur japonais contemporain. Entre récits familiaux, enfance, mémoire et questions sociales, il développe un cinéma intimiste devenu central dans les grands festivals internationaux. Réalisateur de Nobody Knows, Tel père, tel fils ou Une affaire de famille, il poursuit en 2026 une carrière partagée entre le Japon, la France et la Corée du Sud.
Publié le 6 juin 2026. Modifié le 8 juin 2026.
Les débuts de Hirokazu Kore-eda
Hirokazu Kore-eda naît le 6 juin 1962 à Tokyo. Pendant son adolescence, il découvre autant le cinéma japonais classique que la littérature contemporaine. Après ses études secondaires, il rejoint l’université Waseda.
Après l’obtention de son diplôme dans les années 1980, il entre dans la société de production télévisée TV Man Union. Il travaille alors comme assistant réalisateur puis réalise plusieurs documentaires pour la télévision japonaise. Cette expérience influence durablement son cinéma puisque Kore-eda développe très tôt une mise en scène centrée sur le réel, les gestes du quotidien et les relations humaines. Pendant plusieurs années, il réalise notamment des documentaires consacrés à la mémoire, à la famille et aux questions sociales japonaises. Cette approche documentaire reste ensuite très présente dans l’ensemble de sa filmographie.
Maborosi et les premiers films
En 1995, Hirokazu Kore-eda réalise Maborosi, son premier long métrage de fiction. Adapté d’un roman de Teru Miyamoto, le film suit une jeune femme confrontée au suicide inexpliqué de son mari.
Dès ce premier film, Kore-eda développe plusieurs thèmes qui traversent ensuite son œuvre : le deuil, l’absence, la mémoire et les liens familiaux. Contrairement à un cinéma japonais plus spectaculaire ou très narratif, il privilégie des récits minimalistes construits autour du quotidien et des émotions discrètes.
En 1998, il réalise ensuite After Life. Le film imagine un lieu où les morts doivent choisir un unique souvenir avant de quitter définitivement le monde terrestre. Grâce à son mélange entre fiction et approche documentaire, le projet attire fortement l’attention des festivals internationaux et contribue à faire connaître Kore-eda hors du Japon.
Nobody Knows et la reconnaissance internationale
L’année 2004 marque un tournant important dans sa carrière avec Nobody Knows. Inspiré d’un fait divers survenu à Tokyo à la fin des années 1980, le film raconte l’histoire de plusieurs enfants abandonnés par leur mère dans un appartement, contraints d’apprendre à survivre seuls et de cacher leur situation au reste du monde..
Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes, le projet reçoit un important accueil critique. Yūya Yagira, alors âgé de 14 ans, remporte le Prix d’interprétation masculine et devient le plus jeune acteur récompensé dans l’histoire du festival. Avec Nobody Knows, Kore-eda affirme encore davantage son intérêt pour l’enfance, la solitude et les structures familiales fragiles. Le film contribue également à installer durablement son nom parmi les grands réalisateurs du cinéma d’auteur contemporain. Par ailleurs, son travail autour des enfants devient progressivement l’un des aspects les plus identifiables de sa filmographie.
Tel père, tel fils et Une affaire de famille
En 2013, Hirokazu Kore-eda présente Tel père, tel fils en compétition officielle au Festival de Cannes. Le film suit deux familles découvrant que leurs enfants ont été échangés à la naissance plusieurs années auparavant.
Le projet reçoit le Prix du Jury à Cannes et connaît un important succès international. À travers ce récit, Kore-eda poursuit sa réflexion autour de la famille, de la filiation et des relations entre parents et enfants. Ensuite, en 2018, il revient à Cannes avec Une affaire de famille. Le film suit une famille vivant de petits vols dans les quartiers populaires de Tokyo. À travers cette cellule familiale atypique,Kore-eda développe une réflexion autour de la pauvreté, des liens affectifs et de la marginalité sociale au Japon contemporain. Le film reçoit la Palme d’or au Festival de Cannes 2018.
Les tournages internationaux et les années récentes
À partir de la fin des années 2010, Hirokazu Kore-eda développe plusieurs projets tournés hors du Japon tout en conservant les thèmes centraux de son cinéma comme la famille, l’enfance et les relations humaines.
En 2019, il réalise La Vérité, son premier film français, avec Catherine Deneuve, Juliette Binoche et Ethan Hawke. Le récit suit les retrouvailles tendues entre une actrice célèbre et sa fille à l’occasion de la publication de mémoires autobiographiques. Présenté à la Mostra de Venise, le film marque une nouvelle étape dans la carrière du réalisateur puisqu’il tourne alors pour la première fois en langue française.
Puis, en 2022, il présente Les Bonnes Étoiles (Broker) en compétition officielle au Festival de Cannes. Tourné en Corée du Sud, le film réunit Song Kang-ho, Bae Doona, Gang Dong-won et Lee Joo-young. Le récit suit plusieurs personnages liés à un trafic de bébés abandonnés organisé autour de “boîtes à bébés” installées dans certaines églises coréennes. Grâce à ce projet, Song Kang-ho remporte le Prix d’interprétation masculine à Cannes.
À travers ces films internationaux, Kore-eda élargit progressivement son travail au-delà du Japon tout en conservant une mise en scène centrée sur les émotions du quotidien, les fragilités sociales et les structures familiales atypiques.
Au cours des années 2020, plusieurs festivals et cinémathèques consacrent également des rétrospectives à son œuvre devenue l’une des plus importantes du cinéma d’auteur contemporain. En 2026, il poursuit ainsi sa carrière entre productions japonaises et collaborations internationales tout en restant une figure majeure des grands festivals mondiaux.
Une œuvre majeure du cinéma contemporain
Depuis plus de trente ans, Hirokazu Kore-eda construit une filmographie largement associée aux relations familiales, à l’enfance et aux émotions du quotidien. Son cinéma repose sur des récits intimistes, une mise en scène discrète et une observation très précise des comportements humains.
Aujourd’hui, sa filmographie comprend notamment Maborosi, After Life, Nobody Knows, Still Walking, Tel père, tel fils, Notre petite sœur, Une affaire de famille, La Vérité ou encore Les Bonnes Étoiles. En 2026, Hirokazu Kore-eda reste ainsi l’un des réalisateurs majeurs du cinéma mondial contemporain entre Japon, Europe et festivals internationaux.