2 juin 2026

À quoi ressemble le premier film de Juliette Binoche en tant que réalisatrice ?

Ce mercredi 3 juin 2026, le premier film de l’actrice Juliette Binoche en tant que réalisatrice, En nous, sortira au cinéma. Mais que vaut ce documentaire mettant en scène les répétitions d’une création de danse contemporaine à laquelle a participé la comédienne dans les années 2000 ?

  • par Violaine Schütz.

  • Publié le 28 mai 2026. Modifié le 2 juin 2026.

    En tant qu’actrice, la Française Juliette Binoche n’a pas plus grand-chose à prouver. La comédienne âgée de 62 ans, star des films Le Chocolat (2000), Le Patient anglais (1997) et Les Hauts de Hurlevent (1992) a joué dans plus de soixante longs-métrages et a remporté un Oscar, un prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes ou encore, un César.

    Pourtant, elle ne s’est jamais reposée sur ses lauriers d’icône du cinéma. En plus du théâtre et de la peinture, elle s’est aussi lancée, il y a quelques années, dans la danse contemporaine. Une aventure qui a donné lieu à des performances saluées par la critique.

    En nous, le premier film de Juliette Binoche en tant que réalisatrice

    En effet, en 2007, Juliette Binoche et le danseur et chorégraphe britannique Akram Khan ont décidé d’échanger leurs pratiques : Akram est devenu acteur et Juliette, danseuse le temps d’une création commune intitulée In-I. Ce spectacle intense et poétique mêlant jeu et chorégraphies contemporaines, évoque une rencontre et une histoire d’amour qui finit mal. 

    C’est sur cette expérience que revient le premier film de l’actrice en tant que réalisatrice. Dans En nous, qui sort au cinéma le 3 juin 2026, on découvre à la fois la préparation du spectacle et le résultat final. Lors d’une présentation du film à laquelle on a assisté, Juliette Binoche explique à ce sujet : “J’avais envie qu’il y ait un contraste entre ces moments de répétition où il fait chaud, où on sent la sueur, les visages sont nus, les t-shirts troués et la création aboutie. Il y a un côté cru.

    Un documentaire sur un spectacle de danse émouvant

    On découvre ainsi des vidéos de l’héroïne de Fatale (1992) datant des années 2000, filmées par sa sœur Marion Stalens. On la voit échanger avec Akram Khan sur leurs idées créatives, leurs tentatives, et leurs doutes. Juliette Binoche permet ainsi au spectateur d’entrer dans la naissance de la création d’une œuvre vivante qui donnera lieu à 120 représentations à travers le monde. La deuxième partie consiste en la captation du spectacle In-I, cette fois-ci sans accroc, exécuté sur un mur pensé par Anish Kapoor. 

    Une réflexion sur le pouvoir du corps

    Au final, En nous nous fait réfléchir sur de nombreux sujets, notamment sur l’essence du travail d’acteur, et du travail du danseur, et sur l’importance de la dimension corporelle. Juliette Binoche explique : “J’ai toujours eu un rapport avec le corps qui m’a toujours passionnée comme actrice aussi. Car je pense qu’avec la sensibilité de notre corps, et de notre ressenti, il y a des choses qui sont dites et qui sont vraies. Partir du corps, c’est une nécessité. Parce que si on part de l’esprit, c’est la volonté, les projections, l’éducation, ce qu’on attend qui priment, ce qui représente un danger. Évidemment, on a les moments d’analyse, ceux où on se sert de sa tête, et c’est normal. Mais le corps, pour moi, ça a toujours été le lieu de la chimie. C’est vraiment chaudron.

    L’importance de la danse dans nos vies

    L’actrice rappelle aussi, avec ce film, que le mouvement est partout. “Cuisiner, s’habiller le matin et marcher, pour moi, c’est danser. Je crois que la danse est dans tous les mouvements de la vie de tous les jours. Pour moi, la danse, c’est la manière de relier le corps et l’esprit.” On ressort de la projection de ce documentaire hybride (il a des airs d’installation artistique) en virevoltant et en pensant à ces mots de Nietzsche : “Et que l’on estime perdue toute journée où l’on n’aura pas dansé au moins une fois.

    En nous de Juliette Binoche, au cinéma le 3 juin 2026.