Réalisatrice

Charline Bourgeois-Tacquet

Charline Bourgeois-Tacquet est une réalisatrice, scénariste et actrice française née en 1986 à Royan. Révélée par ses courts métrages puis par Les Amours d’Anaïs (2021), elle développe un cinéma centré sur le désir, les élans et les déséquilibres des relations, porté par des personnages en mouvement et une écriture vive.

Les débuts de Charline Bourgeois-Tacquet

Charline Bourgeois-Tacquet, née le 11 janvier 1986 à Royan, suit d’abord des études de lettres à Paris avant de travailler dans l’édition. Ainsi, son rapport initial passe par l’écriture, par les textes et par la construction des récits. Ensuite, le passage au cinéma se fait progressivement, nourri par cette première expérience littéraire. Très tôt, une attention particulière se porte sur les personnages, sur leurs mouvements, sur la manière dont ils traversent les situations. Cette sensibilité se traduit par une observation fine des émotions et des rapports humains, où les dialogues et les silences participent pleinement à la construction du récit.

2016–2018, les courts métrages et les débuts

En 2016, Charline Bourgeois-Tacquet réalise Joujou, son premier court métrage. Ce film marque une première étape dans son parcours de cinéaste et révèle déjà une sensibilité particulière aux rapports humains. À travers une mise en scène délicate, elle s’intéresse aux émotions, aux déséquilibres affectifs et aux moments de flottement qui traversent ses personnages.

Dans ce film, Pauline souhaite réaliser une œuvre à la manière de On connaît la chanson, mais en remplaçant les chansons par des extraits de pièces de théâtre. Cependant, elle se concentre uniquement sur La Fausse suivante de Pierre de Marivaux. Déguisée en chevalier et troublée par ce travestissement, Pauline perd peu à peu ses repères et ne sait plus vraiment qui elle est. Ce trouble identitaire devient le cœur du récit, interrogeant les frontières entre jeu, fiction et réalité.

En 2018, Charline Bourgeois-Tacquet réalise Pauline asservie, présenté à la Semaine de la critique à Cannes. Ce long métrage confirme son talent et marque une première reconnaissance importante dans le milieu professionnel, lui permettant de s’imposer progressivement comme une réalisatrice à suivre..

2021, Les Amours d’Anaïs et révélation

En 2021, son premier long métrage, Les Amours d’Anaïs, est présenté à la Semaine de la critique à Cannes. Le film suit Anaïs, une jeune femme qui enchaîne les relations et les déplacements. Elle entretient une liaison avec un homme plus âgé, puis tombe amoureuse de sa compagne, écrivaine. Le récit avance à travers ses trajets, ses rencontres, ses décisions impulsives. Les dialogues s’inscrivent dans une dynamique rapide, tandis que les déplacements structurent la narration. Ainsi, le film repose sur une énergie continue, sur un personnage qui refuse la stabilité.

De plus, la relation entre Anaïs et Émilie introduit une autre temporalité. Le désir ne se construit pas de manière immédiate, il se déplace, il se transforme. Le film articule ces deux rythmes, celui de l’urgence et celui de la durée.

À partir de ce premier long métrage, une cohérence apparaît. Les personnages évoluent constamment, physiquement et émotionnellement. Par ailleurs, les figures féminines restent au cœur du récit. Les relations entre femmes ne sont pas secondaires, elles structurent l’ensemble. Les personnages se définissent à travers leurs choix, leurs désirs, leurs contradictions. Ainsi, le film ne cherche pas à stabiliser ces trajectoires, mais à les accompagner dans leur évolution.

2026, La Vie d’une femme

En 2026, Charline Bourgeois-Tacquet présente La Vie d’une femme en compétition officielle au Festival de Cannes. Ce deuxième long métrage marque une étape importante. Le film suit Gabrielle, chirurgienne cheffe de service, dont le quotidien est entièrement structuré par le travail et les responsabilités.  L’équilibre de cette vie organisée se trouve perturbé lorsqu’une écrivaine vient observer son service pour préparer un livre. Progressivement, cette présence modifie les repères du personnage. Le récit s’organise autour de ce déplacement, entre routine professionnelle et ouverture vers autre chose. 

Une continuité dans les thèmes

Cependant, une continuité se maintient. Le désir, les relations et les déséquilibres restent au centre. Les personnages se trouvent confrontés à des situations qui modifient leur trajectoire, sans que ces changements soient immédiats ou définitifs.

Ensuite, la mise en scène conserve une forme de légèreté apparente. Les situations peuvent sembler simples, mais elles s’ouvrent progressivement vers des enjeux plus complexes. Les dialogues, les regards, les gestes construisent cette évolution. Par ailleurs, la question du temps devient plus visible. Dans Les Amours d’Anaïs, le temps est rapide et fragmenté.

Une trajectoire en construction

Ainsi, la filmographie de Charline Bourgeois-Tacquet présente déjà une forte cohérence. Les récits s’organisent autour de figures en quête d’équilibre, confrontées à des situations qui les obligent à se redéfinir.

De plus, le passage du court au long métrage, puis du premier au deuxième film, témoigne d’une évolution progressive. L’écriture s’affine, les cadres se resserrent et les tensions deviennent plus intérieures. Cette progression s’accompagne d’une attention accrue aux silences, aux regards et aux non-dits, qui enrichissent la narration. Enfin, sa présence à Cannes en 2026 avec La Vie d’une femme confirme son inscription dans le cinéma d’auteur contemporain. Cette étape marque un jalon important dans un parcours encore en construction, mais déjà structuré par une attention constante aux relations, aux désirs et aux transformations intimes. Cette continuité artistique révèle également une maîtrise croissante de l’expression des émotions humaines, ainsi qu’une sensibilité particulière aux nuances du quotidien et aux fragilités individuelles.