27 avr 2026

Meryl Streep, Anne Hathaway et Emily Blunt nous racontent Le Diable s’habille en Prada 2

Lors d’une conférence de presse virtuelle, les charismatiques et passionnants Meryl Streep, Anne Hathaway, Emily Blunt et Stanley Tucci nous racontent les coulisses du très attendu Le Diable s’habille en Prada 2, qui sortira au cinéma le 29 avril 2026.

  • par Violaine Schütz.

  • En 2006, le monde se passionnait pour le satirique et très drôle Le Diable s’habille en Prada, devenu depuis l’un des grands classiques en matière de films sur la mode. Cette comédie américaine jouissive et tranchante réalisée par David Frankel nous séduisait par ses répliques acerbes et par ses personnages hauts en couleur.

    On découvrait alors Miranda Priestly (l’iconique Meryl Streep) en rédactrice en chef caractérielle, piquante et souvent terrifiante du magazine Runway, Andrea Sachs, l’assistante timide de Miranda jouée par l’adorable Anne Hathaway, la première assistante ambitieuse et sûre d’elle de Miranda, Emily Charlton (Emily Blunt) et le directeur artistique touchant spécialisé dans les relookings express, Nigel (Stanley Tucci).

    Le Diable s’habille en Prada 2, une suite très attendue

    Près de vingt ans après le premier film adapté d’un roman du même nom de Lauren Weisberger, Meryl Streep, Anne Hathaway, Emily Blunt et Stanley Tucci renfilent leurs plus belles tenues pour Le Diable s’habille en Prada 2, qui sort au cinéma le 29 avril 2026. Mais tout a changé dans les bureaux luxueux du magazine Runway et plus globalement dans la mode et les médias.

    Le monde a subi de nombreux changements, et les réseaux sociaux sont omniprésents. Un bad buzz peut coûter cher et si on veut garder sa place en tant que journaliste, mieux vaut écrire des articles qui sont lus. Dans ce nouvel univers, Andy Sachs est une reporter aguerrie qui revient à Runway, la redoutable et influente Miranda Priestly a peur de perdre son poste face à des remaniements de son média et Emily travaille dans une maison de luxe, tout en rêvant d’autre chose. 

    L’iPhone a été inventé l’année suivant le tournage du premier film. Depuis, tout a changé.” Meryl Streep

    Lors d’une conférence de presse virtuelle en direct de Londres, Stanley Tucci note : “Je crois que l’idée de faire ce film circulait depuis plus de vingt ans. Puis, elle a commencé à se concrétiser. Ensuite, le scénario est arrivé et il était excellent. Le fait que le film sorte vingt ans plus tard est formidable, car le monde a tellement changé. Le journalisme a profondément muté à cause des réseaux sociaux, de l’intelligence artificielle et de certains gouvernements. L’univers de la mode a, lui aussi, beaucoup évolué. Le film aborde ces problématiques, et sa structure est construite autour de ces thèmes. Il explore la vie personnelle de ces personnages et la façon dont ils y font face. Mon personnage, Nigel, est resté le même à bien des égards. Il est un peu désabusé. Mais son dévouement envers sa patronne, envers le magazine, envers la mode en général, ainsi que son intégrité professionnelle sont toujours intacts. Il doit simplement s’adapter différemment. Mais au fond, c’est toujours le même.

    Anne Hathaway confie que cette suite arrive au bon moment : “Les mondes de la mode et du journalisme semblent actuellement assiégés. Or, notre film traite de ces deux univers. Les conditions étaient donc réunies pour les faire se rencontrer à nouveau. Le timing était parfait et Meryl a accepté cette suite. C’est ce qui a fait toute la différence.”

    Les mondes de la mode et du journalisme semblent actuellement assiégés.” Anne Hathaway

    De son côté, l’immense Meryl Streep nous confie à propos du nouveau contexte du film : “Ce qui m’a le plus marquée, c’est que cet opus du Diable s’habille en Prada reprend l’histoire au moment où Andrea jette son téléphone dans la fontaine. On découvre alors ce qu’elle est devenue pendant ces vingt dernières années. Et on va savoir si elle a conservé ses scrupules professionnels. L’idée était de la placer dans un monde différent, car l’iPhone a été inventé l’année suivant le tournage du premier film. Depuis, tout a changé. C’est passionnant de voir ces personnages avec leurs personnalités et leurs penchants habituels être confrontés à cette situation et d’observer leurs réactions. Nous essayons tous de nous orienter dans l’avenir.”

    Miranda apprécie être aux commandes de quelque chose qui s’inscrit dans une quête de beauté.” Meryl Streep

    Le personnage de Miranda est alors toujours impeccable et, en apparence, imperturbable, mais la girlboss doit désormais dealer avec les problématiques de son temps. L’actrice explique à propos de ces métamorphoses : “Ce que j’aime chez Miranda, c’est qu’elle était d’abord définie par son pouvoir, et non par ses scrupules. Et soudainement, elle doit naviguer dans un monde dans lequel elle risque de perdre le contrôle qu’elle détenait sur ce qu’elle faisait au sein du magazine. Une partie de ce que j’ai aimé dans le premier film, c’est qu’on a vu son amour pour son métier et on s’est rendu compte que son attachement pour ce dernier n’était pas seulement lié au fait d’être aux commandes. Elle apprécie être aux commandes de quelque chose s’inscrivant dans une quête de beauté et une célébration du meilleur des réalisations humaines. Miranda a le sentiment qu’un magazine doit être un curateur culturel.

    La star la plus nommée aux Oscars poursuit : “Devant les difficultés financières, quand elle sent le danger, elle va devoir faire des compromis. C’est un mot qui est difficile à prononcer pour elle. Elle réalise alors à quel point elle dépend des personnes qui l’ont soutenue. J’aime toutes ces prises de conscience. Je ne pense pas qu’elle descende, cependant, de son piédestal de méchanceté. Elle demeure très efficace et méticuleuse dans ce qu’elle fait. Mais j’aime sa progression.”

    Dans le premier film, Andrea était complètement perdue.” Anne Hathaway

    Le personnage d’Andy a aussi évolué, ce qu’Anne Hathaway, coproductrice du long-métrage, a particulièrement apprécié. Andy Sachs est désormais bien plus sûre d’elle. L’actrice avoue : “Dans le premier film, elle était complètement perdue. La jeune fille qui est arrivée à cette première réunion du magazine savait ce qu’elle voulait et elle aspirait vraiment à devenir une journaliste d’investigation sérieuse. Elle s’est engagée dans cette voie et elle a réussi. Très bien même, au point de remporter des prix. Je trouve ça génial qu’elle ait traversé une période de sa vie durant laquelle elle s’est demandée : “Est-ce que je veux encore plus ? Est-ce que je veux écrire des articles ou est-ce que je veux influencer les idées ? Est-ce que je veux un poste avec plus de pouvoir ? Et est-ce que je fais des compromis en retournant à cet endroit qui, je le sais, n’est pas exactement ce que je veux, mais qui peut m’apporter beaucoup de ce que je désire ?” J’ai trouvé ça fascinant qu’une personne autant définie par ses cercles d’influence se pose ces questions à propos du fait de grandir et des compromis.

    Les changements dans la mode et la place prépondérante prise par l’apparence et les marques se ressentent dans les looks, nombreux et ultra glamour et luxueux portés par les héroïnes et héros du film. Emily Blunt explique à ce sujet : “La mode a pris une nouvelle dimension… On parlait il y a peu de la façon dont les hommes s’habillent sur le tapis rouge. Ce qui se passe aujourd’hui est tellement excitant ! Il y a 20 ans, ils portaient juste un costume. Certes, pour Stanley (Tucci), c’est toujours un costume. Malheur à lui si on lui met une broche ! Il dirait : “N’y pensez même pas !” Mais il est vraiment très beau en costume. En fait, je trouve que la mode est toujours incroyablement excitante, créative et influente. Et je pense qu’elle est plus inclusive, qu’elle met en lumière plus de corps et de genres (Anne Hathaway a d’ailleurs insisté pour qu’il y ait plus de diversité dans le film, ndlr). Elle reste une force créative née de la vision unique d’un créateur pour son défilé. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut faire avec l’IA.

    “La mode reste une force créative née de la vision unique d’un créateur pour son défilé. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut faire avec l’IA.” Emily Blunt

    Concernant les tenues flamboyantes vues dans Le Diable s’habille en Prada 2 (signées Dior, Jean Paul Gaultier Archives ou encore Rick Owens), certaines ont été immortalisées, avant la sortie du film, par les paparazzi. Anne Hathaway, qui vient d’être sacrée plus belle femme du monde par le magazine People, raconte à ce sujet : “Mes vêtements personnels ont commencé à être scrutés. Alors que j’allais me faire coiffer et maquiller, les gens disaient : Andy en jupe en jean ?” Je répondais : C’est la mienne.Du coup, je portais la même chose tous les jours en allant au maquillage : une combinaison de mécanicien blanche en jean. Et je l’ai arborée tout le reste du tournage en me disant : Foutez-moi la paix !” (rires).

    Meryl Streep plaisante aussi de son côté à propos de ces désagréments : “Lors des avis en ligne sur les costumes avant la sortie du film, ils ont jugé un peignoir. Je suis sortie de la caravane pour ne pas renverser ma part de pizza sur les beaux vêtements avec ce peignoir. Et j’ai lu qu’il allait bien avec ma margherita.

    “Mes vêtements personnels ont commencé à être scrutés pendant le tournage.” Anne Hathaway

    Ces fuites ont pesé dans les choix créatifs de la production, du réalisateur et des acteurs. Anne Hathaway raconte : “Je voulais vraiment gâter le public. C’était tellement excitant d’avoir tous les fans présents lors des prises de vues, mais cela signifiait aussi qu’il serait difficile de surprendre les gens, car beaucoup de costumes, qui font partie intégrante du plaisir que procure ce film, étaient déjà en ligne et analysés en détail. Alors, je suis allée voir David (Frankel) (le réalisateur, ndlr et je lui ai dit : Nous avons l’opportunité d’aller à Milan, et j’ai l’impression que ce serait comme la grande scène d’explosion. Je pense que nous devons pouvoir dire au public : “Vous n’avez pas tout vu.” Et que nous devrions créer un montage dans un lieu sécurisé, avec beaucoup de costumes magnifiques, pour vraiment nous immerger dans l’ambiance.” C’était fabuleux. Parce que la première partie du film est principalement axée sur les tenues de travail, et la seconde s’impose comme une véritable extravagance de mode assumée. Heureusement, David a présenté le projet au studio, qui a accepté et a débloqué le budget.”

    Au final, la superbe Anne Hathaway arbore plus de 47 tenues différentes dans le film, dont des pièces Louis Vuitton, Chanel, Tom Ford, Valentino, Paco Rabanne ou Armani Privé. De quoi séduire les fans de mode. Et les acteurs et actrices eux-mêmes. Pour la petite histoire, Stanley Tucci a conservé un costume Dolce & Gabbana du tournage. Et Meryl Streep a gardé ses UGG. Car après une journée en talons hauts (le plus gros challenge de ce film étant de reporter des stilettos selon elle et Emily Blunt), ces dernières étaient les “visages les plus amicaux” en fin de journée de prises de vues perchées sur ces chaussures très télégéniques.

    Le Diable s’habille en Prada 2 de David Frankel, au cinéma le 29 avril 2026.