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Bertrand Mandico
À l’occasion du Festival de Cannes 2026, Bertrand Mandico présente Roma elastica en séances de minuit. Réalisateur à l’esthétique singulière, il s’inscrit depuis plusieurs années dans un cinéma d’auteur marqué par la pellicule, la transformation des corps confirmant une trajectoire à part dans le paysage français.
Les débuts de Bertrand Mandico
Né à Toulouse, Bertrand Mandico s’impose progressivement comme une figure singulière du cinéma français contemporain. Formé à l’image à l’école des Gobelins à Paris, il débute par le court et moyen métrage à la fin des années 1990. Au fil de son travail, il développe un univers marqué par le mélange des formes et des registres, en travaillant à la fois le récit, l’image et d’autres supports comme le dessin ou la photographie. Son parcours se construit ainsi entre différents formats, du court au long métrage, et entre plusieurs pratiques liées à l’image, sans séparation nette entre ces différentes activités.
Au fil des années 2000 et 2010, ses films circulent dans de nombreux festivals, en France comme à l’étranger. Progressivement, certains titres se détachent, comme Boro in the Box en 2011, Living Still Life en 2012 ou encore Notre-Dame des Hormones en 2015. Ces œuvres posent les bases d’un univers centré sur la transformation du corps et la mutation des identités, avec des motifs et des formes qui se retrouvent d’un film à l’autre. Par ailleurs, ces courts métrages lui permettent de structurer une écriture cohérente avant son passage au long format.
Les longs-métrages : affirmation d’un style visuel
C’est en 2017 que Bertrand Mandico réalise son premier long-métrage, Les Garçons sauvages. Dès sa sortie, le film attire l’attention par son esthétique et son approche narrative. Il est présenté dans plusieurs festivals internationaux et reçoit un accueil critique notable. Notamment, il est désigné meilleur film de l’année 2018 par les Cahiers du cinéma, ce qui marque une étape importante dans son parcours. Dès lors, Mandico s’inscrit dans le paysage du cinéma d’auteur, tout en conservant une position à part.
Ensuite, en 2021, il présente After Blue (Paradis sale), qui confirme et amplifie les choix esthétiques de son premier long-métrage. Le film se distingue par un univers entièrement construit, avec une direction artistique très marquée et un travail approfondi sur les décors. De même, la question de l’identité et de la transformation reste centrale. Puis, en 2023, il réalise Conann, une relecture du personnage de Conan créé par Robert E. Howard, présentée à Cannes dans la section de la Quinzaine des Cinéastes. Cette sélection marque son retour sur la Croisette, même en dehors de la compétition officielle.
Dans la continuité, il réalise Dragon Dilatation en 2024, poursuivant ses recherches autour du corps et de la mutation. Ainsi, entre 2017 et 2024, sa filmographie se structure autour de plusieurs œuvres cohérentes, qui permettent de situer son travail dans une trajectoire stable. Par conséquent, Mandico s’impose progressivement comme un réalisateur identifiable, à la fois par ses thématiques et par son traitement visuel.
Une méthode de travail spécifique
Par ailleurs, ce qui distingue Bertrand Mandico réside dans sa manière de concevoir le cinéma. Tout d’abord, il choisit de tourner en pellicule, ce qui implique un rapport particulier à la lumière et à la durée. Ensuite, il privilégie les effets spéciaux réalisés en prise de vue, plutôt que les effets numériques. De ce fait, l’image conserve une texture visible, parfois volontairement imparfaite.
De plus, le travail du son occupe une place spécifique. En effet, il est souvent conçu séparément de l’image, en postproduction, ce qui crée une dissociation perceptible. Ainsi, ses films produisent donc une sensation de décalage, renforçant leur dimension expérimentale. Enfin, le décor joue un rôle essentiel, puisqu’il participe directement à la narration. Les couleurs, les matières et les textures deviennent alors des éléments structurants du récit.
Cannes 2026 : une présence confirmée
En 2026, Bertrand Mandico présente Roma elastica au Festival de Cannes, dans la section officielle des séances de minuit. Cette 79e édition, qui se déroule du 12 au 23 mai 2026, rassemble comme chaque année différentes sections, allant de la compétition officielle aux projections spéciales. Cependant, les séances de minuit occupent une place particulière, puisqu’elles accueillent des films à forte identité visuelle ou narrative. Ainsi, la présence de Roma elastica dans cette section s’inscrit logiquement dans la continuité de son travail.
Par ailleurs, la sélection 2026 inclut également des réalisateurs aux approches distinctes, ce qui renforce la diversité du programme. Dans ce contexte, Mandico apparaît comme une figure cohérente, dont le travail s’inscrit dans un cinéma d’auteur exigeant. Ainsi, sa présence à Cannes ne constitue pas une rupture, mais plutôt une continuité dans son parcours.
Une trajectoire cohérente dans le cinéma contemporain
Depuis son premier long-métrage, Bertrand Mandico développe ainsi une filmographie régulière, marquée par une forte cohérence d’ensemble. En effet, chaque projet prolonge les précédents, sans chercher à s’adapter aux tendances dominantes du moment. Par conséquent, il construit une œuvre identifiable, centrée sur la transformation, l’image et la matière. Son parcours apparaît comme celui d’un réalisateur qui construit son œuvre dans la durée, en conservant une ligne artistique claire et identifiable, sans rupture notable.