Art

6 fév 2026

Barkley L. Hendricks, influence majeure de Kehinde Wiley et Mickalene Thomas, à la galerie Marian Goodman Paris

La galerie Marian Goodman à Paris offre sa première exposition en Europe à Barkley L. Hendricks, influence majeure des stars de l’art Kehinde Wiley, Mickalene Thomas et Rashid Johnson. Jusqu’au 4 avril 2026.

  • par La rédaction.

  • Barkley L. Hendricks, une influence majeure

    Artiste reconnu aux États-Unis, influence majeure des stars de l’art Kehinde Wiley, Mickalene Thomas et Rashid Johnson (dont il a tiré le portrait), Barkley L. Hendricks (1945-2017) n’avait jamais eu les honneurs d’une exposition en Europe.

    Injustice réparée grâce à la galerie Marian Goodman à Paris qui ouvre ce 6 février 2026 un show hommage à une œuvre iconoclaste entremêlant peinture – un exemple de ses portraits de personnes afro-américaines (il fut l’un des pionniers) qui ont fait sa renommée –, travaux photographiques particulièrement passionnants (ses autoportraits influencés par les grands peintres classiques) et œuvres picturales plus graphiques évoquant le pop art comme ce tableau aux couleurs du drapeau panafricain… All is Portraiture forme ainsi une belle découverte pour l’œil européen.  

    Un artiste pionnier

    Né à Philadelphie en 1945, Hendricks traverse les décennies avec une constance rare : celle d’un regard attentif, précis, posé sur les corps, les attitudes, les vêtements, les postures sociales. À la fin des années 1960 et au début des années 1970, il peint ses proches, des passants, des inconnus croisés dans la rue. Majoritairement afro-américains, il fut l’un des premiers.

    Non par militantisme affiché, mais par simple fidélité à son environnement. “Je peins les personnes qui m’entourent”, répétait-il, refusant obstinément toute récupération politique. Et pourtant : représenter des corps noirs avec une telle majesté, dans un monde muséal qui les invisibilisait encore, relevait déjà d’un geste radical, politique malgré lui.

    Sa première exposition européenne chez Marian Goodman

    La peinture présentée à la galerie Marian Goodman par exemple frappe par sa frontalité et sa théâtralité. Dans John Wayne (2015), un jeune homme noir, sourire éclatant, maillot de basket et sandales ouvertes. Fond monochrome, sujet isolé, composition rigoureuse : Hendricks emprunte aux maîtres européens – Van Dyck, Caravage, Rembrandt – découverts lors de son premier voyage en Europe. Mais il remplace l’aristocratie par la rue, la cape par le débardeur, l’apparat par le style.

    Le basket, justement, traverse le premier espace de l’exposition comme une ligne de force discrète, mêlant peintures et photographies. Sport de l’enfance, espace assigné autant que revendiqué dans la culture afro-américaine, il devient chez Hendricks un terrain formel. Dans les années 1970, il en extrait une série de toiles quasi abstraites : cercles, carrés, couleurs vives, mouvements suspendus. Ni vraiment minimalistes, ni tout à fait figuratives.

    À la Galerie Marian Goodman, l’ensemble compose un portrait éclaté, fidèle à son titre. Chez Hendricks, en effet, tout est portrait

    L’appareil photo, un “carnet de croquis mécanique”

    Photographe avant d’être peintre, élève de Walker Evans, Hendricks considère l’appareil comme un “carnet de croquis mécanique”. La photographie nourrit tout : les portraits, les paysages, les autoportraits où il se met en scène face à ses propres toiles, affirmant moins son intimité que sa place d’artiste font là aussi référence aux grands maitres de la peinture classique. Un ensemble particulièrement réussi.

    “Barkley L. Hendricks. All is Portraiture”, exposition jusqu’au 4 avril 2026 à la galerie Marian Goodman, Paris 3e.