Marque de mode

Torishéju

Finaliste du LVMH Prize 2025, Torishéju Dumi s’impose comme l’une des créatrices les plus singulières de sa génération. Entre narration, héritage culturel et silhouettes sculpturales, la designer britannique développe une mode profondément expressive, portée par une vision artistique forte et une esthétique immédiatement reconnaissable.

Les débuts de Torishéju

Finaliste du LVMH Prize 2025Torishéju Dumi s’impose aujourd’hui comme l’une des voix les plus singulières de la scène internationale. À la croisée du vêtement, du récit et de la performance visuelle, la créatrice britannique développe une œuvre profondément personnelle, nourrie par l’histoire, la spiritualité et une imagination foisonnante. Son approche séduit rapidement les institutions : quelques mois après l’entrée de plusieurs de ses pièces dans les collections du Metropolitan Museum of Art, elle se voit décerner, en septembre, le prix Savoir-Faire du LVMH Prize, consacrant ainsi la précision de son travail et la force de son univers créatif.

Une formation entre rigueur et liberté créative

Née à Harlesden, dans le nord-ouest de Londres, Torishéju Dumi grandit au sein d’une famille d’origine nigériane et brésilienne, où la culture et l’expression artistique occupent une place essentielle. Dès l’enfance, elle se passionne pour le costume, le théâtre et les arts visuels. Très tôt, cette attirance pour la scène et la mise en image nourrit sa réflexion sur le vêtement, qu’elle perçoit peu à peu comme un outil narratif à part entière, capable de raconter des histoires et de donner corps aux émotions.

Torishéju Dumi obtient tout d’abord un Bachelor en mode masculine au London College of Fashion, où elle se forme aux bases du design, de la coupe et de la construction du vêtement. Elle poursuit ensuite son parcours académique à Central Saint Martins, au sein du département mode, dont elle est diplômée d’un Master en 2021. Elle enrichit son parcours au contact de plusieurs maisons majeures, notamment Céline sous la direction de Phoebe Philo, mais aussi Ann DemeulemeesterGiles Deacon et Sibling London. Ces expériences déterminantes lui permettent d’approfondir sa compréhension du vêtement, d’affiner son regard sur la coupe et la construction, tout en développant progressivement une vision personnelle et affirmée de la création.

La naissance de Torishéju : une mode pensée comme un récit

En 2023, elle fonde sa marque éponyme, Torishéju, avec une intention claire : créer plus que des vêtements. Dès ses premières collections, elle développe une approche narrative, presque cinématographique, où chaque pièce participe à un univers global. Contrairement à une mode purement conceptuelle, son travail repose sur l’émotion, la mémoire et l’identité. Les silhouettes se distinguent par des manteaux sculpturaux, des robes architecturées, des volumes exagérés et des tailles marquées. Ainsi, le vêtement devient un moyen d’expression, une manière de raconter une histoire intime tout en s’adressant au collectif.

Progressivement, son univers attire l’attention. Très vite, ses créations sont portées par ZendayaKendall JennerPaloma Elsesser ou encore Naomi Campbell, qui ouvre l’un de ses défilés parisiens. Cette reconnaissance médiatique confirme la puissance visuelle de son travail, mais aussi sa capacité à dialoguer avec une génération en quête de sens.

Une créatrice remarquée par les institutions

L’ascension de Torishéju Dumi ne tarde pas à dépasser le cadre de la mode. En 2024, certaines de ses pièces intègrent les collections du Metropolitan Museum of Art de New York, à l’occasion de l’exposition Sleeping Beauties: Reawakening Fashion. Une reconnaissance institutionnelle rare pour une créatrice aussi jeune, qui témoigne de la portée culturelle de son travail.

L’année suivante, elle est sélectionnée parmi les finalistes du LVMH Prize 2025, l’un des prix les plus prestigieux de l’industrie. Cette distinction vient saluer une vision singulière, à la fois exigeante, narrative et profondément contemporaine.

Une esthétique nourrie par l’art, le cinéma et la spiritualité

Le travail de Torishéju puise ses références dans des domaines multiples. La peinture, la littérature, le cinéma et la religion constituent un socle constant de son inspiration. Elle évoque volontiers son admiration pour Albrecht Dürer, dont les gravures ont influencé sa collection Printemps-Été 2026, mais aussi pour le cinéma, notamment les films à forte charge émotionnelle et symbolique. Sa culture familiale, entre héritage nigérian et brésilien, nourrit également sa réflexion sur le sacré, le corps et le vêtement comme rituel. Ainsi, ses créations oscillent entre puissance et vulnérabilité, entre protection et exposition.

Le défilé Printemps-Été 2026 : une vision habitée

Présentée à Paris, la collection Printemps-Été 2026 marque une nouvelle étape dans son parcours. Inspirée par l’univers de Dürer, elle explore la tension entre ordre et chaos, structure et effritement. Les silhouettes jouent sur les contrastes : matières volontairement altérées, broderies irrégulières, volumes déséquilibrés.

Une vision durable et engagée de la création

Au-delà de l’esthétique, la créatrice revendique une approche responsable. Elle conçoit ses collections avec une attention particulière portée à la durabilité, au rythme de production et au sens même de la création. Pour elle, la mode doit retrouver une forme de sincérité, loin de la surproduction et des tendances éphémères. Ainsi, chaque pièce est pensée comme un objet porteur de sens, destiné à durer. Cette philosophie séduit autant les institutions que les collectionneurs, contribuant à inscrire son travail dans une temporalité longue.

Une voix majeure de la nouvelle génération

Aujourd’hui, Torishéju Dumi s’impose comme l’une des créatrices les plus prometteuses de sa génération. Son travail, à la fois intellectuel et émotionnel, redéfinit les contours de la mode contemporaine. En mêlant narration, héritage culturel et innovation formelle, elle propose une vision singulière, profondément ancrée dans son époque.

Finaliste du LVMH Prize 2025, exposée au Met, portée par les plus grandes figures de la scène internationale, elle incarne une nouvelle génération de créateurs pour qui la mode est avant tout un langage, un espace d’expression et de liberté.