4 mars 2026

La Maison des femmes, Les Échos du passé… 9 films féministes à (re)voir en 2026

La Maison des femmes, Les Échos du passé, Thelma et Louise, Virgin Suicides… Voici notre sélection des films féministes, récents ou déjà cultes, à (re)voir en streaming ou au cinéma en 2026.

  • par Ambra Flora

    et Violaine Schütz.

  • Publié le 11 mars 2024. Modifié le 6 mars 2026.

    La Maison des Femmes avec Juliette Armanet

    C’etst l’un longs-métrages les plus attendus de 2026. La Maison des Femmes sortira au cinéma le 4 mars 2026, soit quatre jours avant la journée internationale des droits des femmes. Un timing symbolique pour ce film de Mélisa Godet qui mettra en lumière l’association du même nom. Une association engagée dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles à travers toute la France.

    Fondée il y a dix ans par Ghada Hatem-Gantzer, médecin gynécologue-accoucheuse, elle est née d’un constat : un manque criant de prise en charge pour les patientes victimes de violences. Rattachée au Centre hospitalier de Saint-Denis, La Maison des femmes propose depuis un accompagnement médico-social pour les femmes en difficulté ou victimes de violences.

    Le long-métrage mettra en scène le quotidien de Diane, Manon, Inès, Awa et leurs collègues qui, chaque jour, accueillent, écoutent et accompagnent ces femmes dans leur reconstruction. Le casting est porté par des femmes tout aussi fantastiques, Karin Viard (Chanson Douce), la chanteuse Juliette Armanet (Partir un Jour), Oulaya Amamra (Divine), Eye Aidara (Les Femmes du square) ou encore Laetitia Dosch (Nos batailles).

    La Maison des femmes de Mélisa Godet, au cinéma le 4 mars 2026.

    La bande-annonce du film Les Échos du passé (2026).

    Les Échos du passé, le récit poignant de quatre générations de femmes… 

    Avec Les Échos du passé (2026), la réalisatrice allemande Mascha Schilinski (Die Totcher) signe un film féministe mettant en scène plusieurs générations de femmes situées dans une même ferme du nord de l’Allemagne. En fragmentant le récit à quatre époques différentes, elle met en lumière la répétition des violences, des silences et des désirs contraints et imposés aux corps féminins, de l’enfance à l’adolescence.

    Le film illustre comment la domination patriarcale s’inscrit dans les gestes du quotidien, les regards et les espaces, laissant peu d’issues possibles… Porté par une mise en scène sensorielle et une photographie remarquable, Les Échos du passé, primé au Festival de Cannes 2025, est une œuvre qui rappelle combien le cinéma peut encore être un outil politique de transmission et de réappropriation des récits féminins.

    Les Échos du passé (2026) de Mascha Schilinski, actuellement au cinéma. 

    La bande-annonce d’Il reste encore demain (2024).

    Le film italien poignant Il reste encore demain, sur les violences conjugales

    Le film transalpin féministe Il reste encore demain a été un phénomène en Italie. Il a même été en tête du box-office italien en octobre 2023, faisant plus d’entrée de bruit et d’entrées (5 millions au total) que les blockbusters Barbie et Oppenheimer dans son pays. Réalisé par l’actrice, présentatrice télé et humoriste Paola Cortellesi, le long-métrage en noir et blanc suit le parcours d’une femme, Delia, à Rome, dans les années 40. Mariée et mère de trois enfants, elle doit faire face à la violence quotidienne de son mari, tournée en ridicule par la réalisatrice. Ce récit d’émancipation qui prend pour cadre l’Italie d’après-guerre résonne de manière résolument moderne en dénonçant les violences conjugales qui continuent aujourd’hui de faire de nombreuses victimes et d’être à l’origine de féminicides. 

    Il reste encore demain (2024) de Paola Cortellesi, disponible en VOD sur Amazon Prime Video.

    La bande-annonce d’Annie Colère (2022).

    Annie Colère, un long-métrage sur le combat pour le droit à l’avortement

    Blandine Lenoir livre un film féministe historique avec Annie Colère (2022), situé dans la France de 1974. Porté par une Laure Calamy remarquable dans le rôle principal d’Annie, une ouvrière et mère de deux enfants confrontée à une grossesse non désirée. À travers son parcours semé d’obstacles pour accéder à l’avortement, alors encore illégal, le film met en lumière la violence institutionnelle et sociale qui pèse sur les femmes et leurs corps. 

    En rejoignant le MLAC (Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception), Annie découvre une lutte collective fondée sur la solidarité qui donnera un nouveau sens à sa vie. Inspiré de faits réels, Annie Colère dresse le portrait sensible et politique d’un moment charnière de l’histoire féministe, rappelant combien le slogan Mon corps, mon choix demeure essentiel et toujours menacé, à l’heure où les droits reproductifs reculent dans de nombreux pays, des États-Unis à l’Europe…

    Annie Colère (2022), de Blandine Lenoir, disponible en VOD sur Canal VOD.

    La bande-annonce du film Portrait de la jeune fille en feu (2019).

    Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma

    Comme son titre l’indique, Portrait de la jeune fille en feu est un film incandescent, qui continue d’embraser ses spectateurs (et surtout ses spectatrices) longtemps après sa sortie au cinéma en 2019. Céline Sciamma (TomboyBande de filles) signe ici une œuvre d’une précision et d’une sensibilité rares. Cette œuvre raconte avec justesse une idylle lesbienne, tout en interrogeant les contraintes imposées aux femmes il y a plusieurs siècles.

    Le film porté par les excellentes Adèle Haenel (Les Combattants) et Noémie Merlant (Le Ciel Attendra), se déroule en 1770. Marianne, jeune artiste peintre, reçoit la mission de réaliser le portrait d’Héloïse avant son mariage arrangé avec un noble milanais. Insoumise et farouche, Héloïse refuse de poser (aucun peintre n’a encore réussi à la peindre). Commandé par la mère d’Héloïse, le portrait doit être exécuté en secret. Marianne se fait donc passer pour une dame de compagnie afin d’observer son modèle à son insu, dans cette grande demeure isolée au bord de la mer.Les deux jeunes femmes se rapprochent jusqu’à entretenir une liaison enflammée.

    Portrait de la jeune fille en feu (2019) de Céline Sciammadisponible sur Prime Video.

    La bande-annonce de Virgin Suicides (2000).

    Virgin Suicides de Sofia Coppola, un chef-d’oeuvre issu du female gaze

    Véritable chef-d’œuvre, le Virgin Suicides (2000) de la réalisatrice Sofia Coppola mettant en scène Kirsten Dunst, retrace le destin tragique de cinq sœurs dépressives. La cinéaste revient sur le manque de liberté des cinq sœurs Lisbon, l’oppression familiale et le puritanisme des États-Unis des années 1970 avec une finesse inouïe. Ce beau film sur l’adolescence qui nous plonge dans l’esprit d’adolescentes mélancoliques est un exemple en matière de longs-métrages qui pourfendent le male gaze.

    Virgin Suicides (2000) de Sofia Coppola, disponible sur HBO Max.

    Sister, Sister, un film écrit par Maya Angelou

    Réalisé par John Berry et écrit par la poétesse américaine Maya AngelouSister, Sister (1982) raconte l’histoire de trois sœurs afro-américaines en Caroline du Nord, à la fin des années 70. L’aînée, Carolyne, interprétée par Diahann Carroll (Claudine), est institutrice le jour et chanteuse dans la chorale de son église le dimanche. Elle porte sur ses épaules le poids de la respectabilité et du devoir. Face à elle, Freida, jouée par Rosalind Cash (Tales From The Hood), est la cadette rebelle, fougueuse, imprévisible. Elles s’opposent en tout et se heurtent constamment.

    Enfin, la benjamine, Sissy, interprétée par Irene Cara (Fame), âgée d’une vingtaine d’années, rêve de devenir patineuse artistique et aspire à une liberté que ses sœurs n’ont jamais vraiment connue. Au départ seul Carolyne et Sissy cohabitent dans la grande maison familiale, héritée après la mort de leur père. Leur équilibre fragile vacille lorsque Freida réapparaît après vingt ans d’absence, accompagnée de son fils. Son retour rouvre les blessures, ravive les tensions et fait remonter des secrets longtemps enfouis.

    Dans une Amérique raciste et patriarcale, ces femmes doivent apprendre à naviguer seules, à se reconstruire malgré l’héritage familial. S’entremêlent alors les non-dits, les traumatismes, les violences paternelles, les silences maternels ainsi que les rêves étouffés… Le film dresse le portrait de trois trajectoires féminines prises entre le devoir attendu de leur genre et leur désir d’émancipation. 

    Sister, Sister (1982) de John Berry, disponible sur YouTube.

    La bande-annonce de Thelma et Louise (1991).

    Thelma et Louise, un film féministe culte

    Difficile de faire plus culte que Thelma et Louise de Ridley Scott. Réalisé en 1991, le film suit le récit de deux amies incarnées par Susan Sarandon (The Rocky Horror Picture Show) et Geena Davis (Beetlejuice, La Mouche). L’une est une insouciante jeune femme au foyer prisonnière de son mari tyrannique tandis que l’autre est plus téméraire et lassée par son quotidien. Elle cherche désespérément à s’évader. Les deux meilleures amies décident alors de prendre des vacances. Ce duo iconique s’engage dans un road trip sur les routes de l’Arkansas, une escapade qui, se transforme malgré elles rapidement en cavale.

    Aussi intense que passionnant, le film montre deux femmes qui réalisent très vite qu’elles ne peuvent compter que sur elles-mêmes. Thelma et Louise forment l’un des duos féministes les plus emblématiques de la pop culture, capturant avec finesse la sensibilité des amitiés féminines et la force de la solidarité. Face à une société patriarcale qui les condamne, elles osent prendre leur destin en main.

    Thelma & Louise (1991), de Ridley Scott, disponible sur HBO Max, Canal+ et Amazon Prime Video.

    L’une chante, l’autre pas, le film d’Agnès Varda sur le droit à l’avortement

    À l’aune de l’amendement de la loi sur le droit à l’avortement en 1975, Agnès Varda réalise, deux ans plus tard, en 1977, le drame musical L’une chante, l’autre pas. Dès le titre, le film annonce la couleur en mettant en scène deux trajectoires féminines dans la France des années 60. Pauline, alias Pomme, est une jeune étudiante de 17 ans qui cherche à s’émanciper de sa famille et pouvoir chanter. Suzanne se retrouve quant à elle brutalement mère célibataire, seule pour élever ses deux enfants. Une longue amitié se tisse à distance, à travers des lettres dans lesquelles chacune partage ses joies, ses combats et ses drames.

    Dix ans plus tard, Suzanne travaille au planning familial tandis que Pauline s’engage activement dans des mouvements féministes et participe à des manifestations. Le film revient ainsi avec justesse sur les grands combats portés par les femmes, notamment pour le droit à l’avortement et à la contraception, luttes fondamentales qui ont façonné les droits dont nous bénéficions aujourd’hui.

    L’une chante, l’autre pas (1977) d’Agnès Varda, disponible en VOD sur Amazon Prime Video.