Au musée du quai Branly – Jacques Chirac, Bettina Rheims a déposé ses Polaroids. Ce sont des portraits de ses héroïnes contemporaines, laissés entre les sculptures d’Afrique et d’Océanie issues des collections du musée. Comme si les œuvres pouvaient converser discrètement entre elles. Car la portraitiste française et l’historien Philippe Dagen ont obtenu une carte blanche jusqu’au 3 juin prochain. Sous l’objectif de Bettina Rheims, faisant fi des conventions, les héroïnes s’affirment telles qu’elles sont, sans chercher à séduire. La photographe bouleverse les stéréotypes et relaie les dogmes au rang d’anecdote.

 

Si l’industrie de la mode n’est pas le lieu du changement, l’art peut changer la perception des choses, transformer les regards. Dans sa série Gender Studies, elle interrogeait la définition du masculin et du féminin. “Quand les gens parlent d’une œuvre, ils ouvrent la porte à un questionnement. Alors on peut se dire, en tant qu’artiste, qu’on n’a pas perdu son temps”, explique Bettina Rheims. Tour à tour, l’artiste traite des motifs propres à une époque, tels que l’androgynie des années 90 (via la série Modern Lovers ou des photos étonnantes de Kate Moss) et des thématiques majeures telles que la religion ou l’imagerie transgenre. Bettina Rheims capture des figures intenses sans aucun droit à l’erreur : “c’est cela la photographie. Il n’y pas de repentir.

 

“Vous êtes finies, douces figures”, Bettina Rheims et la collection du musée du quai Branly – Jacques Chirac, jusqu’au 3 juin, Paris VIIe