Entre dessins mangas ou minimalistes, les clips de Rone explorent l'univers SF dans lequel des créatures étranges se perdent entre les planètes. Dans Wave, le DJ français délaisse l'imagerie animée, ou presque. Un jeune couple en sous-vêtements s'apprivoise dans un décor rose aux allures de hammam. Des avatars effrayants en forme de capsule de coca, ou de Mario croisé avec un Pikachu regardent la scène, tandis que le jeune homme bugge en pleine action. Ce n'est qu'aux toutes dernières images du clip que l'on comprend que cette “expérience” n'est pas réelle : la jeune femme au carré blond n'est que l'avatar choisi par une autre, bien plus âgée celle-là, dans ce jeu vidéo érotique. Connectée par des capteurs reliés à sa tablette, elle fait renaître des sensations oubliées. Invitée, à la fin, à attribuer une note à la performance de Ricky, son partenaire, elle ne lui laisse qu'un modique pourboire d'un dollar. Et se voit alors proposer de choisir un compte premium pour sa prochaine connexion… qui protègera ses ébats de l’œil indiscret des autres internautes voyeurs, les mystérieux hybrides de Pikachu qui se sont invités dans la pièce. À la manière de la série Black Mirror, le clip interroge le lien de dépendance des hommes face aux nouvelles technologies dans un futur proche où le contact humain semble en perdition... 

 

Après des études de cinéma à l'Université Sorbonne Nouvelle, Erwan Castex alias Rone se consacre à la musique et sort son premier EP Bora en 2008, sur lequel figure Bora Vocal, pépite électro avec le plaidoyer atomique de l'écrivain (qui est aussi son ami) Alain Damasio. Il sort ensuite son premier album Spanish Breakfast (2009) puis part à la conquête de Berlin pour composer l'album phare Tohu Bohu sur lequel figure les titres Bye Bye Macadam, Parade ou Tempelhof... Après trois années dans la capitale de la techno, Rone revient à Paris et compose un album poétique et mélancolique, en témoignent les titres Mortelle avec Étienne Daho ou Quitter la ville avec François Marry, le chanteur de Frànçois & the Atlas Mountains. Rone livre ensuite un concert à la Philharmonie de Paris où ses morceaux électro sont accompagnés par des musiciens d'exception comme le batteur John Stanier. Pour son dernier album, le DJ a décidé de quitter son atelier et de s'enfermer dans des chambres d'hôtels un peu minables en Bretagne. En résulte Mirapolis, un album intimiste, dont la pochette a été réalisée par Michel Gondry. Rone y multiplie une fois de plus les collaborations : John Stanier qui joue sur Brest et Lou, le Britannique Baxter Dury qui chante avec nonchalance sur le titre Switches, le guitariste Bryce Dessner de The National (Lou, Everything), la chanteuse japonaise Kazu Makino (Down for the cause), ou le rappeur Saul Williams qu'il a rencontré à Berlin... Dans “Wave”, c'est la chanteuse israëlienne Noga Erez qui prête sa voix aux accents R'n'B ondulant sur des beats électro comme des vagues.