Après Passade Digitale et Les Palmiers en Hiver (qu’elle a notamment chanté en duo avec Julien Doré), Marie-Flore propose un braquage de sentiments sous la caméra de Benjamin Berzeker. Affalée sur la banquette arrière d’une voiture, sous une sombre lueur rouge, elle livre une allégorie de l’amour subtile, provocante et résolument sexy. Charmeuse, séductrice, délicate… Les qualificatifs sont nombreux et chacun s’accorde pour affirmer que Marie-Flore a ce petit truc en plus. Quelque chose d’inqualifiable qui subjugue instantanément. Peut-être que la réponse se trouve dans son phrasé singulier, une sorte d’accent qui injecte de la nonchalance dans son propos. Ou dans son allure de fille sage et raisonnable qu’elle efface immédiatement en empruntant l’attitude rebelle d’une héroïne badass. Et alors qu’une tempête de nostalgie s’abat sur l’industrie musicale française, c’est dans l’œil du cyclone que Marie-Flore agite son étendard.

 

À mi-chemin entre une Keren Ann et une Françoise Hardy, Marie-Flore est une enfant de l’ère MySpace. Pourtant, elle aurait pu être une muse de Gainsbourg, fin 80, et interpréter mille et un titres du compositeur. Abreuvée par l’écriture de Stefan Sweig et de Léonard Cohen, la chanteuse de 31 ans exprime ses fantasmes, ses humeurs et ses amours déchus dans un murmure français. Car elle a intégré le gang des chanteurs qui se souviennent qu’un texte s’interprète. C’est à croire que sa force provient de la fragilité qu’elle feint.