20 Mars

Depeche Mode : dix choses que vous ignorez (sans doute) sur le groupe culte

 

À l’heure de la sortie de “Spirit”, le 14e album studio du groupe, Numéro vous livre quelques anecdotes méconnues sur ces pionniers d’une électro-pop aussi dark que vivifiante.

Par Violaine Schütz

Le trio de Depeche Mode. @Anton Corbijn

1. Un nom de groupe… français

Contrairement à ceux qui passent des heures à “brainstormer” pour trouver le meilleur nom du monde, Dave Gahan, le chanteur du groupe, l’a décidé à toute vitesse. Quelques minutes avant un de leur concerts, l’organisateur lui demanda leur nom au téléphone. Sur une table, face à lui, était posé le magazine français (disparu depuis) Dépèche Mode. Ironie du sort ? Le groupe, lui, est devenu tout sauf une mode éphémère.

 

2. Des débuts difficiles

Difficile à croire, vu le succès qu’il a rencontré par la suite, mais pendant la genèse du groupe, de 1977 à 1980, ses premières compositions furent toutes refusées par les maisons de disques à cause de l’utilisation exclusive de synthétiseurs et de son influence majeure : Kraftwerk. En effet, nous étions alors encore en pleine période punk au Royaume-Uni, et les guitares électriques faisaient la loi.

“Just Can’t Get Enough” - Depeche Mode

3. Petit mensonge

En 1982, pour être recruté aux claviers par le groupe, le pianiste Alan Wilder (22 ans alors) a dû tricher sur son âge car l’annonce publiée dans le journal anglais Melody Maker exigeait “un homme de moins de 21 ans”. Depuis, tous ont largement dépassé l’âge de la maturité.

 

4. Un groupe engagé

Alors que beaucoup pensent que la musique de Depeche Mode des débuts était des bluettes synthétiques hédonistes (l’addictif Just Can’t Get Enough) seulement destinées aux dance-floors, le propos était en fait beaucoup plus profond. Ainsi, le tube Everything Counts (1983) évoque avec ironie les abus du capitalisme et des majors du disque avides d’argent et corrompues. Autres thèmes de prédilection du groupe : l’amour, la religion, le désir, le sexe, les relations humaines, le péché, l’immoralité et l’ennui… Bref, la vie.

Le trio de Depeche Mode. @Anton Corbijn

5. La réinvention par Anton Corbijn

Au départ qualifié de “garçons coiffeurs” en raison des tenues colorées et des mèches excentriques arborées par ses membres, le groupe réinvente son image en 1986. Il demande alors au photographe hollandais Anton Corbijn de lui donner plus de densité. Résultat ? Les clips et les photographies en noir et blanc de Corbijn, qui puisent chez Wim Wenders et chez Werner Herzog, ajoutent une aura sombre et magnétique au groupe. DM acquiert ainsi une profondeur métaphysique proche du gothique. 

 

6. Le penchants SM

Comme le Velvet Underground avant lui, Depeche Mode a joué avec l’imagerie sadomasochiste. Les titres Master and Servant (1984) et Behind the Wheel (1987) montrent un certain goût pour l’esthétique 50 Shades of Grey bien avant l’heure. Sans compter les minijupes en cuir, dessinées par Jean Paul Gaultier, du compositeur Martin Gore, et les pantalons en cuir de Dave Gahan, qui ajoutent encore une dose de sex-appeal à l’affaire.

“Personal Jesus” - Depeche Mode

7. Le rôle d’Elvis Presley

L’un des plus grands tubes de Depeche Mode, Personal Jesus (1989) dénote la volonté du groupe de mixer l’âme sauvage du rock et l’efficacité martiale de l’électronique. L’inspiration du titre vient de Martin Gore, qui avait lu dans une biographie d’Elvis que sa femme Priscilla Presley l’appelait “mon Jésus personnel”. 

 

8. L’émeute de mars 1990

DM a très vite rencontré un succès massif, joué dans des stades aux États-Unis et fait entrer presque tous ses morceaux dans les top 10 des charts. En mars 1990, lors d’une journée promo à Beverly Hills, 20 000 fans veulent rencontrer leurs idoles, désir qui dégénère en quasi-émeute. Les vitres du disquaire où le groupe attend sont cassées, des hélicos ainsi que la police sont sollicités et le groupe est évacué. Quelques blessés sont décomptés. Beverly Kills.

Le trio de Depeche Mode. @Anton Corbijn

9. Héros sous héro

Dans les années 90, Dave Gahan devient accro aux drogues et souffre d’être considéré, au sein de son groupe, comme moins important que celui qui compose, Martin Gore. En 1995, Gahan se tranche les veines dans une chambre d’hôtel de Los Angeles. Il en réchappe de justesse mais l’année suivante, après une overdose, il est déclaré mort pendant une minute. Le chanteur approche aujourd’hui de l’âge de la retraite, mais affiche encore de très beaux restes.

 

10. Une révolution ?

Depeche Mode revient avec Spirit, un 14e album studio enregistré entre la Californie et New York, où vivent Martin Gore et Dave Gahan. À la fois apaisé mais très politisé, spirituel et ancré dans la réalité, sombre et lumineux, l’album dose parfaitement l’équilibre entre nappes synthétiques et énergie rock. “Where’s the revolution?” y chante Dave Gahan. Peut-être juste en restant fidèle à soi-même depuis plus de 25 ans.

 

Spirit (Sony Music), disponible.

En concert au stade de France le 1er juillet.

 

 

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