Numéro : Votre collection printemps-été 2017 intitulée « Stance »  mêle les archétypes contemporains : le style militaire, le sportswear, le style gothique, les vêtements de bureau, revisités avec des proportions et des détails très personnels. Est-ce une définition de l’identité de Ambush ?

Yoon : La collection est librement inspirée du mouvement Buffalo de Ray Petri, et des éléments que nous aimons dans le style des années 80. De façon générale, l’identité de Ambush est un composite des différentes facettes qui existent en chacun de nous. Ici, j’ai combiné ces facettes comme l’aurait fait Ray Petri, champion du mix and match, pour créer des looks réminiscents du mouvement Buffalo.

 

Est-ce une évidence, pour vous, de créer pour les hommes et pour les femmes ?

La marque a été lancée par mon partenaire Verbal et moi-même, avec l’idée de faire des vêtements que nous voudrions porter. Créer pour les deux genres est donc très naturel. Personnellement, j’endosse souvent des vêtements masculins, donc je conçois mes créations comme des pièces unisexe. Mais évidemment, les femmes et les hommes n’ont pas la même morphologie, donc à l’avenir, nous pensons différencier plus nettement les vestiaires masculin et féminin.

 

 “J’endosse souvent des vêtements masculins, donc je conçois mes créations comme des pièces unisexe”

 

Vous avez lancé votre prêt-à-porter après vos bijoux. Quel est le lien entre ces deux lignes ?

Nous avons commencé à proposer des vêtements pour pouvoir shooter nos bijoux sur des looks qui nous appartiendraient pleinement. Ces pièces ont été si bien reçues que nous avons ensuite développé des collections à part entière. Aujourd’hui, les vêtements et les bijoux constituent un univers complet dans lequel on peut piocher pour construire ses propres silhouettes.

 

Vos bijoux détournent avec humour des objets usuels…

J’aime les objets trouvés, j’aime leur donner un sens nouveau. C’est une démarche un peu Dada. Dans la collection « Stance », nous détournons des cadenas et des cartes-badges. On retrouve aussi l’épingle de nourrice, qui est un nos thèmes réguliers. Quant au choker façon grillage métallique, il est fait main. Cette qualité, qui est la marque de Ambush, joue un rôle important dans notre façon de ré-interpréter des objets usuels. Toutes nos pièces sont d’ailleurs fabriquées au Japon.

 

“Aujourd’hui, les vêtements et les bijoux constituent un univers complet dans lequel on peut piocher pour construire ses propres silhouettes”

 

Après avoir ouvert votre propre flagship store à Tokyo en septembre 2016, vous faites cette année partie des finalistes du Prix LVMH. Que vous a apporté cette compétition,  jusqu’ici ?

Nous sommes vraiment honorés de faire partie des finalistes. Pendant la fashion week de mars, les 21 semi-finalistes étaient regroupés au siège de LVMH, avenue Montaigne, pour parler avec les professionnels de la mode. Ce fut très enrichissant de rencontrer des personnalités majeures du secteur, et de pouvoir échanger avec elles en personne, au sujet de notre marque et de nos projets.

 

Que ferez-vous des 300 000€ si vous gagnez ? Un grand défilé ?

Si nous gagnons le Prix LVMH, j’aimerais renforcer notre équipe de production, qui est très petite aujourd’hui. Je pense que cela nous aidera à passer à la vitesse supérieure.

 

 

www.ambushdesign.com