98765

Qui est Kym Ellery, la créatrice australienne qui fait vibrer Paris ?

 

Créatrice australienne installée à Paris, Kym Ellery conjugue avant-gardisme et volumes inspirants. Rencontre.

Dans son Australie natale, Kym Ellery lançait en 2007 un label de prêt-à-porter féminin conjuguant aisance et avant-gardisme. Des robes à volants aux pantalons ou manteaux sculpturaux, la créatrice inspirée peaufine depuis ses débuts une science des volumes ciselés au scalpel. De plus en plus remarqué dans les fashion weeks parisiennes, Ellery fait assurément partie des labels à suivre attentivement. Rencontre avec la ravissante Kym, Parisienne d’adoption. 

Kym Ellery photographiée par Jake Terrey

Ellery collection printemps-été 2017

Numéro : Comment est né votre intérêt pour la mode ?

Kym Ellery : Aussi loin que je puisse me souvenir, j’ai toujours été fascinée par la mode. Quand j’avais 7 ans, je suppliais ma mère de m’apprendre à coudre. Elle est artiste, et elle m’a toujours encouragée à m’exprimer. Nous avons souvent parlé de la façon d’élaborer des idées. Même lorsque j’étais étudiante à Central Saint Martins, ma mère est toujours restée ma plus grande influence.

 

Votre style était-il déjà très défini lorsque vous étiez étudiante ?

Mon style change constamment ! Et c’est à mes yeux l’une des joies du métier de créatrice de mode. A mesure que le temps passe, mon style devient plus masculin et plus éclectique. La composante que je conserve, en revanche, c’est le volume. 

 

Comment avez-vous lancé votre label ?

J’ai lancé ma marque lorsque je travaillais en tant que styliste dans un magazine australien, Russh. J’étais heureuse de retourner en Australie après mes études, ce pays est si beau et si apaisant. Mais j’avais besoin de créer, en parallèle de mon travail. Au début, Ellery n’était qu’un hobbie. J’ai fait ma première collection avec des patronniers et des fabricants locaux, et je l’ai montrée, il y a presque dix ans de cela, dans une galerie d’art. Le milieu de la mode australien m’a soutenue dès mes débuts.

Pourquoi avoir ensuite décidé de présenter vos collections à Paris ?

C’était mon objectif, depuis le premier jour. Paris était pour moi LA ville du luxe et de la création de mode. J’ai toujours rêvé d’en faire partie. Aujourd’hui, j’ai la chance de vivre ici, dans le quartier mythique de Saint Germain des Prés. Le studio de Ellery est dans le 2e arrondissement, dont j’adore l’énergie.  

 

Les larges volumes sont un des traits caractéristiques de votre label. C’est notamment ce qui définit votre pantalon évasé, qui a connu un succès important. Avez-vous créé ce modèle pour vous ?

Lorsque je conçois des vêtements, je pense souvent, en effet, à ce que je voudrais avoir dans ma propre garde-robe. La silhouette des années 70 est la base de tout ce que je dessine. J’ai voulu retravailler et exagérer un pantalon évasé, pour en faire un vêtement très architecturé. Le modèle a connu un succès certain, c’est vrai, et de nombreuses célébrités l’ont arboré. 

 

Qu’est-ce qui inspire le caractère architectural de votre style ?

J’adore l’architecture de manière générale. J’ai même pensé un moment devenir architecte. Lorsque je prépare mes collections, je compulse de nombreuses images de superbes réalisations architecturales. Leurs formes influencent mes créations, notamment mes patrons. Et j’ai toujours une préférence pour des tissus qui ont une histoire, et sur lesquels peut se baser un concept.

Votre collection printemps-été 2017 est inspirée des subcultures. Parlez-nous de ces gangs de filles japonaises sur lesquels vous vous êtes penchée.

J’ai commencé à faire des recherches sur une culture qui s’appelle Sukeban [des gangs féminins qui arboraient, dans les années 70, des uniformes d’écolières modifiés]. Elles étaient rebelles et cherchaient à prouver que les femmes pouvaient être aussi fortes que les hommes. Plus j’avançais dans mes recherches, et plus je pensais qu’il était vraiment crucial que des individus anti-conformistes existent., pour faire avancer nos sociétés et créer des alternatives à la culture mainstream. J’ai donc voulu les célébrer dans ma collection, notamment avec des blousons courts d’inspiration biker alliés à des jupes longues.

 

www.ellery.com

 

 

Propos recueillis par Delphine Roche

Louis Vuitton dévoile le second chapitre de la collection Masters en collaboration avec Jeff Koons
3

Louis Vuitton dévoile le second chapitre de la collection Masters en collaboration avec Jeff Koons

Accessoires Après Léonard de Vinci, Van Gogh ou Fragonard, Jeff Koons convoque François Boucher, Paul Gauguin, Edouard Manet, Claude Monet, J. M. W. Turner et Nicolas Poussin sur les modèles phares de Louis Vuitton. Après Léonard de Vinci, Van Gogh ou Fragonard, Jeff Koons convoque François Boucher, Paul Gauguin, Edouard Manet, Claude Monet, J. M. W. Turner et Nicolas Poussin sur les modèles phares de Louis Vuitton.

L’incroyable relation d’Elsa Schiaparelli avec les artistes
1

L’incroyable relation d’Elsa Schiaparelli avec les artistes

Mode Man Ray, Jean Cocteau, Salvatore Dali ou Raoul Dufy, c'est entouré d'artistes reconnus et célébrés qu'Elsa Schiaparelli a construit sa maison de couture. Rizzoli revient sur ces relations exceptionnelles dans un ouvrage inédit.  Man Ray, Jean Cocteau, Salvatore Dali ou Raoul Dufy, c'est entouré d'artistes reconnus et célébrés qu'Elsa Schiaparelli a construit sa maison de couture. Rizzoli revient sur ces relations exceptionnelles dans un ouvrage inédit. 

Grace Wales Bonner, la relève de la création de mode interviewée par Hans Ulrich Obrist
222

Grace Wales Bonner, la relève de la création de mode interviewée par Hans Ulrich Obrist

Mode Elle incarne la relève de la création de mode. Couronnée du prix LVMH en 2016, Grace Wales Bonner, interviewée par le curateur Hans Ulrich Obrist, poursuit un travail ancré dans une démarche intellectuelle authentique qui croise des références européennes et africaines, et dépasse la question du genre.  Elle incarne la relève de la création de mode. Couronnée du prix LVMH en 2016, Grace Wales Bonner, interviewée par le curateur Hans Ulrich Obrist, poursuit un travail ancré dans une démarche intellectuelle authentique qui croise des références européennes et africaines, et dépasse la question du genre.