Dans Rain comme dans Drumming Live, quel est le rôle des changements de costumes ?

Nous avons travaillé sur une évolution progressive des couleurs, comme des variations d’énergie. Pour Rain, on passe du nude au rose et au fuchsia, puis au gris clair et à l’argent. Pour Drumming Live,  il s’agit du même procédé. Les jeux de lumière ajoutent à ces variations en altérant radicalement la perception des couleurs.

 

Le mot “minimaliste” est souvent appliqué aux chorégraphies d’Anne Teresa De Keersmaeker. Ce terme caractérise également l’école belge des “Six d’Anvers”, dont vous faites partie. Mais vos créations reflètent aussi un goût pour l’ornement. Vous considérez-vous comme un minimaliste ?

Mes tissus sont maximalistes, mais mes coupes restent assez simples. Pour Drumming Live et Rain, j’ai trouvé intéressant d’atténuer la richesse des tissus que j’emploie volontiers pour me concentrer sur des jeux de transparence et sur différentes nuances de blanc. Cet effort pour aller vers plus de pureté et de simplicité, pour exalter le mouvement du corps, m’était assez naturel.

 

Peut-on penser qu’il existe un esprit, un héritage ou une esthétique flamande qui vous rapprocherait d’Anne Teresa De Keersmaeker ?

Je dirais que nous partageons un esprit assez terrien et très direct. Aussi, dans un petit pays comme la Belgique, et dans une ville de taille moyenne comme Anvers, les créatifs de toutes disciplines sont plus enclins à collaborer les uns avec les autres. La danse, le théâtre, la mode, le cinéma et la musique se croisent plus facilement.

 

Votre travail avec Anne Teresa De Keersmaeker a-t-il influencé vos propres créations ?

Bien sûr ! J’ai notamment imaginé pour le printemps-été 2015 une collection masculine inspirée par la danse. Jamais je n’aurais fait cela si je n’avais pas collaboré avec Anne Teresa, avec Sidi Larbi Cherkaoui et avec Justin Peck.